Abou Mohammed al-Joulani

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Abou Mohammed al-Joulani
Nom de naissance Ahmed Hussein al-Shara
Naissance 1984 (32-33 ans)
Deraa
Origine Syrien
Allégeance Flag of al-Qaeda in Iraq.svg Al-Qaïda en Irak
(2003-2006)
Flag of the Islamic State of Iraq and the Levant2.svg État islamique d'Irak
(2006-2012)
Flag of the Al-Nusra Front.svg Front al-Nosra (2012-2016)
Flag of Jabhat Fatah al-Sham.svg Front Fatah al-Sham (2016-2017)
Flag of Hayat Tahrir al-Sham.svg Hayat Tahrir al-Cham (depuis 2017)
Grade Émir
Conflits Guerre d'Irak
Guerre civile syrienne
Commandement Front Fatah al-Sham

Abou Mohammed al-Joulani (de l'arabe:أبو محمد الجولاني), s’écrit aussi comme al-Joulani, al-Jolani, al-Jawlani et al-Golani, nom de guerre d'Ahmed Hussein al-Shara, né en 1984 à Deraa[1],[2], est un djihadiste syrien. Il est le fondateur du Front al-Nosra.

Al-Joulani est désigné par les États-Unis comme un « terroriste mondial spécialement désigné » le 16 mai 2013[3].

Peu de choses sont connues de Abou Mohammad al-Joulani, qui est son nom de guerre[4]. L’appellation a-Joulani est une référence au plateau du Golan syrien, occupé par Israël depuis la guerre de 1967[5]. al-Julani déclare le 28 septembre 2014 dans un enregistrement audio qu'il combattra les « États-Unis et ses alliés » et encourage ses combattants à ne pas accepter une aide de l'Occident dans leur bataille contre l'organisation de l'État Islamique[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et la guerre d'Irak[modifier | modifier le code]

Al-Julani est né à Al-Shahil, près de Deir ez-Zor en Syrie[7]. Sa famille est originaire de la province d'Idlib, avant de s'installer à Deir ez-Zor. Après avoir fini son éducation formelle, il est accepté en médecine à l'Université de Damas, ou il étudia pendant deux ans, avant de partir en Irak lors de sa troisième année académique[8].

Une fois que al-Joulani finit par aller en Irak pour combattre les troupes américaines après l’invasion de l'Irak en 2003, il gravit rapidement les échelons de al-Qaeda, et aurait été un associé proche de Abu Musab al-Zarqawi, le dirigeant jordanien de la branche d'Al-Qaïda en Irak. al-Julani quitta l'Irak à la suite de la mort de al-Zarqawi lors d'une frappe aérienne américaine en 2006, et il s'installera brièvement au Liban, dans le but d'offrir un support logistique au groupe Jund al-Sham, qui suit aussi l'idéologie d'al-Qaeda. Il retourne ensuite en Irak pour continuer de combattre mais il est arrêté par les forces militaires américaines qui l'envoya au Camp Bucca à proximité de la frontière du Kuwait, au sud de l'Irak. Dans ce camp, où les forces militaires américaines détiennent des dizaines de milliers de détenus suspectés d'être des militants, il enseigne l'arabe classique aux prisonniers[4].

al-Julani reprend ses activités militantes une fois libéré du Camp Bucca en 2008, cette fois-ci avec Abou Omar al-Baghdadi, le dirigeant de l'État Islamique d'Irak. Il fut ensuite nommé à la tête des opérations de l'EII dans la province du Ninive[4].

Guerre civile syrienne[modifier | modifier le code]

Manifestations syriennes et fondation de al-Nosra[modifier | modifier le code]

Quelque temps après le début des manifestations contre le pouvoir baassiste dirigé par Bachar el-Assad, al-Joulani se dirige sur le territoire syrien. Grandement supporté par al-Baghdadi, il forme le Front al-Nosra dont la fondation est officiellement annoncée en janvier 2012. al-Joulani se déclare émir général du Front al-Nosra. A sa tête, al-Nosra se développe et grandit pour devenir l'une des plus puissantes organisations rebelles en Syrie[4].

Montée de l'EIIL[modifier | modifier le code]

Al-Joulani gagne beaucoup plus d'importance en avril 2013, lorsqu'il rejette une tentative de prise de contrôle du Front al-Nosra par al-Baghdadi. Al-Joulani en effet commença à garder ses distances avec ce dernier lorsque al-Baghdadi annonça que les deux groupes fusionneront pour former une organisation au nom de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Ainsi, il rejette l'annonce de al-Baghdadi et prêta allégeance cette fois-ci directement au dirigeant de al-Qaïda, Ayman al-Zawahri. al-Joulani annonça après "Nous vous informons que ni le commandement d'al-Nosra ni son conseil consultatif, ni son dirigeant général sont au courant de cette annonce."[9] En juin 2013, Al Jazeera English reporte qu'ils ont reçu une lettre écrite par l'émir de al-Qaeda, Ayman Al-Zawahiri, adressée à la fois à Abou Bakr al-Baghdadi et Abou Mohammad al-Joulani, dans laquelle il se déclare contre la fusion des deux groupes et nomme un émissaire pour superviser les relations entre les deux organisations et diminuer les tensions entre eux, il déclare aussi qu'Al-Qaïda en Syrie gardera Jabhat al-Nosra comme nom[10]. Le même mois, un message audio de Abu Bakr al-Baghdadi est diffusé où ce dernier rejette officiellement la souveraineté de al-Zawahiri et déclare que la fusion entre les deux organisations pour former l'État Islamique en Irak au Levant ira en avant. Ainsi commence les hostilités entre le Front al-Nosra et l'EIIL pour le contrôle du territoire syrien[11].

Malgré quelques frictions avec quelques groupes rebelles de l'Armée syrienne libre , Jabhat al-Nusra va combattre avec eux contre le régime de Bachar. Le groupe est plus populaire que l'EIIL en Syrie, qui est en grande partie composé de combattants étrangers et qui est critiqué pour sa brutalité et sa volonté d'imposer une version stricte des lois islamiques dans les zones contrôlées. al-Nusra, en revanche, est composé principalement de syriens, et beaucoup d'entre eux ont déjà combattu les forces américaines en Irak[4].

En mai 2013, al-Joulani est blessé au pied lors d'un bombardement de l'armée syrienne au sud de la province de Damas[12]. L'information, lancée par l'OSDH, est cependant démentie par le Front al-Nosra[13].

Résurgence de al-Nosra[modifier | modifier le code]

En mai 2015, durant la guerre civile syrienne, al-Joulani est interviewé, visage caché, par Ahmed Mansour, un journaliste de la chaîne qatarie Aljazeera. Il décrit la conférence de paix de Genève comme une farce et affirme que la Coalition nationale syrienne soutenue par l'Occident ne représente en aucun cas le peuple syrien et n'a aucune présence en Syrie. Al-Julani mentionne que al-Nusra n'a pas l'intention de lancer des attaques contre l'occident depuis la Syrie, et que leur priorité est focalisée sur le régime syrien, le Hezbollah, et l'État Islamique de l'Irak et du Levant. Al-Julani déclara que "le Front al-Nusra n'a aucun plan ni directive pour cibler l'occident. Nous avons reçu des ordres clairs de Ayman al-Zawahiri pour ne pas utiliser la Syrie comme une rampe de lancement pour attaquer les États-Unis ou l'Europe afin de ne pas saboter notre véritable mission qui est de combattre le régime. Peut-être que al-Quaeda fait cela mais il ne le fera pas depuis la Syrie. "[14]

Quand il fut questionné sur les ambitions d'al-Nosra après la guerre civile, al-Joulani répondit qu'après la guerre, toutes les factions rebelles seront consultées pour établir un État islamique. Il mentionne aussi que al-Nosra ne ciblera pas la minorité alaouite du pays, en dépit de leur soutien au régime de al-Assad. « Notre guerre n'est pas une question de vengeance contre les Alaouites malgré le fait que dans l'islam, ils sont considérés comme hérétiques. »[14] al-Joulani ajouta également que les Alaouites resteront isolés tant qu'ils n'abandonneront pas les éléments de leur foi qui contredisent l'islam[15] .

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]