Accords d'armistice israélo-arabes de 1949

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Les accords d'armistice israélo-arabes de 1949 ont été signés entre Israël et ses pays voisins : l'Égypte[1], le Liban[2], la Transjordanie[3] et la Syrie[4] entre le 24 février et le 20 juillet 1949. Ces accords mettent un terme à la guerre israélo-arabe de 1948-1949 et établissent des lignes d'armistice provisoires.

Accord entre Israël et l’Égypte[modifier | modifier le code]

La commission pour l'armistice israélo-égyptien déterminant le tracé de la frontière
Moshe Dayan signant l'accord d'armistice le
Officier israélien surveillant l'évacuation de Faluja le

Le , Ralph Bunche annonce que l’Égypte a finalement consenti à entamer le dialogue avec Israël. Les pourparlers débutent le 12 janvier sur l'île grecque de Rhodes et, peu après leur commencement, Israël accepte de libérer une brigade égyptienne assiégée à Faluja (en). À la fin du mois, les discussions pataugent. Israël demande à l’Égypte de retirer la totalité de ses forces de l'ancienne région de Palestine, mais l’Égypte insiste pour que les forces arabes ne se retirent que jusqu'aux positions qu'elles occupaient le , en accord avec la résolution S/1070 du conseil de sécurité des Nations unies[5], et que les forces israéliennes abandonnent leurs positions au nord de la route Majdal-Hébron.

Les négociations sont dans l'impasse le avec le meurtre de Hassan el-Banna, fondateur et chef des Frères musulmans. Israël menace d'abandonner les discussions, à la suite de quoi les États-Unis appellent les parties à se mettre d'accord.

L'accord d'armistice[6] est signé le et fixe :

  • la frontière israélo-égyptienne, suivant la frontière internationalement reconnue qui datait de 1906 à l’exception de la zone à proximité de la mer Méditerranée où l’Égypte garde le contrôle d’une bande de terre connue depuis sous le nom de Bande de Gaza ;
  • la libération de troupes égyptiennes et de leurs armes encerclées par les Israéliens à Faluja ;
  • une zone démilitarisée, de part et d’autre de la frontière.

Accord entre Israël et le Liban[modifier | modifier le code]

Cet accord[7] est signé le 23 mars et fixe :

  • la frontière israélo-libanaise (accord de Paulet-Newcomb), suivant l'ancienne frontière internationalement reconnue ;
  • le retrait de l'armée israélienne de 13 villages du territoire libanais, occupés au cours du conflit.

Accord entre Israël et la Transjordanie[modifier | modifier le code]

Cet accord[8] est signé le 3 avril et fixe :

  • le maintien des forces jordaniennes sur les positions conquises pendant le conflit sur toute la Cisjordanie et en particulier Jérusalem-Est et la vieille ville ;
  • l'échange des positions tenues par les Transjordaniens dans la plaine de Sharon contre des positions de Cisjordanie tenues par les forces irakiennes ;
  • des facilités de circulation entre Jérusalem et le campus de l'Université hébraïque de Jérusalem sur le Mont Scopus à l'Est, et un libre accès aux lieux saints doivent être arrangés par un comité spécial à former.

Accord entre Israël et la Syrie[modifier | modifier le code]

Cet accord[9] est signé le 20 juillet et établit le retrait des forces syriennes de la plupart des territoires conquis à l'Ouest de la frontière internationale. Ces territoires sont démilitarisés.

Situation entre Israël et l'Irak[modifier | modifier le code]

Aucun accord n'est signé mais la situation du front ouvert par les Irakiens est couverte par l'accord d'armistice israélo-transjordanien. Les forces irakiennes se retirent en mars 1949 et laissent leurs positions en Cisjordanie aux Transjordaniens.

Résultats de l’armistice[modifier | modifier le code]

Carte d'Israël, indiquant l'évolution territoriale de 1947 à 1949
Carte d'Israël 1947-1949

Les accords laissent 78 % du territoire de la Palestine mandataire aux Israéliens. Le reste est occupé respectivement par l'Égypte dans la Bande de Gaza et par la Transjordanie en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Article principal : Conférence de Lausanne (1949).

Ces accords d'armistice ne devaient rester que temporaires avant des négociations de traité de paix qui ne furent pas signés dans les années suivantes. À l'exception des accords israélo-libanais, les autres accords établissaient clairement (à la demande insistante des pays arabes) que les frontières fixées ne constituaient pas des frontières permanentes ou de jure. C'est dans ce sens que des précautions ont été mentionnées dans les accords signés pour que les lignes établies ne soient pas considérées autrement qu'à des fins militaires[10],[11].

Moshé Sharett, Ministre des affaires étrangères et futur Premier ministre israélien, considéra ces lignes d'armistices de 1949 comme « provisoires » lors d'une allocution devant la Knesset et précisa que ces lignes, à l'exception de la ligne verte en Cisjordanie, s'appuyaient sur des frontières internationales « naturelles ». Israël ne revendiqua pas de modifications majeures de ces lignes à la Conférence de Lausanne de 1949 et les proposa (sauf sur le tracé de la bande de Gaza) comme base des frontières permanentes politiques.

Le pape Pie XII écrivit l’encyclique Redemptoris Nostri Cruciatus pour demander la protection des lieux saints chrétiens.

Après les conquêtes de la guerre des six jours de 1967, des dirigeants israéliens se sont inquiétés que les lignes d'armistice de 1949 puissent être considérés comme des frontières permanentes :

  • Le Premier ministre Golda Meir considéra que les frontières d'avant 1967 étaient si dangereuses que les accepter relèverait de la « trahison » de la part d'un dirigeant israélien (New York Times, 23 décembre 1969).
  • le Premier ministre Menahem Begin décrivit comme un « suicide national pour Israël » de revenir aux lignes d'avant 1967.

Violations des accords[modifier | modifier le code]

Une commission est prévue dans chacun des accords pour remonter et enquêter sur les plaintes de chacune des parties auprès des Nations unies. De nombreuses condamnations ont ainsi été formulées pour violation des accords : l'Égypte a conservé des forces dans la zone démilitarisée de 'Uja al-Hafeer.

Israël a renforcé sa présence militaire sur le Mont Scopus qui devait rester démilitarisé, avec des soldats en tenues de policiers. Israël conduisit également des raids dans les territoires occupés par la Transjordanie, en réponse à des incursions armées en Israël. Les Syriens lancèrent de nombreuses attaques d'artillerie contre les zones habitées par des Israéliens dans la zone démilitarisée exposée aux positions des hauteurs du Golan ainsi que dans le secteur de Kyriat Shmona

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Conseil de sécurité des Nations unies, « Accord d'armistice israélo-égyptien », sur UNISPAL, ONU,‎ (consulté le 29 août 2010)
  2. (en) Conseil de sécurité des Nations unies, « Accord d'armistice israélo-libanais », sur UNISPAL, ONU,‎ (consulté le 29 août 2010)
  3. (en) Conseil de sécurité des Nations unies, « Accord d'armistice israélo-transjordanien », sur UNISPAL, ONU,‎ (consulté le 29 août 2010)
  4. (en) Conseil de sécurité des Nations unies, « Accord d'armistice israélo-syrien », sur UNISPAL, ONU,‎ (consulté le 29 août 2010)
  5. (en) Conseil de sécurité des Nations unies, « Résolution du 4 novembre 1948 [S/1070] », sur UNISPAL, ONU,‎ (consulté le 29 août 2010)
  6. (en) « Egyptian-Israeli General Armistice Agreement, February 24, 1949 », dans American Foreign Policy, Basic Documents 1950-1955, General Foreign Policy Series 117 (Department of State Publication 6446), Government Printing Office,‎ 1957, 1708 p. (lire en ligne)
  7. (en) « Lebanese-Israeli General Armistice Agreement, March 23, 1949 », dans American Foreign Policy, Basic Documents 1950-1955, General Foreign Policy Series 117 (Department of State Publication 6446), Government Printing Office,‎ 1957, 1708 p. (lire en ligne)
  8. (en) « Jordanian-Israeli General Armistice Agreement, April 3, 1949 », dans American Foreign Policy, Basic Documents 1950-1955, General Foreign Policy Series 117 (Department of State Publication 6446), Government Printing Office,‎ 1957, 1708 p. (lire en ligne)
  9. (en) « Israeli-Syrian General Armistice Agreement, July 20, 1949 », dans American Foreign Policy, Basic Documents 1950-1955, General Foreign Policy Series 117 (Department of State Publication 6446), Government Printing Office,‎ 1957, 1708 p. (lire en ligne)
  10. yale.edu/lawweb/avalon/mideast/arm01.htm
  11. yale.edu/lawweb/avalon/mideast/arm03.htm

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « 1949 Armistice Agreements » (voir la liste des auteurs)