Adrien Tournachon

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Adrien Tournachon
Adrien Tournachon, revolving self portrait.gif
Adrien Tournachon, Autoportrait (vers 1858),
Los Angeles, J. Paul Getty Museum.
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Nadar jeune
Nationalité
Activités
Père
Victor Tournachon (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Thérèse Maillet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
signature d'Adrien Tournachon
signature

Adrien Alban Tournachon, connu sous le pseudonyme Nadar jeune (1825-1903), est un photographe, peintre et dessinateur français.

Il est le demi-frère de Nadar.

Biographie[modifier | modifier le code]

Adrien Tournachon naît le à Paris de Thérèse Maillet, qui devient la deuxième épouse de son père Victor Tournachon[1] en 1826. Victor Tournachon-Molin[2] après avoir exercé son activité de libraire à Paris retourne à Lyon où il meurt dans la misère en 1837[3].

Élevé à Lyon, Adrien Tournachon rejoint son frère ainé Félix (dit Nadar) à Paris en 1845. Félix l'introduit alors dans les milieux littéraire et artistique, l'aide à obtenir divers travaux de dessin[4] et le fait entrer dans l'atelier de Picot.

En 1848 en compagnie de son frère il s'engage dans la 1ère légion de la république polonaise et prend la route pour soutenir l'insurrection polonaise. Le groupe est arrêté à Strasbourg et interné à Eisleben avant d'être libéré en mai. En 1851, Adrien fait partie de l'équipe constituée par son frère pour réaliser ce qui sera le Panthéon Nadar[4], un catalogue de plusieurs centaines de caricatures des grands hommes de l'époque. Nadar s'intéressant à la photographie naissante lui paie un apprentissage chez Gustave Le Gray[5].

Adrien Tournachon ouvre en 1853 son atelier de photographie au no 11 du boulevard des Capucines en nom propre (signature : Tournachon 11. boult des capucines) puis en association avec son frère sous le nom de Société Tournachon, Nadar jeune et Cie, et signe alors ses œuvres du nom de Nadar jeune. Il photographie les célébrités de son temps[6] et mène ses activités de photographe parallèlement à celles de peintre[4].

Le succès vient rapidement après la série de clichés du mime Deburau, dont le Pierrot photographe devient le support de la publicité éditée à l'occasion de l'agrandissement de la société et la création d'un salon pour la réception des clients au no 17 boulevard des italiens[7].

Le , il dépose un brevet pour un procédé mécanique d'application du collodion dont il obtient l'exploitation pour 15 ans le [8]. En 1855, il dépose le 10 mai un brevet pour un « appareil propre à distribuer les cartes, dit “distributeur de l'exposition” », et enfin le 13 juillet suivant, avec Godebski, une machine dite « contrôleur vérificateur » destinée à rendre aux compagnies des voitures publiques un compte exact de leurs gains journaliers.

Il présente à l'Exposition universelle de 1855 à Paris la série de clichés représentant Deburau et, malgré la critique qui lui est très défavorable, obtient une médaille de 1re classe[9].

Fin 1855, Adrien Tournachon désire s'installer à son compte et la société formée avec son frère est dissoute. À la même époque, il devient membre de la Société française de photographie (S.F.P) récemment créée[10]. Nadar ouvre son premier studio au no 113 rue Saint-Lazare. Adrien devient alors associé au baryton Jules Lefort et à l'organiste Lefebure-Wely qui apportent des capitaux. Mais Tournachon et ses associés continuant à signer « Nadar » ; une animosité naît entre les deux frères. Adrien et Félix devenant concurrents[11] car utilisant le même pseudonyme et ayant des adresses proches créant une confusion chez les clients, un procès à la suite de la plainte de Félix à l'encontre d'Adrien et de ses associés pour l'utilisation du nom de Nadar[12] s'ouvre alors : la procédure judiciaire commencée en 1855 se termine en 1857[13] et donne raison à Félix qui conservera seul le nom de Nadar[12]. Cette utilisation du même pseudonyme par les deux frères conduira à attribuer une partie importante de l'œuvre photographique d'Adrien Tournachon à son frère[12].

Adrien Tournachon obtient l'autorisation de prendre le titre de photographe de sa majesté l'impératrice et de son altesse impériale la princesse Mathilde[14].

En 1855 débute son activité de photographe animalier avec les photographies de chèvres Angora du Muséum d’histoire naturelle, provenant d’un troupeau de quinze chèvres envoyé par l’émir Abd el-Kader au maréchal Vaillant, ministre de la Guerre ; elles furent réalisées pour une présentation d’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire à la Société impériale d’acclimatation[15] et il est l'auteur de l'album photographique des races bovines et ovines du Concours agricole universel de Paris de 1856 (96 photographies)[16]. La signature est Nadar Je & Cie 17 boult des Italiens[17]. En 1858, ayant perdu le procès contre son frère la raison sociale devient Ad. Tournachon Jne & Cie.

En 1857, il soumet la proposition d'ériger un monument en hommage à Daguerre[18].

En 1860 paraissent ses albums consacrés aux concours de races chevalines et asines [19] et en 1861 sa série sur le cirque, les saltimbanques et acrobates[20].

La brouille entre Félix et Adrien Tournachon prend fin au décès de Thérèse Maillet en 1860.

En 1862, il a une liaison avec Léontide Renaude (Mademoiselle Léontine, actrice de variétés) maitresse de Gustave Courbet[21].

Adrien Tournachon devient ensuite le directeur artistique chez J.P.Joannes & Cie, no 124 avenue des Champs-Élysées et signe Adr. Tournachon Jne, spécialisé dans les photographies hippiques.

En avril 1867, il crée une entreprise dédiée aux émaux photographiques, procédé inventé par Bulot et Cattin, qu'il maitrise depuis 1855[22]. Cette société ferme en 1872.

Interné en psychiatrie pour la première fois en 1886, il fera de nombreux séjours et meurt à Paris à l'hôpital Saint-Louis le [23].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Photographie[modifier | modifier le code]

Selon Anne de Mondenard et Marc Pagneux[24], Adrien Tournachon (et non son frère Nadar) a photographié certaines des plus grandes célébrités du moment dans les domaines de la musique (Meyerbeer[25] et Rossini[25]), de la peinture (Alexandre-Gabriel Decamps[25], Gustave Doré[26], Ernest Meissonier[25] et Horace Vernet[25]) et de la littérature (Dumas fils[25], Lamartine[25], Nerval[6] et Vigny[25]).

Adrien Tournachon a également réalisé une série de portraits du mime Deburau en 1855[25]. À partir de 1856, Adrien Tournachon photographia les patients étudiés par le docteur Duchenne de Boulogne[27]. À la même époque, il devient le photographe officiel du Concours universel agricole de Paris[28].

Dessin et peinture[modifier | modifier le code]

Adrien Tournachon est l'élève de François-Édouard Picot.

  • Le Géant au clair de lune, nuit du 4 octobre 1863[29]

Il expose au Salon :

  • 1868 : Les Uzelles, forêt de Sénart, n°2400 ;
  • 1869 : Portrait de M. A.T…, n°2282 : Dessous de bois au carrefour de la souche, forêt de Sénart, n°2283 ;
  • 1870 : Les Derniers moments de Saint-Just, n°2761.

Entre 1848 et 1880, il est l'auteur de copies de commande d'œuvres de maitres destinées à décorer divers bâtiments civils ou religieux[30].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Au Canada
Aux États-Unis
En France
  • Compiègne, château de Compiègne : Henri Rochefort, pointe sèche.
  • Lyon, musée des beaux-arts, déposé aux musées Gadagne : L'Ascension du ballon “le Géant” à Lyon en 1865 (don de Nadar en 1907).
  • Paris :
    • musée Carnavalet :
      • Portrait du mime Deburau en Pierrot, tirage photographique ;
      • Autoportrait, tirage photographique[34].
    • musée d'Orsay :
      • Portrait de Théophile Gauthier, tirage photographique ;
      • Adrien Champfleury, tirage photographique ;
      • Lettre manuscrite au directeur du Courrier du palais à la suite de l'article concernant le procès l'opposant à son frère.
En Suisse

Expositions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie Victor Tournachon fiche BnF.
  2. Victor Tournachon commence son métier de libraire imprimeur chez Molin à Lyon dont il épouse la fille. Il change son nom en Tournachon-Molin sous lequel il est connu comme éditeur. La demoiselle Molin dont le prénom ne nous est pas parvenu est la mère de Nadar comme indiqué sur l'acte de décès de ce dernier. Thérèse Maillet mère d'Adrien décède en 1860 et n'est pas enterrée dans le caveau familial du Père Lachaise
  3. Acte décès Victor Tournachon Archives de Lyon (p. 95/335).
  4. a b et c Modernisme ou modernité, p. 349
  5. Lettre de Le Gray (pièce jointe) lors du procès, Le Gray dans une lettre à Felix reconnait le fait que celui-ci ait payé les cours de son frère, mais en revanche lui rappelle lui avoir fait mi tarif en raison de leur amitié (à savoir 200frs au lieu des 400 habituels)
  6. a et b Modernisme ou modernité, p. 351
  7. Affiche sur gallica BnF.
  8. Brevet de 15 ans (exploitation) sur books.google.
  9. Critique Le Photographe.
  10. Adhésion SFP Bulletin de la SFP1855.
  11. Mémoire relatif au procès sur gallica BnF.
  12. a b et c Modernisme ou modernité, p. 348.
  13. Journal du Palais books.google.
  14. Article La Lumière.
  15. Article La Lumière sur gallica BnF.
  16. ArticleLa Lumière 7 juin 1856 (p. 89).
  17. Album sur pixfan.
  18. « Monument à Daguerre », La Lumière sur gallica BnF.
  19. Album chevaux vente Baron-Ribeyre.
  20. Cette série de photos a été prise au cirque "Napoléon" actuellement cirque d'hiver. Les photos sont signées en rouge adr. Tournachon
  21. Lettre de Courbet books.google.
  22. Article La Lumière.
  23. Acte décès archives Paris (p. 30/31).
  24. Commissaires de l'exposition « Modernisme ou modernité - Les photographes du cercle de Gustave Le Gray (1850-1860) » au Petit Palais du 3 octobre 2012 au 6 janvier 2013.
  25. a b c d e f g h et i Modernisme ou modernité, p. 352
  26. Modernisme ou modernité, p. 367
  27. Méchanisme de la physionomie humaine sur gallica BnF.
  28. Lors du Concours universel agricole de Paris de 1856, Émile Baudement veut faire l'inventaire de toutes les races bovines. Il demande alors à Adrien Tournachon de prendre des clichés de tous les bovins présents.
  29. Photographie par Nadar sur gallica BnF.
  30. Liste des œuvres sur la base Arcade.
  31. « Adrien Tournachon, self portrait, multiple images », Getty Center].
  32. metmuseum.org.
  33. eastman.org
  34. Autoportrait, musée carnavalet.
  35. Tête de Lacoon, Musée d'art et d'histoire de Genève.
  36. Médaille 1855 Le Photographe sur gallica BnF.
  37. Liste des membresSFP.
  38. catalogue SFP N°97.
  39. Catalogue SFP N°1196.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Anne de Mondenard, Marc Pagneux et Vincent Rouby, Modernisme ou modernité : Les photographes du cercle de Gustave Le Gray, Actes Sud, , 408 p. (ISBN 978-2-330-00542-9), p. 345 à 375 (chapitre « Adrien Tournachon, ou un Nadar peut en cacher un autre »)

Liens externes[modifier | modifier le code]