Adagio pour cordes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'Adagio pour cordes est une œuvre pour orchestre à cordes, arrangée par le compositeur Samuel Barber à partir de son premier quatuor à cordes. C'est l'œuvre la plus connue de Barber.

Composition[modifier | modifier le code]

L'Adagio pour cordes provient d'un mouvement de son quatuor à cordes n° 1, Op. 11, composé en 1936. Il suit un premier mouvement brutal et très différent, et précède une courte reprise de cette musique.

En janvier 1938, Barber envoya le morceau à Arturo Toscanini. Le chef d'orchestre rendit la partition sans commentaire, et Barber, vexé, évita de le revoir. Toscanini lui envoya alors un mot par le biais d'un ami, disant qu'il envisageait de jouer l'œuvre et qu'il la lui avait rendue parce qu'il l'avait déjà mémorisée[1]. L'arrangement de Barber lui-même pour orchestre à cordes fut créé par Arturo Toscanini avec l'orchestre symphonique de la NBC le à New York.

Le compositeur arrangea aussi le morceau en 1967 pour un chœur de huit chanteurs, sous forme d'Agnus Dei.

Analyse[modifier | modifier le code]

L'œuvre utilise une forme d'arc : une mélodie ascendante semblable à une marche est inversée, étendue et soumise à des variations.

Le long flot de la ligne mélodique se déploie librement au sein de l'ensemble des cordes, par exemple, la première section de l'Adagio commence par la cellule mélodique principale jouée par les premiers violons, mais s'achève avec sa reprise par les altos, transposée en quinte. Les altos poursuivent une variation sur la cellule mélodique dans la deuxième section, les contrebasses restent silencieuses, y compris sur la section suivante. La section médiane étendue commence par le jeu principal des violoncelles dans une tessiture de mezzo-soprano. Au fur et à mesure que la section se construit, l'ensemble des cordes monte dans la gamme jusqu'à son registre le plus élevé, culminant dans un pic fortissimo-forte immédiatement suivi d'un silence. Une brève série de cordes élégiaques sert de coda pour cette partie de l'œuvre, et réintroduit les contrebasses. La dernière section est une reprise du thème d'origine, avec une inversion de la deuxième partie de la cellule mélodique, jouée à l'unisson par les premiers violons et les altos. La pièce se termine avec les premiers violons rejouant lentement les cinq premières notes de la mélodie dans un registre d'alto, soutenant la dernière note après un bref silence et la diminution progressive de l'accompagnement. L'adagio de Barber a quelques ressemblances avec l'adagietto de la Symphonie n° 5 de Mahler.

L'Adagio pour cordes dans la culture[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Il sert de musique dans plusieurs films[2] :

À la télévision[modifier | modifier le code]

On peut l'entendre dans La vipère noire (dans le sixième épisode de la saison 3), South Park, Daria (dans une scène parodiant Platoon), Seinfeld, Les Simpson, Galactica, American Dad!, Urgences (dans le 2e épisode de la saison 10, lorsque Luka est épargné par les rebelles congolais l'ayant pris pour un prêtre), Nodame Cantabile (fin de l'épisode 8), How I Met Your Mother (épisode 13 de la Saison 5), ainsi que dans le 18ème épisode de la saison 6 de Malcolm, lorsque Malcolm doit rendre une dissertation sur le morceau et demande l'aide de Dewey pour lui apprendre à ressentir la musique.

Le morceau sert également de générique au téléfilm Retour à Malaveil (1989), de Jacques Ertaud.

Dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

On peut également l'entendre dans le jeu de simulation spatiale Homeworld parut en 1999 sur PC. Cette œuvre sert de fond musical pour la 3ème mission du mode Histoire, lors du retour du vaisseau mère vers l'infortunée Kharak en proie à une "tempête de flammes".

Au théâtre[modifier | modifier le code]

L'Adagio est joué dans la pièce du même nom, Adagio, sur la vie de François Mitterrand (2011). On entend également l'Adagio dans la pièce Le journal d'Anne Frank, écrite par Eric-Emmanuel Schmitt, mise en scène par Steve Suissa et interprétée notamment par Francis Huster et Gaïa Weiss (2012).

Autres[modifier | modifier le code]

L'Adagio a été joué lors des obsèques du président Franklin Delano Roosevelt en 1945 et de la princesse Grace Kelly en 1982 ainsi que lors des funérailles du roi Baudouin de Belgique en 1993, du prince Rainier III de Monaco en 2005 et lors de celles de Jack Layton à Toronto en 2011.

Reprises musicales[modifier | modifier le code]

  • Une version Gabber a été réalisée par Rotterdam Terror Corps sous le titre de Schizophrenic.
  • Une version Trance a été réalisée par Ferry Corsten, il s'agit d'un remix de l'interprétation de William Orbit parue sous le nom de Barber's Adagio for strings sur l'album Pieces in a Modern Style.
  • Un mix Trance en a été réalisé par Laurent Wolf en 2004 sous le titre anglophone de Adagio for strings.
  • Puff Daddy reprend l'adagio pour cordes au début de la version étendue de I'll be missing you.
  • Linzi Stoppard en joue une version moderne au violon électrique.
  • Era en fait une version mystique mélée à des chants grégoriens sur son album Classics.
  • Une version de Paul McCartney a été réalisée pour le film Let it be
  • En 2004, DJ Tiësto remixe Adagio for String.
  • La guitariste américaine Cailyn en fait une reprise mêlant rock progressif et musique classique sur son troisième album Four Pieces (Land of Oz Music, 2012).

Audio[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « The Impact of Barber's 'Adagio for Strings' », National Public Radio (consulté le 19 avril 2007)
  2. Samuel Barber sur l'Internet Movie Database, une liste de films incluant l'Adagio pour cordes dans leur bande originale, comme musique à part entière ou comme musique de fond.