Adam Billaut

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Adam Billaut
Adam Billaut par Edme Bovinet.jpg
Adam Billaut.
Portrait par Edme Bovinet.
Biographie
Naissance
Décès
Activité

Adam Billaut, dit Maître Adam, né à Nevers[1] le et mort le , est un menuisier, poète et chansonnier français. Surnommé « le Virgile au rabot[2] », il est considéré comme l'un des premiers poètes ouvriers.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Il partageait son temps entre Paris — où il connut Saint-Amant, Colletet, Scarron et l'abbé de Marolles — et Nevers où vivait sa femme, Catherine Renard, qu'il avait épousée vers 1630 et avec laquelle il s'entendait difficilement. Protégé de Louise-Marie de Gonzague et du prince de Condé, il fut pensionné par Richelieu.

Il composa trois recueils ayant des titres en rapport avec son métier : Les Chevilles, qui connut un certain succès critique lors de sa parution en 1644, Le Vilebrequin, paru à titre posthume en 1663, et Le Rabot, qui ne fut jamais imprimé. Corneille lui consacra un sonnet[3] et Voltaire cita son rondeau, À un ami malade d'une sciatique, « qui vaut mieux que beaucoup de rondeaux de Benserade[4] ».

Sonnet[modifier | modifier le code]

Résolution de maître Adam de ne plus aimer son ingrate par la protestation qu'il en fait à son confesseur
Mon Père à deux genoux j'accuse mes malices,
Avec un repentir profond et solennel,
Et pour ne point tromper votre soin paternel,
Je laisse de Phillis les aimables supplices.
Éloignant ces beaux yeux, mes souverains complices,
Je change en une nuit un beau jour éternel,
Et si pour bien aimer on devient criminel,
C'est trop peu que l'enfer pour expier mes vices.
Puisqu'il faut obéir aux lois du Tout-puissant,
Pour un si grand sujet je suis obéissant,
En brisant de mes fers la douce violence.
Ha qu'en ce changement je me trouve étonné !
Et que j'ai peu besoin de votre pénitence,
Si cherchant mon salut je passe pour damné.

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Ode à Monseigneur le cardinal duc de Richelieu, par le menuisier de Nevers, 1639 Texte en ligne
  • Les Chevilles de maître Adam, menuisier de Nevers, préface de l'abbé de Marolles, 1644 Texte en ligne
  • Stances de maître Adam au parc de Nevers, sur le départ de la sérénissime reine de Pologne, 1645
  • Ode pour monseigneur le Prince, par maître Adam, menuisier de Nevers, 1648 Texte en ligne
  • Le Vilebrequin de maître Adam, menuisier de Nevers, contenant toutes sortes de poésies gallantes, tant en sonnets, épîtres, épigrammes, élégies, madrigaux, que stances et autres pièces, 1663
  • Poésies de maître Adam Billaut, 1842 Texte en ligne
  • Appendice aux poésies de maître Adam, menuisier de Nevers, 1842

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Gimet, Galerie d'ouvriers poètes. Les muses prolétaires : Adam Billaut, Jean Reboul, Jasmin, Magu, Marius Fortoul, Rouget, Louis Voitelain, Charles Poncy, Auguste Abadie, Reine Garde, Paris : E. Fareu, 1856 Texte en ligne
  • Guy Thuillier, « Adam Billaut et les auteurs nivernais du XVIIe siècle », Nevers : Bibliothèque Municipale de Nevers et Société Académique du Nivernais, 2002

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ou à Saint-Benin-des-Bois, comme l'affirme l'abbé Charrault dans un petit livret daté de 1904. Mais il aurait été baptisé à Nevers quelques jours plus tard.
  2. Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique, vol. I, 1740, p. 564.
  3. Pierre Corneille, À Maître Adam Billaut, mensuisier de Nevers, sur ses chevilles.
  4. Voltaire, Catalogue de la plupart des écrivains français qui ont paru dans le Siècle de Louis XIV, pour servir à l’histoire littéraire de ce temps, 1751.

Liens externes[modifier | modifier le code]