Adélaïde-Gillette Dufrénoy

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Adélaïde-Gillette Dufrénoy
AdelaideBillet-Dufrenoy.jpg
Biographie
Naissance
Décès
(à 59 ans)
Paris
Sépulture
Nationalité
Activité
signature d'Adélaïde-Gillette Dufrénoy
Signature
Père-Lachaise - Division 11 - Dufrénoy 01.jpg
Vue de la sépulture.

Adélaïde-Gillette Billet, épouse Petit Dufrénoy[Note 1] (Paris, - Paris, ), est une poétesse française connue sous le nom de Madame Dufrénoy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Éducation et mariage[modifier | modifier le code]

Adélaïde Gillette Billet naît dans la paroisse Saint-Barthélémy à Paris en 1765[1],[Note 2]. Elle est la fille de Jacques Billet, marchand joaillier, et de Marie Madeleine Bresse, son épouse, demeurant rue de Harlay dans l'île de la Cité. Par son père, elle est la cousine germaine de Jean-Louis Laya.

Elle apprend la lecture et la musique dans une institution religieuse, les sœurs hospitalières de la Roquette, auprès de sa tante, sœur Saint-Félix, qui en est la supérieure[2]. Elle apprend ensuite le latin, au point d’être en état de traduire Horace et Virgile tandis que Laya l’initie aux charmes de la poésie française.

Elle a quinze ans quand elle épouse en 1780 Simon Petit-Dufrenoy, un riche procureur au Châtelet de Paris, qui avait été l’homme de confiance de Voltaire[3]. Sa demeure devient le rendez-vous des beaux esprits de l’époque alors qu’elle sentait se développer en elle une véritable vocation poétique. Son père meurt en 1783 et elle reçoit son héritage.

Débuts littéraires[modifier | modifier le code]

Elle débute, en 1787, dans la carrière des lettres, par une petite pièce intitulée Boutade, à un ami et de charmantes poésies insérées dans l’Almanach des muses. L’année suivante, elle se risque au théâtre où elle fait jouer L’Amour exilé des cieux, mais elle doit surtout sa réputation littéraire à ses élégies.

En 1791, son époux choisit de « fermer son étude, située quai de l’École près le Pont-Neuf, plutôt que de prendre le titre d'avoué comme le firent 81 % de ses confrères, auxquels la réforme de la procédure civile en avait laissé la faculté »[4]. Un incendie achève la ruine de son mari.

En 1792, ils s'installent à Sevran (Seine-Saint-Denis) dans l'ancien fief de la Fossée. Tout son cercle littéraire et amical l'y rejoint. Elle y donne le jour le , à un fils, Ours Pierre Armand Petit Dufrénoy qui deviendra un célèbre géologue et minéralogiste[5]. Son mari, Simon Petit Dufrenoy, fait fonction d'officier public à Sevran pendant la période de 1796 à 1798. Elle-même est qualifiée de « bonne Dame de la Fossée ».

Plus tard, Dufrenoy accepte, sous le Consulat, une place de greffier en Italie, à Alexandrie. Adélaïde-Gillette l’y accompagne et, lorsqu’il devient aveugle, elle fait de son mieux pour le suppléer, copiant les dossiers et les jugements, sans toutefois rien perdre de son génie poétique car c’est de cette époque sombre que datent la plupart de ses élégies. La mélancolie qu’elle y exprime n’est pas feinte car elle s'ennuie loin de la France.

Succès et reconnaissance[modifier | modifier le code]

Enfin revenue en France à la retraite de son mari, elle y vit presque uniquement de travaux littéraires jusqu’au jour où, par l’entremise d’Antoine-Vincent Arnault et du comte de Ségur, elle reçoit de Napoléon Bonaparte, à qui elle voua une reconnaissance sans bornes, des secours qui l’affranchirent du souci des premières nécessités de la vie. Quittant alors le métier pour l’art, elle fait de nombreuses poésies érotiques qu’elle voile du nom de poésies élégiaques. C’est en 1806 que paraît la première édition de ses Élégies qui connaît un grand succès.

En 1811 et 1812, elle chante le roi de Rome et, en 1813, elle fait partie de la suite qui accompagna l’Impératrice Marie-Louise à Cherbourg.

La chute de l'Empire ayant une nouvelle fois dérangé ses affaires, sa plume lui devient à nouveau une ressource. Elle rédige des ouvrages pour l’enfance et la jeunesse, dirige La Minerve littéraire, L’Almanach des dames et L’Hommage aux demoiselles. Elle voit une partie de ses pièces couronnées par diverses académies et elle obtient, en 1814, le prix de l’Académie française pour le poème Derniers Moments de Bayard.

Elle est recherchée des personnes les plus distinguées de l'époque, particulièrement de Jean-Pierre Louis de Fontanes, qu'elle accueille à Sevran, Amable Tastu, Marceline Desbordes-Valmore, Tissot, l’abbé Sicard ou Béranger. Elle donne aussi des traductions de l'anglais, quelques romans et des livres pour l'éducation des filles.

Le recueil de ses élégies a paru en 1807 et a été plusieurs fois réimprimé avec des augmentations. On y remarque :

  • la Boutade
  • le Pouvoir d'un amant
  • la Journée d'une amante
  • Anniversaire
  • Les Beautés de l’histoire de la Grèce moderne (1825)
  • les Derniers Moments de Bayard, couronné par l'Académie en 1815.

Adélaïde-Gillette Dufrénoy meurt le à Paris[6] et est inhumée deux jours plus tard au cimetière du Père-Lachaise (11e division)[7].

Ses souvenirs ont été publiés à titre posthume, sous le titre Œuvres poétiques, grâce au beau-père de son fils, Antoine Jay[Note 3] (Moutardier, 1827).

Commentaire[modifier | modifier le code]

Veille, ma lampe, veille encore,
Je lis les vers de Dufresnoy
Béranger, Ma lampe

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Abécédaire des petits gourmands[8], Paris, Lefuel, 1822
  • Beautés de l'histoire de la Grèce moderne, ou Récit des faits mémorables des Hellènes depuis 1770 jusqu'à ce jour, Paris, A. Eymery, 1825
  • Biographie des jeunes demoiselles ou vies des femmes célèbres depuis les hébreux jusqu'à nos jours, Paris, A. Eymery, 1816
  • Cabinet du petit naturaliste, Paris, A. Rigaud, 1810-1819
  • Élégies, suivies de poésies diverses, par Mme Dufrénoy, Paris, A. Eymery, 1813
  • Étrennes à ma fille, ou Soirées amusantes de la jeunesse, Paris, A. Eymery, 1816
  • Faits historiques et moraux, Paris, A. Rigaud, 1877
  • Hommage aux demoiselles[9], Paris, Le Fuel, 1818
  • L'Anniversaire de la naissance du Roi de Rome, Paris, P. Didot l'aîné, 1812
  • L'Enfance éclairée, ou les Vertus et les vices, par Mme Dufrénoy, Paris, A. Eymery, 1816
  • L'Hymne des Français... à S. A. R. la duchesse d'Angoulême, lors de son entrée à Paris, Paris, Brasseur aîné, 1814
  • La Convalescence, élégie, Paris, J. Tastu, 1823
  • La Femme auteur, ou Les inconvéniens de la célébrité, Paris, Béchet, 1812
  • La Petite Ménagère, ou l'Éducation maternelle[10], Paris, A. Eymery, 1816
  • Le Tour du monde, ou, Tableau géographique et historique : de tous les peuples de la terre, Paris, A. Rigaud, 1814
  • Les Conversations maternelles, Paris, A. Eymery, 1826
  • Les Françaises, nouvelles[11], Paris, A. Eymery, 1818
  • Nouvel Abécédaire des petits gourmands, Paris, J. Langlumé, 1837-1857
  • Petite Encyclopédie de l'enfance, ou, Leçons élémentaires de grammaire, de géographie, de mythologie, d'histoire ancienne et moderne, d'histoire des religions, d'arithmétique et mathématique, de physique, d'histoire naturelle, des arts et métiers, Paris : A. Eymery, 1817
  • Plaintes d'une jeune Israélite sur la destruction de Jérusalem, élégie, Paris, A. Eymery, 1817
  • Œuvres poétiques de Mme Dufrénoy, Précédées d'observations sur sa vie et ses ouvrages, par A. Jay, Paris, Moutardier, 1827

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ou Dufresnoy.
  2. Son acte de baptême à l'église Saint-Barthélémy dans la Cité est reproduit par G. Castel Çagarriga, « Madame Dufrenoy et Monsieur de Fontanes », Revue des Deux Mondes, , p. 86. Elle n'est pas née à Nantes, comme l’indiquent plusieurs publications.
  3. Son fils, le géologue Armand Dufrénoy, né en 1792 à Sevran, a épousé en 1819 Caroline Jeanne Jay, fille d'Antoine Jay et Magdelaine Agathe Moutardier.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de baptême du , reconstitué le , paroisse Saint-Barthélémy, Archives de Paris [lire en ligne] (vue 41/49) (Note : « née le trois du présent »).
  2. Œuvres poétiques de Mme Dufrénoy, Antoine Jay (éd.), Paris, Moutardier, 1827, p. X-XII. Ouvrage numérisé.
  3. Sur son mariage, voir le témoignage de Félix Faulcon qui deviendra son ami dans Correspondance de Félix Faulcon. Tome I, 1770–1789. Publiée par Gabriel Debien, 1939.
  4. Arthur Birembaut, compte rendu de Jean Orcel, « Armand Dufrénoy (1792-1857) », Revue de l’histoire des sciences et de leurs applications, oct-déc. 1958, p. 368.
  5. Biographie d'Armand Dufrénoy, Annales de Nîmes.
  6. Acte de décès du , reconstitué le , Paris 7e (ancien), Archives de Paris [lire en ligne] (vues 1-3/47) (Note : « décédée le sept de ce mois à cinq heures »).
  7. Registre journalier d'inhumation, , cimetière du Père-Lachaise, Archives de Paris [lire en ligne] (vue 7/31)
  8. Lire en ligne sur Galica.
  9. Lire en ligne sur Gallica.
  10. Lire en ligne sur Gallica.
  11. Lire en ligne sur Gallica.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. XV, Paris, Firmin-Didot, 1855, p. 70-1
  • Marie Aurore Dupin de Francueil, La France illustrée par ses femmes, 1833 p. 325-41
  • C. Brécourt-Villars, Ecrire d'amour, anthologie de textes érotiques féminins 1799-1984, Paris, Ramsay,
  • C. Planté, Femmes poètes du XIXe siècle, Lyon, Presses universitaires de Lyon,
  • C. Planté, Masculin/Féminin dans la poésie et les poétiques du XIXe siècle, Lyon, Presses Universitaires de Lyon,

Liens externes[modifier | modifier le code]