Action catholique de la jeunesse belge

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Le pape Pie XI - 6 février 1939

L’Action catholique de la jeunesse belge (A.C.J.B.) constitue un sous-groupe de l’Action catholique. Cette dernière, de par son caractère “strictement religieux et apolitique”[1], se définit comme étant un mouvement établissant la collaboration des laïcs au sacerdoce de l’Église[1]. L’Action catholique a été créée par le pape Pie XI (1922 - 1939), en Italie, dans un souci de protection des œuvres catholiques contre le fascisme[1]. Celle-ci n’a pas pour objectif le salut individuel mais la rechristianisation de la société[1]. En 1921, le chanoine Abel Brohée ainsi que l’abbé Louis Picard mettent sur pied l’Action catholique de la jeunesse belge (A.C.J.B.), soutenus par le cardinal Mercier[2]. Cette association laïque est subordonnée à la hiérarchie de l'Église[3].

L’Action Catholique de la jeunesse belge[modifier | modifier le code]

Origine et évolution[modifier | modifier le code]

L'A.C.J.B. se développe dans le contexte de l'entre-deux guerres (1918-1940).

Monseigneur Picard, professeur à Boulogne, inspiré des pensées du chanoine Brohée, donna des conférences notamment dans des cercles d’étude afin d’enseigner l’Action Catholique aux jeunes. Le terme « cercle d’étude » désigne des groupes de chrétiens partageant leur piété. Picard, usant d’un discours direct, de mots simples et familiers pu rapidement les inviter à rejoindre sa cause[4]. La jeunesse, dès le début, fut choisie comme pièce maîtresse du  mouvement. En 1910, Il lança le périodique « Le Blé qui lève » pour divertir « les sociétés estudiantines de vacances ». En 1912, une action sur la jeunesse universitaire se mit en marche et en 1913, il publia « L’Effort », un nouveau périodique qui deviendra un des organes du mouvement. Le but de ce journal fut d’ « alimenter en doctrine et en spiritualité les cercles d’études qui se multipliaient pour former une élite militante »[5]. L’abbé Picard en sera le directeur pendant 7 ans et fit apparaître, par ce biais, une conscience chrétienne. Le centre d’intérêt de ce journal était l’actualité chrétienne, d’abord en Belgique et à Rome et puis dans toute « la chrétienté » [6] mais aussi dans le mouvement qu’il tend à inspirer. « S’assimiler la pensée de l’Église, répondre à ses appels, s’interdire ce qu’elle désavoue, voilà on peut le dire, la pensée directrice de l’Effort »[7].

C’est en 1920 que le mouvement devient très populaire. Il réunit de manière massive la jeunesse catholique, ce qui accélère le mouvement [8]. L'A.C.J.B regroupe un ensemble de plusieurs cercles d’études. Par conséquent, le groupe n'est pas unitaire mais il amène les différents cercles à se rencontrer [9]. Or, Picard, désirait fonder une Action Catholique unie. Ce qui exclut toute distinction entre classes ou « standen »[10], c'est-à-dire des "états-sociaux". On sortait à peine de la première guerre mondiale, et les jeunes étaient « impatients de faire éclater des aspirations trop longtemps comprimées»[11].

Dès lors, le mouvement trouve une structure et une réelle définition. Le 21 janvier 1921, lors du « Conseil Fédéral de l’A.C.J.B », l’abbé Picard donna la première définition reconnue de son association. « La raison d’être de l’A.C.J.B. est de donner à l’Église et à la Patrie une élite de jeunes catholiques éclairée, généreuse et fortement organisée. Ses moyens sont exprimés par la formule traditionnelle : piété, étude, action. Sa devise est « la Belgique au Christ ». Son insigne : l’épi de blé enlaçant la croix. Son organe « L’Effort », pour les aînés ; pour les jeunes, « Le Blé qui lève ». Ses chefs : Nos Seigneurs les Evêques de Belgique»[12]. Il a jugé nécessaire de clarifier la situation en ce qui concerne la politique. Selon lui, l’A.C.J.B. n’a rien à voir avec la politique.

En 1927, après le décès du cardinal Mercier, l’A.C.J.B trouve un compromis avec la JOC. Désormais, l’A.C.J.B accepte la division en standen, et s’occupera de coordonner ces différentes organisations, correspondant chacune à un milieu social particulier[10].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L’A.C.J.B. est caractérisée par trois éléments:

C'est d'abord un organisme de l'Action catholique sensu stricto[13].

Ensuite, son objectif ne se limite pas à ses adhérents mais tente de cibler un large panel de personnes. L'A.C.J.B. entend toucher l’entièreté du peuple.

Enfin, elle doit être l’œuvre des jeunes[14].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Ses objectifs sont quadruples et les trois premiers peuvent se résumer par le simple usage de trois verbes[15].

Dans un premier temps, elle tend à « s’assimiler »: recruter des adhérents en leur communiquant l’idéologie de l’Action catholique. Pour ce faire, il faut mettre en place des groupement attrayants qui fournissent une formation solide.

Ensuite, le deuxième objectif est celui de « protéger »: cette protection doit avoir lieu à l’égard des membres de l’association, de l’Église et des plus faibles. Afin de répondre positivement à ce dessein, ses groupements devront être à la fois hétérogènes et homogènes.

De plus, la troisième finalité est de « rayonner »: répandre la vérité et la vertu. Il est demandé à ces jeunes d’opérer ce rayonnement par le biais de la prière, de la parole ainsi que de la plume.

Enfin, ces jeunes doivent être travaillés par une volonté forte de se consacrer au Christ et d’être Lui à travers leurs actes. Pour bien réaliser cette dernière mission, il leur faut prier afin d’écouter ce que le Christ attend d’eux. Ensuite, ils devront partir en mission afin d’exécuter ses volontés[16].

Le Chanoine J. Vieujean considère l'Action Catholique comme un "foyer de lumière"[17].

Acteurs[modifier | modifier le code]

On peut distinguer deux catégories distinctes d'acteurs.

Premièrement, cette association est constituée des membres des cinq fédérations « homogènes » suivantes: la Jeunesse ouvrière Chrétienne (J.O.C.), la Jeunesse Estudiantine Catholique (J.E.C.), la Jeunesse Indépendante Catholique (J.I.C.), la Jeunesse Agricole Catholique (J.A.C.) et la Jeunesse Universitaire Catholique (J.U.C.)[18].

Deuxièmement, elle est constituée d’organismes centraux. Au sein de son gouvernement, on retrouve la Conseil Général, le Comité Général ainsi que la Commission Centrale de Coordination[19].

Quelques dates importantes[20][modifier | modifier le code]

1909: Le cardinal Mercier donne la mission, à Abel Brohée, de rédiger une œuvre, « Tribune Apologétique », ayant comme dessein d’écarter les agressions ainsi que les préjugés liés à l’Église et à la foi chrétienne.

9 avril 1910: Création, par le biais de la « Tribune Apologétique », du mouvement des Estudiantines de vacances. C’est un hebdomadaire appelé « Blé qui lève» ayant comme vocation de retenir les collégiens dans une atmosphère de piété, lors des vacances.

1911: En réponse à la demande adressée par la « Tribune Apologétique », les Cercles d’Études apparaissent.

10 septembre 1912: Congrès de Gilly.

1914: Dispersion des cercles et déclin du « Blé ». Création de la J.O.C.

25 février 1919: Prise de contact, à Bruxelles, entre le dirigeants des cercles.

1920: Apparition de la Fédération générale des Cercles d’Étude.

juillet 1921: Adoption des statuts de l’A.C.J.B. par le Conseil Général.

17 septembre 1922: Congrès de Gembloux.

21 septembre 1924: Congrès de Charleroi.

29 décembre 1924: Acte assurant l’adhésion de la J.O.C. à tous les degrés et à la participation au campagnes générales de jeunesse de l’A.C.J.B.

28 août 1927: Congrès de Liège.

1928: Début de la J.E.C.

1929: Création de la J.A.C., la J.I.C. et la J.U.C. Pèlerinages importants à Rome.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d E. GERARD avec la collab. de F. VERLEDEN, Nouvelle histoire de Belgique: La démocratie rêvée, bridée et bafouée, Bruxelles, Le Cri, , p.131
  2. E. GERARD avec la collab. de F. VERLEDEN, op. cit., p.132
  3. Association catholique de la Jeunesse belge, Manuel de l'A.C.J.B., Louvain, éd. de l'A.C.J.B., , p.67
  4. G. HOYOIS, Aux origines de l’action catholique : Monseigneur Picard, Bruxelles, Edition de l’Action catholique des Hommes, , p.64
  5. G. HOYOIS, op. cit., p.50
  6. G. HOYOIS, op. cit., p.55
  7. G. HOYOIS, op. cit., p.56
  8. G. HOYOIS, op. cit., p.67
  9. G. HOYOIS, op. cit., p.71
  10. a et b E. GERARD avec la collab. de F. VERLEDEN, op cit., p.132
  11. G. HOYOIS, op.cit., p.68
  12. G. HOYOIS, op. cit., p.70
  13. Association catholique de la Jeunesse belge, op. cit., p.1
  14. G. HOYOIS, L’association catholique de la jeunesse belge: aperçu sommaire, Bruxelles, Ed. Soc. d’Etudes Religieuses, , p.11
  15. Association catholique de la Jeunesse belge, op cit., p.35-48
  16. D. MERCIER, La mission du jeune homme catholique, Louvain, Ed. de l’ACJB, , p.4-6.
  17. Actes du Congrès Doctrinal de l’Association catholique de la Jeunesse belge, L’Action Catholique et la Nation, Louvain, Ed. de l’A.C.J.B,
  18. Association catholique de la Jeunesse belge, op. cit., p.17
  19. Association catholique de la Jeunesse belge, op.cit., p.1
  20. Association catholique de la Jeunesse belge, op cit., p.269-301

Bibliographie[modifier | modifier le code]

L’Action Catholique et la Nation, Actes du Congrès Doctrinal de l’Association catholique de la Jeunesse belge, Louvain, ed. de l’A.C.J.B, 1938.

Association catholique de la Jeunesse belge, Manuel de l’A.C.J.B., Louvain, ed. de l’A.C.J.B., 2004.

Gerard (E.) avec la collab. de Verleden (F.), Nouvelle histoire de Belgique: La démocratie rêvée, bridée et bafouée, Bruxelles, Le Cri, 2010.

Hoyois (G.), L’association catholique de la jeunesse belge: aperçu sommaire, Bruxelles, ed. Soc. d’Études Religieuses, 1925.

Hoyois (G.), Aux origines de l’action catholique : Monseigneur Picard, Bruxelles, ed. de l’Action catholique des Hommes, 1960.

Mercier (D.), La mission du jeune homme catholique, Louvain, ed. de l’ACJB, 1922.