Affaire Agnès Marin

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Affaire Agnès Marin
Nature du crime Homicide
Type de crime Viol et assassinat
Titre Affaire Agnès Marin
Pays de lieu du crime Drapeau de la France France
Ville Le Chambon-sur-Lignon
Nombre de victimes 1 : Agnès Marin
Jugement
Statut Affaire jugée : condamné à la réclusion criminelle à perpétuité de Matthieu Moulinas (2013), confirmation en appel (2014).
Tribunal cour d'assises des mineurs de Haute-Loire ;
cour d'assises des mineurs du Puy-de-Dôme
Date du jugement 1re instance :  ;
appel :
Recours Condamné en première instance et en appel à la même peine.

L’affaire Agnès Marin, appelée parfois affaire Matthieu Moulinas, est une affaire judiciaire du début des années 2010 concernant Agnès Marin, une interne du Collège Cévenol du Chambon-sur-Lignon, qui fut violée puis assassinée par un des élèves du même établissement, Matthieu Moulinas[1].

Matthieu Molinas fut condamné à l'emprisonnement à perpétuité, peine confirmée en appel. L’État français a été condamné en 2017 pour « négligences fautives assimilables à une faute lourde » pour l'avoir placé dans ce collège mixte sans suivi approprié en dépit de ses antécédents. Le collège Cévenol, déjà en difficulté depuis plusieurs années, a fermé en 2014 suite à cette affaire.

Description[modifier | modifier le code]

16 novembre 2011[modifier | modifier le code]

Le 16 novembre 2011, dans un bois proche du Chambon-sur-Lignon, l'un des pensionnaires du Collège Cévenol, âgé de presque 18 ans[2], viole et tue une élève du même établissement âgée de 13 ans, Agnès Marin, après vingt minutes de sévices sous la menace d'un couteau[3] puis brûle son corps. L'affaire a eu un énorme retentissement, car le jeune homme a été scolarisé bien qu'il ait commis, un an plus tôt, un viol reposant sur le même mode opératoire, prémédité et sous la menace d'une arme. Il a été condamné à la prison à perpétuité, l'avocat général estimant qu'on a déroulé devant lui, pour le second crime, « une sorte de tapis rouge »[4], au lieu d'encadrer sa réinsertion et la réparation après le premier viol.

Sous prétexte de chercher des champignons hallucinogènes, le meurtrier a attiré sa victime dans un ravin de la forêt accessible directement du parc du Lycée Cévenol[5] et l'a attachée à un arbre. La jeune fille, qui avait prévenu ses camarades de cette promenade, a tenté sans succès de se défendre[6]. Tous deux faisaient partie des 60 pensionnaires de l'internat[7]. Ayant remarqué l'absence d'Agnès à l'étude, puis au dîner, ses amis ont commencé à fouiller le domaine du lycée et la forêt voisine malgré l'interdiction du surveillant[8]. Plusieurs lycéens voient Matthieu Moulinas sortir seul du bois, le visage caché par une écharpe[5]. Plus tard dans la soirée, lorsque les recherches sont organisées par l'établissement, il fait semblant d'y participer, malgré son visage strié de griffures infligées par la victime[9]. « L'audition de ses camarades a été compliquée et il a été très difficile de démêler son emploi du temps », affirme au sujet de la victime le procureur du Puy-en-Velay, René Pagis[10]. Malgré la mobilisation de 150 gendarmes et d'un hélicoptère, le corps carbonisé de la victime n'est retrouvé que le surlendemain, dans une forêt à trois kilomètres du collège, suivant les indications de Moulinas qui est finalement passé aux aveux[11]. Outre les violences sexuelles, l'autopsie dénombrera dix-sept coups de couteau dans le thorax et à la tête d'Agnès. L'ADN de la victime sera retrouvé dans une tache de sang sur le jean porté par Matthieu ce jour-là[12].

Enquête[modifier | modifier le code]

Quatre jours après le crime, son passé judiciaire est révélé. Fils d'une cadre comptable, conseillère municipale, et du gérant d'une société de formation continue, il a grandi à Nages-et-Solorgues, village du Gard, cent kilomètres plus au sud, où il a commis seize mois plus tôt, le dimanche 1er août 2010, un autre viol avec arme, séquestration et préméditation. La victime, une ex-camarade d'école primaire, l'a dénoncé le soir même, entraînant son incarcération, puis ses aveux et sa mise en examen. Au prétexte de lui rendre 10 euros, il l'avait attirée au pied d'un arbre, aux branches duquel il avait préalablement noué des lacets, pour lui attacher les poignets, la bâillonner et la violer[9]. Après l'appel téléphonique de la mère de la jeune fille[13], il l'avait relâchée. Sa victime, qui estime alors avoir « vu la mort »[14] et l'avait supplié de l'épargner, lui avait dit : « C’est ma mère, elle va venir me chercher ». Trois mois et demi après ce premier crime, le violeur obtenait sa sortie de maison d'arrêt, validée par quatre expertises psychiatriques, en échange d'un contrôle judiciaire, son père faisant valoir qu'il était admis au Lycée Cévenol, après avoir échoué à l'inscrire dans seize autres établissements.

Après le scandale causé par ces révélations, le directeur du Lycée Cévenol, Philippe Bauwens, tente maladroitement de défendre sa réputation. Il dit avoir reçu l'adolescent violeur pour un long entretien, avant d'accepter son inscription[15]. Les parents de la victime estiment qu'il savait le meurtrier déjà mis en examen pour viol avec arme et préméditation[16]. Le directeur dément, puis finit par reconnaître que le père de l'adolescent lui avait bien « parlé d’agression sexuelle ». Il prétendra lors du procès n'avoir « pas compris que Matthieu était sous contrôle judiciaire », et ignorer « qu'il devait rendre compte de ses problèmes » à la Protection Judiciaire de la Jeunesse[17]. « Si j'avais été au courant de la nature exacte des faits reprochés à Matthieu, je ne l'aurais pas admis dans mon établissement »[16], tentera-t-il de se justifier. « Nous ne savions pas qu'il était sous contrôle judiciaire, nous n'avons pas eu le moindre contact avec les autorités jusqu'au drame (…) 4 mois de prison préventive, nous savions. Mais que c'était pour viol, non », dira Jean-Michel Hieaux, le vice-président du lycée[18].

Pour tenter de se justifier, la Protection Judiciaire de la Jeunesse s'abrite derrière une interprétation du « secret professionnel »[19]. Comme la direction du lycée, elle évoque le secret de l'instruction et rejette la faute sur la Juge des libertés chargée de l'affaire du premier viol, qui a commis la première des erreurs : ne pas s'opposer au choix, lui aussi effectué par les parents du meurtrier, de cet internat mixte[19] en grande difficulté financière, qui accueillait des élèves vulnérables car très éloignés de leurs familles et facturait 12 000 euros par an pour les internes[20]. Lorsque l'éducatrice de la Protection Judiciaire de la Jeunesse responsable de Mathieu, remet son rapport validant ce choix, il est déjà scolarisé au Lycée Cévenol depuis deux mois. Alors qu'il n'a plus le droit de séjourner dans le Gard, il y revient à chaque vacances, ses parents n'ayant déménagé que d'une dizaine de kilomètres, ce qui rend malade sa première victime lorsqu'elle le croise[21]. Le procès montrera que le suivi psychiatrique du criminel a été bâclé « avec la bénédiction du juge d'instruction », étant confié successivement à un médecin à peine francophone, puis à un infirmier et enfin à un « psychothérapeute sans diplôme » qui a suivi l'adolescent pendant sa scolarité au Collège Cévenol[22].

Procès[modifier | modifier le code]

Le 28 juin 2013, le récidiviste est condamné à la prison à perpétuité [23], peine rarissime pour un crime commis avant l'âge de 18 ans. La famille de la victime a obtenu une levée partielle du huis clos, afin d'établir les différentes responsabilités éducatives et judiciaires[24]. La presse a pu suivre les débats dans une salle annexe, équipée d'un écran géant[7]. Lors du réquisitoire, l'avocat général estimera que le choix de cet internat mixte, véritable « campus sans murs », aura été « le moins adapté au cas de Matthieu M, une insulte au bon sens »[25]. Le lycée « n'a pas creusé la question des antécédents » de l'intéressé, faisant preuve d'un « manque de curiosité étonnant », a-t-il dénoncé.

L'éducatrice de la Protection Judiciaire de la Jeunesse chargée du suivi de l'adolescent, ne s'est rendue qu'une fois au Lycée Cévenol, en mars 2011, plus de trois mois et demi après son admission[26]. Ne parvenant pas à rencontrer le directeur, qui a annulé le rendez-vous pour cause de « carnaval » organisé dans le lycée, elle ne parle qu'au conseiller d'éducation, qu'elle ne reverra jamais. Selon le lycée, elle ne l'informe pas du viol avec arme et préméditation pour lequel l'élève est mis en examen[27],[28]. « Nos échos étaient positifs. Il n'(y) avait rien à signaler dans son comportement, si ce n'est un point minime », expliquera-t-elle. Elle ne demande pas à être informée de ce « point minime » : l'introduction d'alcool fort au sein du lycée[17]. Les enquêteurs découvriront que le dossier disciplinaire du futur meurtrier ne mentionnait pas non plus la consultation de sites internet à caractère pornographique au centre de documentation du lycée, qui lui a pourtant valu une semaine d'exclusion[29]. Il n'indiquait pas non plus que des camarades l'avaient vu promener une autre élève en laisse ou passer les mains sous sa jupe au vu de tous[30]. Lors du procès, l'avocat général relèvera que Matthieu avait « des relations sexuelles quasi quotidiennes » dans l'internat[29] avec une jeune fille éloignée de sa famille, résidant à Tahiti, qui allait fréquemment le week-end dans la famille de Mathieu dans le Gard. Deux fois exclu pendant une semaine, ce dernier a même évité d'extrême justesse un refus d'inscription pour l'année suivante, lors d'un passage devant le conseil de la vie scolaire en juin 2011[31]. Malgré cela, le lycée n'a jamais eu aucun contact avec le juge d'instruction chargé du premier viol[32] et n'a effectué aucun signalement à la PJJ. Appelé au procès, le directeur central de la PJJ, Jean-Louis Daumas, un ancien membre de cabinets ministériels, a refusé devant le tribunal de reconnaître des erreurs de son administration, concédant seulement une « faiblesse », mais pas de « fautes » dans le suivi de l'adolescent[33]. Lors du procès, il signalera que le cabinet du ministre de la justice n'a pas commandé d'inspection.

Le 29 juin 2013, au lendemain de l'annonce du verdict qui condamne Matthieu Moulinas à perpétuité, les avocates de la défense, Maître Joëlle Diez et Maître Isabelle Mimran, annoncent qu'elles font appel de cette décision[34].

Le 7 février 2014, les parents d'Agnès Marin portent plainte contre l'État pour « faute lourde » afin de faire la lumière sur les responsabilités de chacun et notamment sur les lacunes du suivi judiciaire du meurtrier[35].

En juillet 2015, le Conseil supérieur de la magistrature rejette la plainte intentée contre l'État français et blanchit l'ancienne juge d'instruction de Nîmes, qui avait libéré le futur criminel en novembre 2010[36].

À partir du 29 septembre 2014 et pour une durée de 10 jours, Matthieu Moulinas est rejugé en appel à la cour d'assises des mineurs du Puy-de-Dôme à huis clos. Il est alors âgé de 20 ans[37].

Le 10 octobre 2014, la cour d'assises du Puy-de-Dôme confirme en appel la peine de réclusion criminelle à perpétuité[38]. Le 13 octobre 2014, Matthieu Moulinas se pourvoit en cassation, mais le 18 novembre 2014, une de ses avocates, Joëlle Diez, avertit le parquet et la partie civile que le meurtrier et ses parents renoncent au pourvoi en cassation. La condamnation en appel devient alors définitive[39].

Suites[modifier | modifier le code]

L'affaire porte un coup fatal à la réputation du Collège Cévenol, déjà en grande difficulté financière depuis plusieurs années. Le 11 juillet 2014, l'établissement ferme définitivement ses portes, après 76 ans d'existence.

En avril 2016, Sophie et Dominique Moulinas publient un livre Parents à perpétuité aux Éditions Flammarion, où ils reviennent sur le procès, les crimes et la vie de leur fils[40]. Cette publication a suscité des protestations des parents d'Agnès Marin contre le fait que selon eux « Les parents de Matthieu Moulinas ont passé plus de temps dans les médias en quelques semaines que nous depuis l’assassinat de notre fille. Il s’agit d’une vraie campagne de show-biz[41]. »

Le 24 avril 2017, le tribunal de grande instance de Paris a condamné l'Etat pour « négligences fautives assimilables à une faute lourde » dans la mesure où la remise en liberté du meurtrier a été trop rapide, sans attendre l'avis de l'expert, sans prendre l'avis de la protection judiciaire de la jeunesse et le placement dans un collège mixte était inapproprié. Il a octroyé aux parents, frère et grand-parent d'Agnès Marin une indemnisation financière à hauteur de 185 000 euros[42].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Geneviève Colonna d'Istria, « Crime au collège », sur www.lepoint.fr, (consulté le 10 octobre 2014)
  2. « Mort d'Agnès : le lycéen mis en examen pour assassinat et viol », sur tempsreel.nouvelobs.com,
  3. « Autour du collège Cévenol, ce sont les médias qui font l’enquête », Le Progrès,‎ (lire en ligne)
  4. Pascale Robert-Diard, « Chambon-sur-Lignon : la perpétuité pour Matthieu Moulinas », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. a et b « Disparition d'Agnès : un corps calciné retrouvé », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  6. Michael Bloch, « Le Chambon-sur-Lignon : le viol et le meurtre d'Agnès Marin auraient-ils pu être évités ? », France TV,‎ (lire en ligne)
  7. a et b « Procès du meurtrier présumé d'Agnès: levée partielle du huis clos », 20 Minutes,‎ (lire en ligne)
  8. Christophe Cornevin, « Meurtre d'Agnès : un collégien témoigne », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  9. a et b Pascale Robert-Diard, « Meurtre d'Agnès Marin : au cœur du procès, un jeune perturbé et un suivi défaillant », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  10. René Pagis évoque cette affaire dans le livre Dans la salle des Pas Perdus, éditions de Borée, 2017
  11. « Affaire Agnès Marin: l’Etat condamné pour «faute lourde» », Libération.fr,‎ (lire en ligne).
  12. « Meurtre d'Agnès Marin: Matthieu rejugé en appel », sur bfmtv.com, .
  13. Fabrice Amedeo, « Un proche de la 1re victime de l'agresseur d'Agnès parle », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  14. « Agnès. L’autre fille "allait mourir" »,
  15. Patricia Jolly, « Meurtre d'Agnès : questions sur le suivi du suspect », Le Monde,‎
  16. a et b "Agnès: le drame "pouvait être évité" par l'AFP, le 21/11/2011 [1]
  17. a et b « Meurtre d'Agnès : "Je suis épouvanté par la lâcheté humaine" déclare son père », sur RTL.fr,
  18. « Meurtre d'Agnès : "4 mois de prison, nous savions. Que c'était pour viol, non" », Sud Ouest,‎ (lire en ligne)
  19. a et b « Assassinat d'Agnès Marin: les défaillances d'un suivi judiciaire », La Montagne,‎ (lire en ligne)
  20. Thierry Boinet, « Le meurtrier d'Agnès a avoué », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne)
  21. « Comment a-t-on pu remettre ce monstre en liberté ? », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  22. Stéphane Durand-Souffland, « La famille d'Agnès Marin assigne l'État », sur lefigaro.fr/, .
  23. AFP, « Le meurtrier d'Agnès condamné à la réclusion criminelle à perpétuité », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  24. « Le Chambon-sur-Lignon : ouverture du procès du meurtrier présumé d'Agnès », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  25. Stéphane Durand-Souffland, « Meurtre d'Agnès : Matthieu condamné à la réclusion criminelle à perpétuité », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  26. « Meurtre d'Agnès : exclu deux fois une semaine, le lycéen avait frôlé le renvoi l'an dernier », Sud Ouest,‎ (lire en ligne)
  27. « Meurtre d'Agnès : après le drame, la polémique », La Dépêche,‎ (lire en ligne)
  28. « Agnès : la direction du lycée Cévenol se défend », sur europe1.fr,
  29. a et b « Meurtre d'Agnès: le collège Cévenol aux prises avec de grosses difficultés », sur auvergne.france3.fr,
  30. « les manquements qui ont conduit au drame », L'Est Républicain,‎ (lire en ligne)
  31. Marie-Estelle Pech, « Agnès : le comportement de Mathieu choquait les élèves », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  32. « Meurtre d'Agnès : exclu deux fois, le lycéen avait frôlé le renvoi l'an dernier », Sud Ouest,‎ (lire en ligne)
  33. « Meurtre d'Agnès : une "faiblesse" dans le suivi de Matthieu », Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  34. « Procès Agnès: les avocates de Matthieu font appel », La Montagne,‎ (lire en ligne)
  35. « Ses parents attaquent l’état pour faute lourde », Paris Match,‎ (lire en ligne)
  36. François Barrère, « Meurtre et viol d’Agnès Marin : le CSM blanchit la juge nîmoise », sur midilibre.fr, .
  37. « Matthieu rejugé en appel », Nouvel observateur,‎ (lire en ligne)
  38. « Le meurtrier d'Agnès Marin condamné à la réclusion à perpétuité en appel », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  39. « Le meurtrier d'Agnes décide d'arrêter le combat judiciaire », sur France 3 Auvergne,
  40. Cordélia Bonal, « Sophie et Dominique Moulinas : terreur intime » sur Libération, 3 avril 2016
  41. « La colère des parents d'Agnès, 13 ans, tuée au Chambon-sur-Lignon », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  42. LeMonde.fr avec AFP, « Affaire Agnès Marin : l’Etat condamné pour "faute lourde" » sur Le Monde, 3 mai 2017

Articles connexes[modifier | modifier le code]