Accidentologie des transports

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L'accidentologie des transports désigne l'étude des accidents (principalement corporels) et des risques d'accident dans les transports de personnes, en tenant compte du mode de déplacement utilisé (transport individuel ou transport collectif, déplacement motorisé ou non...). Elle permet de comparer d'un point de vue statistique, selon la méthode utilisée :

  • le risque d'avoir un accident d'une certaine gravité en fonction de l'usage d'un mode de transport,
  • les modes de transports entre eux en fonction du risque d'accident qu'ils présentent.

Sur les 1,2 million de morts sur la route dénombrés dans le monde en 2002, la plupart des victimes sont des piétons et des deux-roues, en raison de la mixité de la circulation et de la fragilité de ces usagers face aux véhicules plus massifs et plus rapides.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, le colonel américain John Paul Stapp mène des expériences sur les effets de l'accélération et de la décélération sur le corps humain, et plaide en particulier pour l'importance des ceintures de sécurité.

Statistiques sur le risque[modifier | modifier le code]

Les méthodes utilisées varient énormément, et comme toute méthode statistique, produisent des résultats qui doivent être analysés prudemment.

Les principales méthodes permettent de comparer les risques d'avoir un accident :

  1. par centaine, millier, million de kilomètres parcourus avec un mode de transport donné ;
  2. par temps d'exposition au risque durant son déplacement ;
  3. par déplacement (on considère chaque motif de destination et le trajet par une personne depuis sa position initiale jusqu'à cet objectif comme un déplacement).

Risque dans les déplacements urbains[modifier | modifier le code]

Si l'on considère que le risque d'accident corporel est de 1 en automobile, selon le premier mode de calcul, les chiffres en France indiquent que le risque d'accident est de :

Ces chiffres prennent encore plus de contraste si l'on raisonne en fonction de l'exposition au risque selon la durée du déplacement. Les statistiques doivent ici prendre en compte la durée moyenne d'un déplacement. Par exemple, le vélo, en moyenne trois fois plus rapide que la marche à pied, réduit le risque par rapport à celle-ci d'un facteur compris entre 2 et 3 pour une même distance, mais le risque reste sensiblement le même si la durée du déplacement est la même.

Risque dans les déplacements interurbains[modifier | modifier le code]

Globalement, on obtient les mêmes tendances que dans les déplacements urbains, avec un renforcement du risque pour les usagers dits faibles, les infrastructures n'étant pas conçues pour eux dans ce type de déplacements. Les transports en commun voient également leur niveau de risque augmenter, mais restent tout de même largement en dessous de celui de l'automobile.

Les autoroutes sont réputées sûres, et elles présentent effectivement un faible taux d'accident par km parcouru, mais le risque mortel relatif y est beaucoup plus élevé, sans doute en grande partie dû aux poids lourds qui doublent le risque en cas d'accident : 5,2 % d'accidents de poids lourd causent 13,1 % de fatalité[1].

Mortalité et morbidité des accidents[modifier | modifier le code]

L'accidentologie permet également de faire la part des choses entre le risque d'avoir un accident lors d'un déplacement, et le risque d'être blessé ou de périr lors d'un accident.

Ainsi, la mortalité est importante dans les déplacements en mode de transport motorisé individuel (automobile, moto) : elle représente nombre[réf. nécessaire] en France en 2014. Cependant, la morbidité de ces accidents est moins importante que celle des accidents d'avion, bien que ceux-ci tuent bien moins de personnes en moyenne par an.

Champs d'application[modifier | modifier le code]

Les études menées sur l'accidentologie des transports permettent :

  • de déterminer les moyens appropriés à mettre en œuvre en cas de drame ;
  • d'impulser des politiques de sécurité (routière, ferroviaire, aérienne, maritime), dans lesquelles on va chercher à modifier les comportements des opérateurs et des usagers ;
  • d'évaluer (parfois partiellement) les effets de telle ou telle politique ;
  • d'améliorer les véhicules par essai de choc.

Par exemple, en matière de sécurité routière, l'accidentologie des déplacements en automobile montre que la généralisation de l'usage de la ceinture de sécurité a permis de réduire de façon notable la mortalité des accidents, ou qu'une politique forte de réduction des vitesses en milieu urbain permet à la fois de réduire le nombre et la gravité des accidents. En revanche, en tant que telle, l'accidentologie ne permet pas toujours d'évaluer complètement les effets d'une mesure : l'expérience (en Espagne, en Australie) montre que la mise en place d'une mesure d'obligation du port du casque pour les cyclistes urbains ne réduit pas le nombre de traumatismes et leur gravité, mais qu'elle pénalisait en même temps le développement de la pratique de ce mode de transport, ce qui a des effets négatifs à long terme sur la santé publique (diminution de l'espérance de vie liée à un déficit d'activité physique de la population qui délaisse le vélo en raison de l'obligation du port du casque), non pris en compte par ce type d'études.[réf. nécessaire][2],[3]

Tableaux comparatifs d'accidentologie des différents moyens de transport (données sur l'Union européenne)[modifier | modifier le code]

Moyen de transport Passagers tués
par 100 millions de passagers-kilomètres
1999 2001-2002
Motocyclette/cyclomoteur 16 13,8
Déplacement pédestre 7,5 6,4
Bicyclette 6,3 5,4
Voiture 0,8 0,7
Navire transbordeur 0,33 0,25
Autobus et autocar 0,08 0,07
Air (aviation civile) 0,08 0,035
Train 0,04 0,050
Moyen de transport Passagers tués
par 100 millions de passagers-heures
1999 2001-2002
Motocyclette/cyclomoteur 500 440
Bicyclette 90 75
Déplacement pédestre 30 25
Voiture 30 25
Air (aviation civile) 36,5 16
Navire transbordeur 10,5 8
Train 3 3
Autobus et autocar 2 2

Source des deux tableaux :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sécurité Routière. Étude statistique des causes des accidents de la route : vitesse, alcool, voiture
  2. Marco Fortier, « Imposer le casque de vélo ne réduit pas les blessures », Le Devoir,‎ (ISSN 0319-0722, lire en ligne)
  3. D. L. Robinson, « Head injuries and bicycle helmet laws », Accident; Analysis and Prevention, vol. 28, no 4,‎ , p. 463–475 (ISSN 0001-4575, PMID 8870773, lire en ligne)