Acrostichum aureum
Acrostic doré, Fougère à canards, Fougère dorée
Acrostichum aureum, l'Acrostic doré, Fougère à canards ou Fougère dorée, est une espèce de fougères de la famille des Pteridaceae, se développant dans les mangroves.
Description
[modifier | modifier le code]Acrostichum aureum possède un rhizome rampant et érigé, relativement robuste. Des écailles de large dimension (jusqu'à 40 milimètres de long) recouvrent sa surface. Les racines sont charnues et épaisses. Les frondes peuvent atteindre une hauteur de 3 à 4 mètres, et le pétiole (qui représente environ un tiers de la fronde), possède des écailles à sa base. La couleur du limbe foliaire s'étend d'un vert terne à un vert doré. Glabre, rigide et coriace, il est entier pour les frondes juvénile, et penné pour les frondes adultes[1].
Les pinnules (parties bipennées de la fronde) sont nombreuses, ascendantes, étroitement oblongues, lancéolées (base du limbe plus élargie que son sommet), et pédonculées, à l'exception possible de celles se trouvant près du sommet des frondes. Le haut de la fronde contient les pinnules les plus petites et fertiles, la partie centrale celles de plus grande envergure (jusqu'à 35 centimètres de long, pour 4 à 5 centimètres de large), stériles, et sa base des pinnules de dimension moyenne. Elles présentent toutes une marge entière. Les nervures secondaires sont absentes, laissant place à un dense réseau de nervures tertiaires (filets hexagonaux obliques)[1].
Les sporanges couvrent l'ensemble de la surface inférieure (abaxiale) des pinnules fertiles, ou bien seulement la partie apicale. Les spores sont tétrahédriques[1].
Répartition
[modifier | modifier le code]La Fougère dorée vit dans les zones humides, incluant les estuaires et les marais maritimes des régions tropicales et subtropicales. Espèce halophyte, elle habite et s'accommode aux milieux de haute concentration en sel, mais ses spores se développent plus rapidement en eau douce. Le substrat vaseux, qu'il s'agisse d'eau saumâtre ou d'eau douce, constitue son milieu de prédilection[2].
Elle est présente en Amérique (Floride, Caraïbes et Amérique du Sud), sur les côtes africaines (Afrique équatoriale et Sud-Est africain, comprenant Madagascar), en Inde du Sud et en Asie du Sud-Est (en particulier en Indonésie), ainsi qu'en Océanie (Australie, Nouvelle-Calédonie, Samoa, Îles Cook, Polynésie française et Hawaï)[3].
Sur l'île de Tahiti, la Fougère dorée est, avec l'Hibiscus, une espèce constitutive des forêts de marécages et de la sub-mangrove, atteignant au sein des sous-bois 1,5 mètres de hauteur[4],[5]. Les bosquets sont décrits comme difficilement pénétrables en raison de la densité du feuillage[6].
Menaces et conservation
[modifier | modifier le code]L'espèce a un niveau de préoccupation minimal (LC) d'après l'UICN. Du fait de son aire de répartition importante, sa robustesse et sa croissance rapide, il arrive qu'elle supplante certains écosystèmes de mangroves déjà perturubés[6].
Culture
[modifier | modifier le code]La Fougère dorée se développe bien dans un milieu ensoleillé et très humide, par exemple près des étangs ou des marécages[2]. La pluviométrie annuelle de son aire de répartition est relativement importante (1000 à 2000 mm de précipitations annuelles). Elle est vulnérable à de forts déficits hydriques[1].
Alimentation
[modifier | modifier le code]Dans la région indienne de Goa, les feuilles de acrostichum aureum sont utilisées pour la préparation d'un plat à base de noix de coco[7].
Systématique
[modifier | modifier le code]Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Acrostichum aureum L.[3].
Noms communs
[modifier | modifier le code]Ce taxon porte en français les noms vernaculaires ou normalisés suivants : Acrostic doré[3], Fougère à canards[3], Fougère dorée[8],[4].
Synonymes
[modifier | modifier le code]Selon la World Flora Online (WFO) (12 novembre 2025)[9] :
- Acrostichum aureum f. cristata Hahne
- Acrostichum aureum var. hirsutum (Fée) T.Moore
- Acrostichum aureum var. marginatum (Schkuhr) T.Moore
- Acrostichum aureum var. urvillei (C.Presl) T.Moore
- Acrostichum cayennense C.Presl
- Acrostichum crassifolium Wall.
- Acrostichum emarginatum Buch.; Roxb.
- Acrostichum fasciculatum (Fourn.) C.Chr.
- Acrostichum formosum C.Presl
- Acrostichum guineense Gand.
- Acrostichum inaequale Willd.
- Acrostichum juglandifolium Kaulf.
- Acrostichum lagolo Blanco
- Acrostichum marginatum Schkuhr
- Acrostichum maritimum Raf.
- Acrostichum obliquum Blume
- Acrostichum rigens C.Presl
- Acrostichum scalpturatum C.Presl
- Acrostichum spectabile Zoll.
- Acrostichum urvillei (Fée) C.Presl
- Acrostichum wightianum C.Presl
- Aspidium emarginatum Willd.
- Asplenium arifolium Burm.f.
- Chrysodium aureum (L.) Mett.
- Chrysodium cayennense Fée
- Chrysodium fasciculatum E.Fourn.
- Chrysodium hirsutum Fée
- Chrysodium inaequale Fée
- Chrysodium scalpturatum Fée
- Chrysodium speciosum Fée
- Chrysodium urvillei Fée
- Chrysodium vulgare Fée
- Chrysodium vulgare var. minus Fée
- Chrysodium vulgare var. rigens Fée
- Gymnogramma arifolia (Burm.f.) Kuhn
- Hemionitis arifolia (Burm.f.) T.Moore
- Polystichum emarginatum (Willd.) T.Moore
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « Acrostichum aureum, description botanique et spécifications », sur Château Pérouse, Nîmes, (consulté le )
- (en) J.P. ROUX, « A new cyotype for acrostichum aureum », Bothalia, vol. 1, no 23, (lire en ligne)
- GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 12 novembre 2025.
- Jean-Yves Hiro MEYER et Solène FABRE-BARROSO, « Inventaire de la flore et faune terrestre et aquatique de l'Anse Mitirapa (commune de Taiarapu Ouest), presqu'île de Tahiti Iti (Société) », Délégation à la Recherche, Papeete, Polynésie française, (lire en ligne [PDF])
- ↑ Dupon Jean-François (ed.), Bonvallot Jacques (ed.), Vigneron Emmanuel (ed.), Gay J.C., Morhange C. (collab.), Ollier Corinne (collab.), Peugniez G., Reitel B., Yon-Cassat F., Danard Michel (coord.), Laidet Danielle (réd.), Atlas de la Polynésie Française, Editions de l'ORSTOM (ISBN 2-7099-1147-7, lire en ligne), p.136, p.170, p.175
- (en) « Acrostichum aureum », sur IUCN,
- ↑ (en) Daniel Anthony Vaz, Sweaton Fernandes et Asmita Arondekar, « Acrostichum aureum linn (crosiers): Unveiling nutritional content, phytochemical composition and anxiolytic activity through preclinical studies », DergiPark Academic, (lire en ligne
)
- ↑ Base de données mondiale de l'OEPP, https://gd.eppo.int, consulté le 12 novembre 2025.
- ↑ WFO : World Flora Online. Published on the Internet : http://www.worldfloraonline.org., consulté le 12 novembre 2025.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Catalogue of Life : Acrostichum aureum L. (consulté le )
- (en) Flora of North America : Acrostichum aureum (consulté le )
- (en) Flora of China : Acrostichum aureum (consulté le )
- (fr + en) EOL : Acrostichum aureum (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Acrostichum aureum L. (consulté le )
- (en) IPNI : Acrostichum aureum L. (consulté le )
- (en) IRMNG : Acrostichum aureum L. (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Acrostichum aureum L. (consulté le )
- (en) NCBI : Acrostichum aureum (taxons inclus) (consulté le )
- (en) OEPP : Acrostichum aureum Linnaeus (consulté le )
- (en) POWO : Acrostichum aureum L. (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Acrostichum aureum (consulté le )
- (en) UICN : espèce Acrostichum aureum (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Acrostichum aureum L. (1753) (consulté le )
- (en) Tropicos : Acrostichum aureum L. (+ liste sous-taxons) (consulté le )
- (en) World Flora Online : Acrostichum aureum L. (+WFO Plant List) (consulté le )
- (en) WoRMS : espèce Acrostichum aureum L. (consulté le )