Adagio en sol mineur

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L'Adagio pour orchestre à cordes et orgue en sol mineur, plus connu sous le nom d'Adagio d'Albinoni, a été composé en 1945 par Remo Giazotto à partir de deux idées thématiques et d'une basse chiffrée empruntées à une œuvre de Tomaso Albinoni.

Dès les années 1960, cette composition connaîtra un très grand succès et reste aujourd’hui l’une des œuvres musicales les plus populaires et les plus enregistrées. Elle fait l’objet de nombreux arrangements, réorchestrations et interprétations dans tous les styles musicaux (symphonique, variété, flamenco, jazz, pop, rock, techno, etc.) et est utilisée plusieurs fois pour le cinéma et des séries télévisées.

Historique[modifier | modifier le code]

C’est en 1958 que les éditions Ricordi de Milan publièrent la partition sous l’intitulé « Adagio in sol minore per archi e organo di R. Giazotto su due spunti tematici e su un basso numerato di T. Albinoni ». Dans la préface, il était indiqué que pour composer son adagio Giazotto s’était appuyé sur un fragment contenant la basse chiffrée et l’amorce de quelques mesures d’une ligne de violon, l’ensemble de ces éléments appartenant au mouvement lent d’une œuvre orchestrale d'Albinoni. Ce fragment aurait été retrouvé par Giazotto dans les ruines de la bibliothèque de Dresde, détruite en partie par les bombardements alliés de février-mars 1945, alors qu’il effectuait des recherches sur Albinoni afin de dresser le premier catalogue complet de ses œuvres. Selon Giazotto, qui fut l’un des spécialistes d'Albinoni, il pourrait s’agir d’un fragment d’une sonate d’église (sonata da chiesa) — une des deux formes standard des sonates en trio — appartenant à l’opus 4 d’Albinoni datant de 1708.

Giazotto n'a pour autant jamais produit le fragment de manuscrit, et aucune trace officielle n'a été trouvée, prouvant sa provenance de la collection de la bibliothèque de Dresde. Giazotto construit l'équilibre de l'œuvre complète en simple mouvement basée sur ce thème fragmentaire. Il déposa ses droits d'auteur et publia en 1958[1].

La genèse de cet adagio reste donc mystérieuse. Si l'apport réel d'Albinoni dans cette composition ne laisse aucun doute, en revanche les éléments exacts provenant de ce dernier, utilisés dans l'écriture de cette œuvre, restent un sujet à discussion pour lequel plusieurs hypothèses s’affrontent sans apporter de preuves ou de conclusions définitives. Giazotto étant décédé en 1998, il est possible que la vérité ne soit jamais découverte sur ces éléments de composition dus à Albinoni à l'origine de ce pastiche universellement connu.

Contrairement à de nombreuses présentations fantaisistes de cette œuvre, il ne s’agit pas d’un adagio dont l'éditeur aurait essayé d’attribuer la paternité à T. Albinoni, pas plus qu’une œuvre d’Albinoni qui aurait été reconstruite ou arrangée par R. Giazotto. Il s’agit bien, comme l’indiquait dès le début l’éditeur Ricordi lors de la première publication de la partition en 1958, d’une œuvre originale, composée par R. Giazotto lui-même, celui-ci ayant seulement utilisé pour sa composition deux idées thématiques et la basse chiffrée d’une œuvre perdue d’Albinoni. Une confusion entre le compositeur de cette œuvre – R. Giazotto – et son inspirateur – T. Albinoni – est encore largement entretenue aujourd’hui, notamment par les nombreux producteurs d’arrangements de cet adagio célébrissime, sans doute par intérêt commercial, le nom d’Albinoni étant bien plus vendeur et plus connu que celui de Giazotto.

La pièce est le plus souvent orchestrée pour ensemble à cordes et orgue ou orchestre à cordes seul, mais avec sa notoriété grandissante a été transcrite pour d'autres instruments. Le Chef d'orchestre italien Ino Savini (1904-1995) a transcrit l'Adagio pour un grand orchestre et a dirigé lui-même la pièce à Ostrava en 1967 avec l'Orchestre philharmonique de Janáček. La composition a alors imprégné la culture populaire, après avoir été utilisée comme musique de fond pour plusieurs films comme Gallipoli, dans les programmes de télévision et dans les publicités[2].

Le début du thème de cet adagio a des ressemblances avec celui de l'Adagio sostenuto du premier Trio pour piano, violon et violoncelle, opus 33, de Louise Farrenc, daté de 1841.

Cet Adagio très populaire a été utilisé dans de très nombreux films, séries télévisées, et repris par moult artistes de musique populaire. Une liste très bien fournie voire exhaustive est disponible sur la page wikipedia en anglais sur l'Adagio en sol mineur.

Utilisation dans d'autres domaines[modifier | modifier le code]

Droits d'auteur[modifier | modifier le code]

Giazotto étant mort en 1998, l'Adagio d'Albinoni n'entrera dans le domaine public qu'en 2068 pour les pays de l'Union européenne et en 2048 pour ceux hors union. L'œuvre n'étant pas dans le domaine public, son téléchargement est illégal et a été supprimé de l'International Music Score Library Project[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adagio in G minor
  2. (en) « Adagio in G minor », BBC Music Magazine,‎
  3. Page de l'IMSLP sur l'Adagio d'Albinoni