Adrienne d'Heur

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Adrienne d’Heur (environ 158511 septembre 1646) est une femme dénoncée, jugée et condamnée durant la chasse aux sorcières qui sévit en France du XIIe siècle au XVIIe siècle.

Son procès[modifier | modifier le code]

Adrienne d'Heur est orfèvre à Montbéliard, veuve de Pierre Bacqueson, quand ses voisins la dénoncent comme une sorcière, en particulier à cause de sa vie sexuelle jugée trop débridée pour l’époque. Elle est incarcérée le 10 août 1646. Mais à la différence d’un grand nombre de ces femmes, souvent de condition très modeste, envoyées au bûcher pour hérésie, elle est non seulement intelligente mais relativement cultivée.

L’interrogatoire débute le 14 août. Elle tient trois jours sous la question des inquisiteurs qui tentent de lui faire avouer son pacte avec le diable. Quand on lui demande si elle croit aux sorciers, par exemple, elle sait que si elle dit non, on l’accusera de ne pas croire au diable, donc de s’opposer au dogme de l’église et si elle répond oui, on lui demandera d’où elle tient cette certitude suspecte : connaîtrait-elle donc des sorciers ? Elle répond donc qu’elle croit aux sorciers… parce que la Bible en parle. Ces réponses, et sa détermination à clamer son innocence, obligent les accusateurs à recourir à d’autres méthodes le quatrième jour.

On l’accuse alors, devant 32 témoins, de la mort subite d’un nourrisson qui aurait reçu un morceau de pain de ses mains, de la cécité d’un homme, de l’épuisement d’une vache, de l’absence d’œufs dans une basse-cour pendant plusieurs jours, de la mort d’un cheval, de la tentative d’enlèvement d’un jeune enfant, d’être entrée par le portail de certaines propriétés et d’y avoir poussé des cris lugubres.

Le 31 août de l’année 1646, les inquisiteurs lui firent subir le test de l’aiguille d’argent, par lequel il s’agit de trouver une zone diabolique dans le corps, un point parfois minuscule qui resterait insensible à la douleur, la marque de Satan. Ce point fut trouvé chez Adrienne au milieu du dos, en dessous d’une omoplate. On y laissa l'aiguille enfoncée « l'espace de plus d'un demy quart d'heure » sans qu'elle « en aye tesmoigné ressentir aulcune doulleur », ni que « la dicte marcque eût jetté aulcung sang »[1]. Elle nia que cela fût le signe d’un pacte avec le diable. Elle fut alors soumise à la torture jusqu’à ce qu’elle avoue et fut condamnée le 11 septembre 1646 à brûler vive sur un bûcher pour sorcellerie.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Sorcellerie et possession, Guy Bechtel, Grasset, 1972.

Références[modifier | modifier le code]