Accident de Millas

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Accident de Millas
Caractéristiques de l'accident
Date
Type Collision à un passage à niveau (PN)
Coordonnées 42° 41′ 08″ nord, 2° 42′ 16″ est
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil Rame automotrice Z 7369, autocar
Compagnie SNCF, Autocars Faur
Morts 6
Blessés 14

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Accident de Millas

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Accident de Millas

L'accident de Millas est une collision survenue le , sur un passage à niveau de la commune de Millas, dans le département français des Pyrénées-Orientales, entre un autocar transportant des collégiens et une rame automotrice TER, qui assure la liaison entre les gares de Villefranche - Vernet-les-Bains et de Perpignan. L'autocar est coupé en deux et le bilan à 30 jours est de six morts parmi les adolescents, sans compter les blessés.

Véhicules impliqués[modifier | modifier le code]

Le véhicule ferroviaire est une rame automotrice de la série Z 7300 (élément Z 7369[1]), assurant le service du TER n°877660, parti un peu plus tôt de la gare de Villefranche - Vernet-les-Bains.
Le véhicule routier est un autocar de transport scolaire[Note 1] Irisbus Récréo qui ramenait 23 élèves [2] depuis le collège Christian-Bourquin de Millas vers les communes voisines de Saint-Féliu-d'Amont et Saint-Féliu-d'Avall[3].

Circonstances[modifier | modifier le code]

Le jeudi 14 décembre 2017, l'accident s'est produit à 16 h 3[3], à un kilomètre environ de l'établissement scolaire, au passage à niveau automatique n°25 de la ligne de Perpignan à Villefranche - Vernet-les-Bains au lieu-dit Los Palaus dans la commune de Millas, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Perpignan[4] sur la route départementale 612 (nommée route de Thuir sur cette portion). Le TER roulant dans le sens ouest/est percute très violemment l'autocar scolaire qui roulait dans le sens sud/nord, le coupant en deux[5]. La rame n'a pas déraillé[5]. Le TER roulait à 75 km/h, en dessous de la vitesse autorisée sur cette portion de voie (100 km/h). Le car, lui, roulait à 12 km/h selon son chronotachygraphe[6]. La distance entre l'intersection à angle droit[7] entre la RD46, dite chemin du Ralet, d'où venait le car et la RD612, dite route de Thuir, sur laquelle il s'est engagé, et le passage à niveau n'est que de 23 mètres[8], cela exclut selon le procureur une vitesse excessive du car.

Le passage à niveau est équipé de deux demi-barrières. Après l'accident, la demi-barrière située en sens inverse de la marche de l'autocar est ouverte, ce qui correspond au fonctionnement normal d'un passage à niveau, les barrières se rouvrant une fois le véhicule ferroviaire passé ; la demi-barrière située dans le sens de la marche de l'autocar est brisée pour une raison que l'enquête cherche à élucider[9].

Intervention des secours[modifier | modifier le code]

Le plan Novi a été déclenché, ainsi que le plan blanc pour l'hôpital et la clinique Saint-Pierre, tous deux situés à Perpignan[5],[10].

Bilan[modifier | modifier le code]

Un bilan provisoire quelques heures après l'accident fait état de quatre adolescents tués[5] et de quatorze blessés graves dont la conductrice, cinq en « urgence absolue » et neuf autres en « urgence relative », tous passagers de l'autocar scolaire. Les 22 personnes présentes à bord de la rame sont toutes indemnes[5]. Le lendemain, le procureur annonce le décès d'une personne supplémentaire. Une sixième victime décède le 18 décembre[11].

Il s'agit du plus grave accident touchant un autocar scolaire en France depuis la collision entre un TER et un autocar de collégiens, survenue sur un passage à niveau à Mésinges, dans la commune d'Allinges (Haute-Savoie), le 2 juin 2008, et ayant fait 7 morts et 31 blessés[12].

Enquête[modifier | modifier le code]

Trois enquêtes ont lieu :

Une reconstitution a lieu le 19 décembre, avec un même modèle de car de la compagnie impliquée dans l'accident[8]. Cette reconstitution conduit à la mise en examen le 20 décembre 2017 de la conductrice de l'autocar pour homicides et blessures involontaires par imprudence[15]. Plusieurs familles de victimes se portent partie civile[16].

Plusieurs témoignages affirment que le car a forcé le passage à niveau et cassé la barrière alors que la conductrice soutient que la barrière était ouverte :

  • Selon la collégienne de quatrième assise à l'avant du car, « J'ai vu que la barrière était fermée. Le bus l'a poussée. Elle s'est cassée. Le bus a continué à rouler doucement. Le train rouge est arrivé à ce moment. Ensuite, je ne me souviens plus de rien. »[17],[18],[19] ;
  • Selon un témoin situé en face du car, « Le bus s'est engagé et on avait l'impression qu'il ne voyait pas que la barrière se pliait devant lui »[20] ;
  • Selon la conductrice, « Je tourne. J'engage la première [...] Là il faut aller doucement. Une fois le porte-à-faux bien dans l'axe, je ne risque pas de monter sur le terre-plein ou sur le panneau de signalisation et je réaccélère. Après ça il n'y a plus rien, plus de souvenir. (...) Je n'avais pas vu de train, je ne comprenais pas. »[21].

Enfin, il n'y aurait pas de trace de freinage, et des marques à l'avant du car pourraient indiquer un passage en force des barrières[22].

L’accident est survenu le jour de l'anniversaire de la mort du père de la conductrice[18]. Le décès de son père avait conduit la conductrice à prendre des médicaments pour dormir dont des traces de somnifères et d’anxiolytiques trouvées dans les analyses sanguines[19],[23].

L'enquête a également révélé que les enfants n'étaient pas attachés avec la ceinture de sécurité obligatoire depuis une directive européenne de 2003[24].

Réactions[modifier | modifier le code]

Le président de la république Emmanuel Macron a déclaré que « la mobilisation de l’État est totale pour leur porter secours ». Le premier ministre Édouard Philippe, en déplacement à Cahors le jour de l'accident, s'est rendu sur place dans la soirée, ainsi que le président de la SNCF Guillaume Pépy et le président de la SNCF Réseau, Patrick Jeantet. Pour le Premier ministre, présent sur place vers 20 h, le processus d'identification des victimes est « extrêmement difficile ». Du ministère de l'Éducation nationale, le ministre Jean-Michel Blanquer, a déclaré « c'est avec une immense tristesse que nous apprenons l'accident de bus scolaire de Millas. Mobilisation de tous les services de l'État ». Il se rend le lendemain dans le collège de Millas.

La ministre des Transports Élisabeth Borne présente vers 18 h a communiqué sa « très vive émotion suite au terrible accident »[25]. Selon elle, le passage à niveau n'était pas classé comme passage à niveau dangereux[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le car appartenait à la société autocariste A. Faur, une entreprise familiale basée à Toulouse et donc les deux activités principales sont le transport scolaire et le transport touristique (source: site Internet de l'entreprise)

Références[modifier | modifier le code]

  1. photographie de la motrice accidenté par Tian (journaliste) Twitter, consulté le 15 décembre 2017.
  2. "Millas : les barrières auraient été fermées, la conductrice du bus en garde à vue",ladepeche.fr, 20 décembre 2012.
  3. a et b « RECIT. "On a entendu le train donner plusieurs coups de klaxon" : jeudi, 16h03, un TER percute un bus scolaire à Millas », France info, 16 décembre 2017 (consulté le 18 décembre 2017).
  4. « Tragédie au passage à niveau à Millas : "C’est un spectacle d’horreur" », Le Parisien, 15 décembre 2017 (consulté le 16 décembre 2017).
  5. a, b, c, d, e et f « Le bilan du choc entre un autocar et un train à Millas bilan revu à la baisse à 4 morts », ladepeche.fr, 15 décembre 2017.
  6. « Collision de Millas : les barrières du passage à niveau "levées", selon la conductrice », Europe 1, 16 décembre 2017 (consulté le jour même).
  7. « Drame de Millas : l’enquête se focalise sur le trajet du bus », L'Indépendant, 20 décembre 2017 (consulté le 21 décembre 2017).
  8. a et b « Millas: les constatations vont "plutôt dans le sens d'une barrière fermée" », AFP, 19 décembre 2017 (consulté le 20 décembre 2017).
  9. « Collision mortelle à Millas : trois questions sur le passage à niveau pointé du doigt dans l'accident », sur francetvinfo.fr, (consulté le 16 décembre 2017)
  10. « Live : Quatre morts et une vingtaine de blessés dans une collision entre un car scolaire et un train », sur Le Monde, (consulté le 15 décembre 2017)
  11. « Collision à Millas : le bilan s'alourdit à six morts », RTL, 18 décembre 2017 (consulté le jour même).
  12. « Accident de bus scolaire à Millas: les précédentes tragédies impliquant des autocars », sur francesoir.fr, (consulté le 15 décembre 2017)
  13. « Accident de Millas : ce que l'on sait sur la collision entre un TER et un bus scolaire », sur francebleu.fr, (consulté le 15 décembre 2017)
  14. « Drame de Millas: le rapport interne de la SCNF dévoilé », La Dépêche du Midi, 31 décembre 2017 (consulté le jour même).
  15. « Millas: la conductrice du car mise en examen pour homicides et blessures involontaires par imprudence », BFM TV, 20 décembre 2017 (consulté le 21 décembre 2017).
  16. « Collision de Millas : deux familles se constituent partie civile », France info, 26 décembre 2017 (consulté le jour même).
  17. « Millas: Drame de Millas: une collégienne du bus affirme que la barrière était baissée », msn, 16 janvier 2018 (consulté le jour même)
  18. a et b « Drame de Millas : une collégienne assure que la barrière était baissée », Le Bien Public, 16 janvier 2018 (consulté le 17 janvier 2018).
  19. a et b « Drame de Millas : une jeune temoin de 13 ans affirme que la barriere était baissée », programme-tv.net, 16 janvier 2018 (consulté le 17 janvier 2018).
  20. « A Millas, un mois après : des témoignages contradictoires », La Dépêche, 14 janvier 2018 (consulté le 18 janvier 2018).
  21. « Millas : «Il n'y avait rien, ni voyant ni barrière», affirme la conductrice du bus », Le Parisien, 13 janvier 2018 (consulté le 18 janvier 2018).
  22. « Drame de Millas : un premier rapport de l'enquête accablant pour la conductrice de bus. », sur La tribune, 01.18
  23. « Drame de Millas. « Le bus a poussé » la barrière, selon une collégienne assise à l’avant », Ouest-France, 16 janvier 2018 (consulté le 18 janvier 2018).
  24. « Drame de Millas. Une passagère du car affirme que la barrière était baissée », Le Télégramme, 16 janvier 2018 (consulté le 18 janvier 2018).
  25. « Accident de Millas : les réactions des élus et des personnalités », sur francebleu.fr, (consulté le 15 décembre 2017)