Académie de Drevenich

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'Académie de Drevenich est une joyeuse société festive, érotique et littéraire française du XVIIIe siècle.

Elle fut créée par de jeunes officiers engagés dans la campagne militaire de 1760 dans le cadre de la guerre de Sept Ans.

Elle tire son nom de Drevenich, lieu situé près de la ville de Wesel où les Français avait établi un camp militaire[1].

Description de l'Académie[modifier | modifier le code]

Arthur Dinaux écrit[2]:

DREVENICH (Académie de), 1760. Espèce d'Académie joyeuse, érotique et littéraire, fondée, dans le siècle dernier, par plusieurs jeunes officiers appartenant aux premières familles de la noblesse française, et parmi lesquels on comptait MM. de Bissy, de Thiard, de Sarsfield, de Lujeac, de Fronsac, de Besenval et de Monteil. Ces académiciens jeunes et gais improvisaient dans leurs séances des pièces galantes et même un peu libres, qu'ils envoyaient tous les jours au marquis de Ségur, fait prisonnier pendant la campagne de 1760[3]. Ces pièces étaient ornées de dessins exécutés d'une manière fort ingénieuse par M. de Besenval.
Un manuscrit in-folio de 466 pages avec 52 dessins et 2 plans est au catalogue Soleinne, tome III, n° 3857. Ce recueil des ouvrages de l'Académie de Drevenich contenait la conversation de M. le baron de Besenval avec une dame de Wesel[4] ; premier acte d'une comédie anciclopédique (sic) par M. le comte de Thiard ; Socrate et Gassendi, dialogue platonicien par M. de Bissy ; dialogue entre plusieurs personnages considérables au camp de Drevenich par le chevalier de Sarsfield (ce Sarsfield est peut-être Jacques-Hyacinthe, vicomte de Sarsfield, lieutenant-général des armées du roi, commandant pour Sa Majesté dans les provinces de Hainaut et de Cambrésis, mort à Paris le 6 décembre 1786, et ramené à Valenciennes pour être inhumé dans le cimetière de Saint-Nicolas, non loin de son épouse, Marie de Lévis, morte en cette ville le 5 janvier 1781, âgée de 45 ans) ; parodie (libre) d'une scène de Mithridate par M. de Thiard, etc.
M. de Besenval était membre honoraire de l'Académie de peinture et dessinait très-bien ; il était impossible de ne pas rire aux larmes en voyant les dessins qu'il fit pour le recueil des Mémoires de l'Académie de Drevenich, tant ils ont d'esprit et d'originalité. C'est du Granville très-décolleté. Nous ignorons ce qu'est devenu ce manuscrit ; il ne fut point mis aux enchères, et on assure que les ouvrages libres (parmi lesquels il figurait) faisant partie de la bibliothèque Soleinne, ont été détruits par les héritiers de ce bibliophile.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir à ce propos : The London magazine, or, Gentleman's monthly intelligencer, volume 33, page 148, par Isaac Kimber, Edward Kimber.
  2. Arthur Dinaux Les sociétés badines, bachiques, littéraires et chantantes, leur histoire et leurs travaux, Bachelin-Deflorenne, Paris 1867, pages 247-248.
  3. Le marquis de Ségur fut fait prisonnier durant la Guerre de Sept Ans à la bataille de Clostercamp qui eut lieu les 15 et 16 octobre 1760.
  4. Wesel est une ville située à proximité du champ de bataille de Clostercamp.

Source[modifier | modifier le code]

  • Arthur Dinaux Les sociétés badines, bachiques, littéraires et chantantes, leur histoire et leurs travaux, Bachelin-Deflorenne, Paris 1867.