Adolphe Julien Fouéré

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Adolphe Julien Fouéré
AbbéFouréRothéneuf.jpg
L'Abbé Fouré, photographie anonyme.
Naissance
Décès
Autres noms
Abbé Fouré
Nationalité
Activité
Œuvres principales

Adolphe Julien Fouéré, dit l’abbé Fouré, né le à Saint-Thual et mort le à Rothéneuf, est un prêtre et sculpteur du courant de l'art brut, principalement connu pour ses Rochers sculptés de Rothéneuf.

Biographie[modifier | modifier le code]

Adolphe Julien Fouéré est formé au sacerdoce au petit séminaire de Saint-Méen-le-Grand, puis au grand Séminaire de Rennes. C'est à partir de cette époque qu'il prend le pseudonyme de « Fouré ».

Ordonné prêtre le , il est nommé successivement de 1864 à 1877, comme vicaire à Paimpont, où il dessert la chapelle Saint-Éloi-des-Forges. Alors que le droit de grève n'est reconnu que depuis deux ans, il y soutient en 1866 un mouvement déclenché par l'imminence de l'arrêt des hauts-fourneaux, allant jusqu'à rencontrer, en vain, le propriétaire du site industriel exilé en Angleterre.

De 1877 à 1881, il est vicaire à Guipry, de 1881 à 1887, il est recteur de Forges-la-Forêt et de 1887 à 1889, il est recteur à Maxent.

En , pour une dernière fois, il est nommé recteur dans la paroisse de Langouët, près de Rennes. Il y arrive avec une « dureté d'oreille[1] ».

En 1894, malgré une pétition de ses paroissiens voulant le conserver, l’abbé Fouré est contraint d’abandonner son ministère et de se retirer comme prêtre habitué, à Rothéneuf, à cinq kilomètres de Saint-Malo[2],[3].

L'ecclésiastique entame alors une œuvre monumentale, directement taillée sur les rochers in-situ, à la merci de l'érosion marine. Pendant treize ou quatorze ans, de fin 1894 à 1907, il sculpte plus de trois cents statues sur cet ensemble de rochers granitiques surplombant la mer, s'inspirant de thèmes variés (Gargantua, Crésus, contrebandiers, marins, pirates, etc.) et crée de nombreuses sculptures en bois dans sa maison du bourg appelée Haute folie, Maison de l'Ermite et également connue sous le nom de musée Bois. Ses chefs-d'œuvre d'art naïf lui ont valu le surnom de "Facteur Cheval breton". Son œuvre disparaît malheureusement progressivement en raison de l'érosion marine.

En 1907, frappé de paralysie, et atteint de difficulté d'élocution, il est contraint d'arrêter toutes ses activités. On le voit alors reposant dans son célèbre fauteuil, dans la maison portant le nom d'Hermitage de Rothéneuf, où il s'éteint le [4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anatole Jakovsky, Les Mystérieux rochers de Rothéneuf, Paris, Editions Encre,
  • Frédéric Altmann, La Vérité sur l'abbé Fouéré, l'ermite de Rothéneuf, éditions AM, Nice, 1985
  • Bruno Montpied, Les Bois Sculptés de l’abbé Fouré, dossier avec une introduction (Le Musée fantôme, afin d’introduire le Guide du Musée (1919) des bois sculptés créés par l’ermite de Rothéneuf), des documents rares réédités sur la vie et l’œuvre de l’abbé Fouré (dont Le Guide du Musée), une bibliographie, le tout illustré de photos de Bruno Montpied et de cartes postales anciennes, dans L’Or aux 13 Iles n°1, , Veneux-les-Sablons
  • Joëlle Jouneau et Alain Visset, L'ermite de Rothéneuf - L'esprit du lieu, Éditions Scala, 2013, 64 pages.
  • Yannick Pelletier L'abbé Fouré et les Rochers sculptés de Rothéneuf , Rothéneuf-Saint-Malo, Éditions Les Rochers sculptés, 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Registre du conseil municipal de Langouët, 1894.
  2. Rothéneuf se trouve aujourd'hui dans la grande banlieue de cette ville, mais en 1900, était rattaché à la commune de Paramé, station balnéaire alors en vogue.
  3. A Rothéneuf, il y a angoisse sous roche Libération, 17 mai 2013
  4. Jean Jehan, Saint-Malo – Rothéneuf au temps des Rochers Sculptés, 2010.
    Frédéric Altman, La vérité sur Adolphe Fouré, éditions A.M., 1985.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]