Action civilo-militaire

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L' action civilo-militaire - ACM - (en anglais CIMIC pour Civil Military Cooperation) consiste pour une force armée ou une coalition, au cours même d'un conflit, d'une crise, voire d'un exercice sur le terrain dans un pays en voie de développement, à contribuer à reconstruire le pays pour rétablir ou maintenir la paix. L'ACM est partie intégrante du plan d'opération.

L'ACM désigne l'ensemble des actions non strictement militaires réalisées au profit de l'environnement civil. L'ACM a donc pour but, pour les militaires, de participer à la réalisation des objectifs civils du plan de paix dans tous les domaines, culturel, économique, social et sécuritaire (maintien de l'ordre et sécurité civile). Son rôle est particulièrement important dans la phase initiale quand les acteurs civils ne sont pas encore en mesure d'exercer normalement leurs fonctions. Puis, les forces armées passent progressivement le relais aux organismes civils au fur et à mesure du rétablissement de la paix.

Domaines d'application[modifier | modifier le code]

  • offrir des solutions alternatives à l'emploi de la force ;
  • concourir à un climat de sécurité autour des forces engagées (maintien de l'ordre) ;
  • coopérer au rétablissement des fonctions vitales d'un pays sinistré :
    • remise en état des infrastructures et des services ;
    • restauration des fonctions gouvernementales et administratives ; (administration militaire dans un premier temps et relais progressif à des autorités civiles) ;
    • faciliter le retour aux activités économiques normales.
  • participation aux opérations humanitaires : secours direct aux populations en première urgence puis soutien du travail des organisations humanitaires.

Action civilo-militaire de la France[modifier | modifier le code]

La formalisation de la démarche française dans ce domaine fut amorcée par la directive élaborée en 1995 (Amiral Lanxade) au vu des premières expériences menées en Bosnie-Herzégovine ; puis par une seconde directive plus étoffée, datée du 11 juillet 1997 (Général Douin). Celle-ci peut être résumée de la façon suivante :

  1. Favoriser l'acceptation et le soutien des populations concernées : « Ces actions visent à faciliter l'exécution des missions opérationnelles avant, pendant et après l'engagement des forces en favorisant l'acceptation et le soutien des populations concernées ».
  2. L'action au profit des forces : les ACM sont en relation avec les autorités civiles pour négocier les implantations, gérer les contentieux éventuels, s'occuper des prisonniers de guerre.
  3. L'action civilo-militaire sert l'environnement civil : dans le cadre de la reconstruction, support des structures étatiques défaillantes ou insuffisantes
  4. L'aspect humanitaire : aider le travail des organismes caritatifs en sécurisant l'environnement
  5. Les actions duales : déminage, animation de radios
  6. La dimension interministérielle : coordination des niveaux politique, stratégique, tactique, et opératif[1].

Sur cette base, elle a créé, en juillet 2001, le Groupement interarmées des actions civilo-militaires (GIACM) commandé par le colonel Thomas Toussaint, puis par le colonel Philippe Bardet. Il est constitué de 96 personnels permanents et de 350 réservistes, pouvant être renforcés par 96 compléments opérationnels d’active[2],[3]. Depuis sa création, il est intervenu en Afghanistan, en Côte-d’Ivoire, au Kosovo, au Tchad, au Tadjikistan, en Indonésie, en Haïti, au Liban, au Togo, au Cameroun et au Bénin.

Exemples[modifier | modifier le code]

Des rescapés haïtiens reçoivent assistance dans un camp établi par l'armée brésilienne, aux lendemains du tremblement de terre en 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert GAÏA, Député, COMMISSION DE LA DÉFENSE NATIONALE ET DES FORCES ARMÉES, « Rapport d'information sur l'action civile des armées sur les théâtres extérieurs (action civilo-militaire) », sur Assemblée Nationale,‎ (consulté le 24 janvier 2010)
  2. GIACM, « Groupement Interarmées des Actions Civilo-Militaires Le GIACM : « Une unité en appui des autres » » (consulté le 24 janvier 2010)
  3. « Groupement Inter-Armées des Actions Civilo-Militaires (GIACM) », Tulipe (consulté le 24 janvier 2010)

Liens externes[modifier | modifier le code]