Abraham Breguet

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Abraham-Louis Breguet
Description de l'image Abraham Louis Breguet 02.jpg.
Nom de naissance Abraham Louis Breguet
Naissance
Neuchâtel
Décès (à 76 ans)
Paris
Nationalité Française
Profession
Famille
Breguet

Abraham-Louis Breguet[1], né à Neuchâtel le et mort à Paris le , est un horloger et physicien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né en 1747 à Neuchâtel de parents huguenots, son ancêtre Jean Breguet mort en 1593 était prêtre en Suisse au XVIème siècle et fut très fortement influencé par les idées de Jean Calvin. Breguet ne révèle, de prime abord, aucune disposition particulière. Lors de sa quinzième année, il est placé en apprentissage d’horlogerie par son beau-père, lui-même horloger, aux Verrières, dans le Val-de-Travers. Il perd ensuite sa mère et son beau père, et se voit chargé de pourvoir à l’existence de sa sœur aînée[2].

Abraham-Louis poursuit ensuite sa formation à Versailles et y reste dix années. Durant celles-ci, il rencontre Ferdinand Berthoud et Jean-Antoine Lépine qui lui enseignent l’art de l’horlogerie. Après avoir longuement étudié dans ce domaine, il fonde en 1775 la maison d’horlogerie Breguet à Paris. Il s'installe à son compte 39, quai de l'Horloge, sur l'île de la Cité[3]. Cinq ans plus tard, il est connu au niveau international grâce à ses fabuleuses inventions et perfectionnements apportés sur des montres alors déjà inventées[2].

Il perfectionne les montres perpétuelles qui se remontent toutes seules par le mouvement qu’on leur imprime en marchant, invente des ressorts-timbres, des cadratures de répétition, des échappements de toutes sortes, d’une délicatesse et d’une précision inouïes jusqu’alors, et emploie le premier les rubis en horlogerie pour les parties frottantes. Il est le concepteur de la montre-bracelet, en 1812, et du mécanisme tourbillon.

Cet habile mécanicien dans l’art de l’horlogerie devint alors rapidement un maître dans son art, inventant et fabriquant des instruments scientifiques pour les physiciens et les astronomes. Il enrichit la science d’un grand nombre de chronomètres, de pendules astronomiques, d’horloges marines et de thermomètres métalliques. L’établissement commercial qu’il fonda fut bientôt célèbre. On raconte qu’un des premiers artistes de l’Angleterre en ce genre, Arnold, ayant eu l’occasion de voir un des ouvrages sortis de ses mains, conçut de lui une telle estime qu’il fit exprès le voyage de Paris pour venir lui rendre hommage. Les deux rivaux se lièrent d’amitié et Breguet confia à son nouvel ami son fils Louis qui promettait de marcher sur leurs traces.

Breguet devient maître horloger en 1784. Cinq ans plus tard, dans un climat de terreur consécutif à la Révolution française, Marat, un ami d’Abraham-Louis, conseille à ce dernier de quitter la France. Ce dernier avait effectivement été fournisseur à la cour de la reine. Breguet se réfugie donc en Suisse. Il y reste durant trois ans et s’établit tour à tour dans les villes de Genève, de Fribourg et du Locle. Abraham-Louis revient à Paris en 1792 après avoir acquis la citoyenneté française. La maison Breguet est alors à son plus haut niveau grâce à son succès commercial[4].

Buste de Breguet
au cimetière du Père-Lachaise.

Dès lors, toute sa carrière ne fut plus qu’une longue suite d’inventions et de perfectionnements. « II a porté à un degré extraordinaire l’art le plus difficile peut-être, et sans doute l’un des plus importants que l’industrie humaine ait produits, celui de mesurer le temps avec précision. Il a enrichi d’une multitude de procédés nouveaux le commerce de l’horlogerie, la navigation, l’astronomie et la physique. […] M. Breguet a perfectionné successivement toutes les branches de son art. Les plus importantes sont celles qui lui doivent le plus de progrès, et ce qui est remarquable, elles ont reçu de lui presque toujours une simplicité inattendue[5]. »

En 1810, il fabrique la première montre bracelet qu’il vend en 1812 à Caroline Murat, alors reine consort de Naples[6].

Après la mort de Berthoud, Breguet fut choisi pour le remplacer comme horloger de la marine, et le Bureau des longitudes l’admit au nombre de ses membres. Puis, par ordonnance royale de 1816, il prit place à l’Académie des sciences, section de mécanique. Il était également chevalier de la Légion d'honneur.

Lorsque la mort le surprit, Breguet s’occupait d’un grand travail sur l’horlogerie : la rédaction d'un traité d'horlogerie en deux sections : "L'horlogerie dite civile" et "L'horlogerie à usage des sciences".[Lequel ?][7] Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

La maison Breguet est alors reprise par son fils Antoine-Louis[6]. À la suite d'une faillite en 1987, la prestigieuse maison est rachetée par Investors Corporation puis par Swatch Group en 1999, elle est depuis délocalisée à L'Abbaye, village de la vallée de Joux dans le canton de Vaud en Suisse en lieu et place de la défunte Nouvelle Lémania.

Marie-Antoinette, Napoléon, Talleyrand, l’impératrice Joséphine, la reine Victoria et Winston Churchill, entre autres, possédèrent des montres Breguet[8].


Son petit-fils, Louis Breguet, participa avec Antoine Masson à la réalisation d’une bobine d’induction perfectionnée par Heinrich Daniel Ruhmkorff (bobine de Ruhmkorff).

Inventions[modifier | modifier le code]

Thermomètre entièrement métallique de Breguet, remarquable par sa grande sensibilité.

De toutes les inventions d’Abraham-Louis, nous présenterons principalement celles relatives aux montres, bien que celui-ci ait également découvert de nombreux mécanismes pour les chronomètres et les pendules. Il fabrique tout d’abord des montres qu’il qualifie de « simples ». En effet, celles-ci ne sont pas munies de complications mécaniques ou de prétention chronométrique[9].

Il développe d’autre part des montres à tact qui possèdent une aiguille à l’extérieur de leur boite et douze boulons répartis autour d’elle. Lorsque l’on pousse l’aiguille jusqu’à ce qu’elle se bloque automatiquement, le positionnement de cette dernière par rapport aux douze boulons détermine l’heure[9].

En 1783, il invente le ressort-timbre pour les montres à répétition[6].

En 1790, il dévoile un dispositif anti-choc « pare-chute »[10].

En 1795, il invente un spiral, dit « spiral Breguet » dont la courbe terminale se trouve sur un plan différent afin que ce spiral se développe concentriquement[10],[11].

Breguet est avant tout connu, pour avoir inventé le Tourbillon. Cette invention est déposé en 1801 mais n'est dévoilé au public qu’en 1806. Le tourbillon est le nom donné à un mécanisme qui permet d’équilibrer les différentes pièces qui se trouvent dans une montre. En effet, avant cette fabuleuse invention, le balancier et le spiral de la montre subissent des défauts chronométrique à cause de l'influence de la gravité sur la roue d'échappement, qui reste dans une position fixe dans une montre de poche portée verticalement. Pour résoudre ce problème il fallait que « le centre de gravité du système balancier-spiral soit au centre de rotation et s'y maintienne pendant les oscillations »[12]. Breguet trouve une solution à ce problème lors d’un séjour en Suisse. Il invente un mécanisme qui impose une rotation à l’ensemble échappement-balancier, ce qui l’oblige à prendre toutes les positions, ceci en plus de compenser la gravité, permettrait également d'améliorer la lubrification en évitant que les huiles ne se figent. La rotation du Tourbillon de A.L Breguet est alors d’un tour par minute[12]. Depuis 1801 le mécanisme a été amélioré par de nombreuses maison d'horlogerie, on pourrait penser au Quadruple Tourbillon de Greubel Forsey ou au Gyrotourbillon de Jeager-leCoultre ou au tourbillon Tri-axial de Thomas Prescher.

Breguet est connu notamment pour avoir amélioré le remontage automatique, en répartissant le couple de la masse oscillante sur deux barillets[13], ce qui permet d'éviter l'usure. Mais l'inventeur de la montre automatique, est selon les sources, divergentes, soit Perellet, soit plus probablement Sarton. Le fonctionnement de la montre automatique est le suivant, il faut simplement que celui qui la porte marche. Son mécanisme est en effet pourvu d'une masse ou « rotor » qui par l'intermédiaire d'un rouage démultiplicateur remonte le ressort moteur de la montre au moindre geste de son porteur. Cette montre, appelée perpétuelle, est un énorme succès. Un inconnu fit la commande d'une montre extrêmement sophistiquée pour La Reine de France Marie-Antoinette. Mais celle-ci ne vit jamais la Breguet Numéro 160 appelée aussi La « Marie-Antoinette ». Le Duc d’Orléans[Lequel ?] en possédait également. Parmi les clients célèbres de Breguet, nous pouvons encore citer le roi Louis XVI[14].

Notes et références[15][modifier | modifier le code]

  1. Son nom s’écrit sans accent aigu ainsi que toutes les montres signées Breguet, depuis le début, mais on prononce généralement « bréguet » ; voir Chronologie
  2. a et b http://www.lacotedesmontres.com/la-saga-des-montres-breguet-No_209.htm
  3. Chronologie
  4. Alfred Chapuis (avec la collaboration de Claude Breguet), A.-L. Breguet pendant la Révolution, édition du Griffon, p. 27-28
  5. M. Fourier, Éloge lu à l’Académie des sciences, 5 juin 1826.
  6. a, b et c http://www.lacotedesmontres.com/L-histoire-des-montres-Breguet-No_106.htm
  7. sous la direction de E; Breguet, N. Minder et R. De Pierri, Agraham-Louis Breguet L'horlogerie à la conquête du monde, SOMOGY éditions d'art et Louvres éditions,‎ , 271 p. (ISBN 978-2-7572-0434-4, [page%20260 lire en ligne])
  8. Site de Breguet, clients célèbres.
  9. a et b Daniels, p. 17
  10. a et b Abraham Louis Breguet sur hautehorlogerie.com.
  11. « Spiral plat coudé ou Bréguet », sur hautehorlogerie.org (consulté le 27 octobre 2012)
  12. a et b Tourbillon sur horlogerie-suisse.com.
  13. "La montre à remontage automatique", Jean Claude Sabrier, Édition Cercle d'Art.
  14. George Daniels, «L’œuvre d’Abraham-Louis Breguet» dans Catalogue de l’exposition organisée au Musée International d’Horlogerie à La Chaud-de-Fonds – Suisse, du 15 au 20 septembre 1976, Musée international de l’Horlogerie, 1976, p. 5.
  15. http://www.ancienne-horlogerie.com/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Céline Borello, « Abraham-Louis Breguet », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 460-461 (ISBN 978-2846211901)
  • Emmanuel Breguet, Breguet horloger depuis 1775, vie et postérité d'Abraham-Louis Breguet (1747-1823), Paris, éd. Alain de Gourcuff, 1997, rééd. 2001 (ISBN 978-2-909838-17-5)
  • Emmanuel Breguet, Nicole Minder et Rodolphe de Pierri, Abraham-Louis Breguet. L'horlogerie à la conquête du monde, Paris, Somogy, 2011 (ISBN 978-2-7572-0267-8)
  • E. Haag, La France protestante, t. III, Paris, Librairie Sandoz et Fischbacher, 1881, p. 100. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, ou Supplément annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, 4e année, 1823, Paris : Ponthieu, 1824, p. 24-30 [1]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]