Adherbal (roi de Numidie)

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Adherbal
Titre
Roi de Numidie
av. J.-C. – av. J.-C. (6 ans)
Prédécesseur Micipsa
Successeur Jugurtha
Biographie
Date de décès av. J.-C.
Nature du décès Assassinat
Nationalité Numide
Père Micipsa
Fratrie Hiempsal Ier
Résidence Cirta

Adherbal (en Punique "Puissance de Baal"), fut le roi de Numidie de 118 à 112 av. J.-C.. En tant qu'aîné du roi Micipsa, il lui succéda à sa mort, mais il dut partager le pouvoir avec le frère cadet Hiempsal Ier et le cousin Jugurtha, que Micipsa avait adopté trois ans avant de mourir.

Jugurtha tua bientôt Hiempsal et attaqua Adherbal, qui fut longtemps assiégé dans Cirta, et finalement fut pris et tué par Jugurtha, après avoir vainement demandé l'aide des Romains, en 112 av. J.-C.

Biographie[modifier | modifier le code]

Adherbal, le fils aîné de Micipsa, n'hérita pas en totalité du royaume numide puisque la primogéniture ne donnait pas de droit particulier à la succession directe. À la mort de Micipsa en 118 av. J.-C, plusieurs princes avaient des droits sur la couronne à côté d'Adherbal : Hiempsal, fils légitime du roi défunt, Gauda, fils légitime de Mastanabal et Jugurtha, fils de Mastanabal et d'une concubine, adopté par Micipsa, sur la possible recommandation des Romains. Par la suite, Micipsa le désigna, en même temps que ses deux fils Adherbal et Hiempsal, comme héritier de son royaume, alors que Gauda n'était inscrit qu'en héritier en second. Accablé de maladies et l'esprit affaibli, Gauda aurait été écarté du trône, ce qui ne l'empêcha nullement durant les campagnes de Metellus de revendiquer le titre de roi, de s'allier secrètement à Marius et finalement d'obtenir, à la mort de Jugurtha, la possession de ce qui restait du royaume de Numidie, sa personnalité n'était donc pas si falote qu'on se plaît à le répéter depuis Salluste.

À la mort de Micipsa, Adherbal se voyait donc dans l'obligation de partager le pouvoir avec ses deux frères, selon sans doute, dans l'esprit de Micipsa, le modèle du partage de 148 imposé par Scipion Emilien à la mort de Massinissa, mais les trois co-hériers ne purent s'entendre. Hiempsal, le plus jeune et le plus impétueux ne cachait pas son hostilité envers Jugurtha. N'ayant trouvé aucun terrain d'accord, les trois princes se séparèrent et s'établirent chacun dans une place. Hiempsal occupa Thirmida, que l'on songe à identifier à Thimida Bure près d'Uchi Majus, Adherbal, l'aîné, resta sans doute à Cirta, capitale du royaume. On ne sait où se fixa Jugurtha. Après la mort d'Hiempsal, très vraisemblablement éliminé à l'instigation de Jugurtha, la guerre éclate entre les deux princes. Adherbal, qui a moins d'expérience militaire et moins de popularité chez les Numides, envoie des députés à Rome pour faire connaître au Sénat le meurtre de son frère et son infortune, et cependant, confiant dans ses effectifs, se prépare à livrer bataille. Mais quand le premier combat s’engagea, il fut vaincu, et se réfugie dans la Province romaine puis se rend à Rome. Salluste prête à Adherbal un curieux discours qui accrédite la thèse selon laquelle la Numidie est une possession romaine dont Massinissa, Micipsa et lui-même ne sont que les usufruitiers :

« Pères conscrits, mon père Micipsa, en mourant, me prescrivit de me regarder simplement comme votre représentant dans le royaume de Numidie, où vous aviez tout droit et toute autorité ; de faire tous mes efforts pour être, en paix et en guerre, le plus possible utile au peuple romain ; de vous considérer comme mes parents et mes alliés : à agir ainsi, je trouverais dans votre amitié force armée, richesse, appui pour mon trône. Je me conformais à ces recommandations paternelles, quand Jugurtha, le pire scélérat que la terre ait porté, me chassa, au mépris de votre autorité, de mon royaume et de mes biens, moi, le petit-fils de Masinissa, l’allié de toujours et l’ami du peuple romain. »

Mais Jugurtha avait de puissants protecteurs au Sénat et il sut monnayer le concours des hésitants. En fait, la décision sénatoriale, celle d'envoyer en Numidie une commission chargée de partager le royaume entre les deux princes, était avant toute chose une mesure favorable à la cause romaine : elle empêchait la reconstitution de la Grande Numidie de Massinissa et maintenait, dans un apparent esprit d'équité, la balance égale entre les deux héritiers survivants, rivaux qui chercheraient chacun à s'assurer l'alliance et l'amitié du peuple romain. En 117, l'arbitrage de L. Opimius divisa donc le royaume numide : Adherbal reçut l'est, c'est-à-dire le pays massyle dont Cirta resta la capitale, et Jugurtha les anciennes possessions masaesyles, à l'ouest, partie du royaune qui touche à la Maurétanie et qui était plus riche et plus peuplée, tandis que celle d'Adherbal était plus urbanisée et plus riche en ports.

Carte de la Numidie, d'après l’atlas antique de Heinrich Kiepert publié en 1869

Mais ce partage à peine signifié, Jugurtha envahit le territoire d'Adherbal ; celui-ci, vaincu de nouveau, se réfugie à Cirta. Jugurtha tente de prendre la place de vive force mais il échoue. Après de nouvelles interventions de commissions romaines et le siège traînant en longueur, les commerçants italiens établis dans la ville font pression sur Adherbal pour qu'il capitule, ce qu'ils obtinrent, sous la condition qu'il aurait la vie sauve et que le Sénat aviserait sur le reste. Mais Jugurtha met à mort Adherbal après l'avoir fait torturer et fait passer par les armes un certain nombre d'Italiens qui semblent avoir voulu continuer le combat ; c'est du moins la thèse défendue par Ch. Saumagne qui cherche à montrer que ce prétendu massacre ne serait pas la véritable cause de l'intervention armée de Rome en Numidie. Quoi qu'il en soit, il y eut de la part de Jugurtha un véritable crime à rencontre de son frère adoptif et à l'égard du peuple romain puisque ce dernier avait accordé sa protection et son amitié à Adherbal. La guerre de Jugurtha devait durer sept ans.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Il est difficile de cerner la personnalité d'Adherbal, malgré le récit circonstancié, mais pas toujours digne de foi, de Salluste. Les fragments du livre XXXIV de Diodore et l'épitome du livre LXIV de Tite-Live ne nous apprennent rien de plus sur ce prince. S'il ne possédait guère de qualités militaires, alors que son adversaire était un remarquable homme de guerre, il avait hérité du caractère pacifique de son père Micipsa et sut se montrer assez habile diplomate. En une occassion au moins, il fit preuve de modération et de bonne volonté : lors de la célèbre altercation entre Jugurtha et Hiempsal lorsque ce dernier voulut occuper la place centrale réservée en principe au plus respectable et qui devait revenir à Jugurtha puisqui'il était l'aîné des trois rois. Adherbal eut peut-être tort de trop compter sur la protection que le Sénat lui devait en tant qu'ami et allié du peuple romain. De rares monnaies numides, du type au cheval galopant au revers, portent une légende bilittère A L. Ces monnaies qui ne se diffé­rencient pas autrement de celles de Massinissa et de Micipsa, qui ont pour légende M N, sont généralement attribuées à Adherbal. Au début du Ier siècle av. J.-C, un autre prince numide porta le nom d'Adherbal, il est dit « filius régis Numidarum », on en déduit qu'il serait le fils de Gauda.

Sources[modifier | modifier le code]


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Voir aussi[modifier | modifier le code]