Acra

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Acra
חקרא, חקרה, Aκρα
Acra
Ce qui est propose comme le reste de la forteresse d'Acra au site de fouille du Parking Givati
Localisation
Pays Drapeau d’Israël Israël
Jérusalem
Coordonnées 31° 46′ 21″ nord, 35° 14′ 09″ est

Géolocalisation sur la carte : Israël

(Voir situation sur carte : Israël)
Acra
Acra
Histoire
Époque 2e siècle av. J.C

L'Acra (en hébreu : חקרא ou חקרה, en grec : Aκρα) est une enceinte fortifiée bâtie à Jérusalem construite par Antiochos IV, roi de l'empire séleucide, après qu'il a dévasté la ville en 168 av. J.-C., la forteresse a joué un rôle important dans les événements entourant la révolte des Maccabées et la formation du royaume hasmonéen. Elle a été détruite par Simon au cours de cette lutte.

La localisation exacte de l'Acra, indispensable à la compréhension du Jérusalem hellénique, a été un long sujet de débat. Les historiens et les archéologues ont proposé divers sites autour de Jérusalem, en se basant principalement sur des éléments littéraires. Cette approche a commencé à changer lors des fouilles qui commencèrent à la fin des années 60. Les nouvelles découvertes ont suscitée une remise en question des anciennes sources littéraires, de la géographie de Jérusalem et des artefacts découverts précédemment. Yoram Tsafrir, un archéologue israélien, avait interprété un joint de maçonnerie dans la coin sud-est dans la plateforme du Mont du Temple comme un indice possible pour la position de l'Acra. Durant les fouilles de Benjamin Mazar en 1968 et 1978, à côté du mur sud du Mont, des éléments pouvant être reliés a l'Acra, comme des pièces semblables a une caserne et une énorme citerne, ont été découverts.

En novembre 2015, l'Autorité des antiquités d'Israël annonce la découverte de ses vestiges de l'Acra[1],[2] dans les fouilles du parking Givati[3]. Un mur massif aux proportions énormes (4 mètres de large sur 20 mètres de long) qui était probablement la base d'une tour a été dégagé ainsi que de nombreuses pointes de flèche et des boulets de catapulte estampillés d'une marque en forme de fourche caractéristique du règne d'Antiochus IV Epiphane[4].

Le site a ouvert le 6 décembre 2015, premier jour de la fête juive de Hanoucca[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

À la suite de la mort d'Alexandre le Grand en 323 av J.-C., la Judée est tiraillée entre le Royaume lagide en Égypte, et l'Empire séleucide situé en Syrie et en Mésopotamie. La victoire de l'empereur séleucide Antiochos III face à l'Égypte lors de la bataille de Panion fit que la Judée passa sous contrôle séleucide. Les populations juives de Jérusalem aidèrent Antiochos III lors de son siège de Baris, la base fortifiée de la garnison égyptienne de Jérusalem[5]. Leur soutien fut récompensé à travers une charte qui affirmait l'autonomie de la religion juive, tout en interdisant l'accès des étrangers et des animaux impurs à l'enceinte du Temple de Jérusalem, et l'attribution de fonds officiels afin de maintenir certains rituels religieux au sein du Temple[6]. Malgré leur récente liberté de culte, plusieurs Juifs furent séduits par le prestigieux mode de vie grec et en adoptèrent certaines caractéristiques. La culture impériale engendra un progrès politique et matériel ce qui mena à la formation d'élites hellénisés au sein de la population juive. L'hellénisation engendra des tensions entre les Juifs les plus orthodoxes et leurs coreligionnaires qui adoptèrent la culture grecque[7].

A robed woman raises her hands in grief over dead bodies strewn across the steps of a pedimented temple while a seated man holding a scepter sits and observes from the background
Le martyre des Maccabées d'Antonio Ciseri (1863), représentant un épisode de la persécution des Juifs par Antiochos IV (assis).

Antiochos IV accéda au trône séleucide en 175 av J.-C. Peu de temps après, Jason demanda à Antiochos IV  son accession au titre de Grand Prêtre d'Israël—poste occupé par son frère Onias III. Jason, lui même particulièrement hellénisé, promis de surcroît d'augmenter le tribut payé par la cité et d'y établir l'infrastructure d'une polis grecque, incluant un gymnase et un éphébium[8]. La requête de Jason fut acceptée mais cependant, après un règne de 42 mois, il fut déchu par Antiochos IV et fut forcé de fuir vers Ammon[9],[10]. Entre-temps, Antiochos IV lança deux offensives en Égypte en 170 et 169 av J.-C. et vainquit les armées ptolémaïques[11],[12],[13]. Les victoires d'Antiochos IV furent cependant de courte durée. Son objectif d'unifier les empires séleucide et lagide alarma l'Empire Romain qui lui fit la demande de retirer ses troupes d'Égypte[13],[14]. Dû à son engagement dans l'affaire égyptienne, la rumeur qu'il fut tué circula à Jérusalem. Profitant de la situation, Jason rassembla une troupe de quelque 1 000 hommes et tenta d'attaquer Jérusalem par surprise. Bien que l'attaque fût repoussée, quand Antiochos IV fut tenu au courant de l'offensive, il suspecta ses sujets judéens de fomenter une révolte en son absence. En 168 av J.-C., Antiochos IV saccagea Jérusalem, pilla le Temple et tua des milliers d'habitants[15],[16],[17]. Inversant la politique choisie par son père, Antiochos IV lança un décret interdisant les rites juifs et prônant la persécution des Juifs pratiquants. Les cérémonies du Temple prirent fin, le respect du Sabbath interdit et la circoncision prohibée[18],[19].

Source[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]