Ablon

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Ablon
Ablon
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Arrondissement Lisieux
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Honfleur-Beuzeville
Maire
Mandat
Xavier Canu
2020-2026
Code postal 14600
Code commune 14001
Démographie
Gentilé Ablonnais, Ablonnaises
Population
municipale
1 198 hab. (2018 en diminution de 1,07 % par rapport à 2013)
Densité 100 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 23′ 39″ nord, 0° 17′ 48″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 118 m
Superficie 12,00 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Honfleur
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Honfleur-Deauville
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Liens
Site web ablon.fr

Ablon est une commune française, située dans le département du Calvados, en région Normandie, peuplée de 1 198 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est située au nord-ouest du Calvados, à cinq kilomètres de Honfleur, dans le pays d'Auge, dans la vallée de l'Orange.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Ablon est une commune rurale[Note 2],[1]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[2],[3]. Elle appartient à l'unité urbaine de Honfleur, une agglomération inter-départementale regroupant 12 communes[4] et 21 768 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue[5],[6].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Honfleur, dont elle est une commune de la couronne[Note 3]. Cette aire, qui regroupe 11 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[7],[8].

La commune, bordée par la baie de Seine, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[9]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme par exemple le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit[10],[11].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (72,8 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (77 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (52,5 %), forêts (22,2 %), terres arables (18,1 %), zones urbanisées (4,7 %), zones agricoles hétérogènes (2,2 %), eaux maritimes (0,2 %)[12].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[13].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Eblelont (sans date)[14] et Abelon en 1180[15] ou/et en 1198[16].

Selon Jean Renaud, si la forme ancienne qu'il cite est juste, il s'agit d'un ancien Epli-lundr, composé toponymique norrois signifiant « verger de pommier, pommeraie » et il est dans ce cas homonyme de Yébleron (Seine-Maritime), l'ancien scandinave lundr « verger, bois » a régulièrement abouti à -lon comme deuxième élément d'un toponyme (cf. Bouquelon, Écaquelon, Yquelon, etc.). René Lepelley, qui ne cite pas de forme ancienne, mais qui connaissait certainement celle de 1180, penche pour un nom de personne germanique Abilo, suivi du suffixe -o/-one de présence. Cependant, François de Beaurepaire fait remarquer que l'emploi du suffixe -o(ne) est inusuel avec un anthroponyme germanique. Ernest Nègre propose le nom de personne germanique Abilo pris absolument, en conformité avec la forme ancienne qu'il cite. L'emploi d'un nom de personne unique sans suffixe, ni appellatif est exceptionnelle dans la toponymie normande.

La localisation d'Ablon dans la zone de répartition de la toponymie scandinave et le fait que lundr ait régulièrement abouti à -lon en fin de mot, font préférer une hypothèse norroise. En outre, si l'on exclut la forme non datée donnée par Jean Renaud, il n'est guère étonnant qu’Abelon de 1180 ne comporte pas de t final car à l'époque il n'était plus articulé comme en témoignent d'ailleurs Bouquelon (Eure, Bochelon en 1180), homonyme du Bouquelon (Seine-Maritime, Boos, Bouquelont en 1198) ou Yquelon (Manche, Ichelon en 1180), homonyme d'Iclon (Seine-Maritime, Angiens, Ichelunt en 1088).

En outre, il existe une ancienne commune jouxtant Ablon, nommée Ableville qui représente peut-être un ancien *Ab(b)eville, toponyme répandu en Normandie, où l'on rencontre également Abbetot (anciennement Abetot), formé avec l'appellatif tot d'origine scandinave. L'élément Abe- représente le nom de personne germanique Abbo encore utilisé au Moyen Âge sous la forme Abbon ou son correspondant scandinave Abbi, forme hypocoristique d’Ábiǫrn[17]. Un [l] postiche aura été ajouté par analogie avec Ablon ou de manière spontanée comme dans Hableville à Senneville-sur-Fécamp (anciennement Habeville). Ableville et Ablon formeraient donc une paire toponymique comme on l'observe pour Crémanville et Crémanfleur à côté, ainsi que Honnaville et Honfleur dans les environs. Par ailleurs avec -lon (-lundr), se trouvent Étoupeville (Manche, Sotteville, Estobavilla 1093) et son bois d’Étoublon (Stobelont vers 1000) ou encore Acqueville (Calvados, Achevilla 1190) et Achelunda (1070 - 79), etc.

Si la forme Abelon est la seule correcte, il s'agirait alors d'un « bois d'Abbon ».

L'homophonie et l'homographie avec Ablon-sur-Seine sont sans doute fortuites.

Le gentilé est Ablonnais[18].

Histoire[modifier | modifier le code]

À la veille de la Révolution, Louis-Jean-Baptiste de Brévedent est seigneur d'Ablon. En 1809, Ablon s'agrandit par la réunion avec deux autres communes : Crémanville et Ableville.

Ablon fut également le siège de la dynamiterie Nobel[19] de 1879 à 1989. Elle cessa son activité après une forte explosion qui tua cinq personnes, dont le directeur de l'usine, et en blessa huit autres le . Des vitrines furent brisées jusqu'à Honfleur, située pourtant à plus d'un kilomètre de là[20],[21].

Depuis 2004, une épicerie-bar-point poste et une nouvelle école primaire ont été construites.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 2008 Christian Trocque UMP  
2008 En cours Xavier Canu DVD Infirmier
Réélu en 2014[22]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Lors des élections européennes de 2019, le taux de participation d’Ablon est supérieur à la moyenne (57,46% contre 50,12% au niveau national). La liste du Rassemblement National arrive en tête avec 30,49% des suffrages, contre 23,31% au niveau national. La liste de la République en Marche obtient 21,02% des voix, contre 22,41% au niveau national. La liste d’Europe Écologie les Verts réalise un score de 10,42% des votes, contre 13,48% au niveau national. La liste des Républicains fait un score de 6,82% des suffrages, contre 8,48% au niveau national. La liste de la France Insoumise et celle de Debout La France arrivent ex-aequo avec 5,30% des voix, contre respectivement 6,31% et 3,51% au niveau national. Les autres listes obtiennent des scores inférieurs à 5%[23].

Le résultat de l'élection présidentielle de 2012 dans cette commune est le suivant[24] :

Candidat Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Eva Joly (EÉLV) 13 1,66
Marine Le Pen (FN) 171 21,84
Nicolas Sarkozy (UMP) 230 29,37 403 55,89
Jean-Luc Mélenchon (FG) 60 7,66
Philippe Poutou (NPA) 8 1,02
Nathalie Arthaud (LO) 2 0,26
Jacques Cheminade (SP) 4 0,51
François Bayrou (MoDem) 95 12,13
Nicolas Dupont-Aignan (DLR) 38 4,85
François Hollande (PS) 162 20,69 318 44,11
Inscrits 901 100,00 901 100,00
Abstentions 107 11,88 129 14,32
Votants 794 88,12 772 85,68
Blancs et nuls 11 1,39 51 6,61
Exprimés 783 98,61 721 93,39

Le résultat de l'élection présidentielle de 2017 dans cette commune est le suivant[25] :

Candidat Premier tour Deuxième tour
% Voix % Voix
Nicolas Dupont-Aignan (DLF) 7,17 56
Marine Le Pen (FN) 26,12 204 39,59 270
Emmanuel Macron (EM) 22,02 172 60,41 412
Benoît Hamon (PS) 4,35 34
Nathalie Arthaud (LO) 0,64 5
Philippe Poutou (NPA) 2,05 16
Jacques Cheminade (SP) 0,13 1
Jean Lassalle (R) 0,77 6
Jean-Luc Mélenchon (LFI) 15,24 119
François Asselineau (UPR) 0,90 7
François Fillon (LR) 20,61 161
Inscrits 928 100,00 928 100,00
Abstentions 134 14,44 155 16,70
Votants 794 85,56 773 83,30
Blancs 11 1,39 73 9,44
Nuls 2 0,25 18 2,33
Exprimés 781 98,36 682 88,23

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[26]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[27].

En 2018, la commune comptait 1 198 habitants[Note 4], en diminution de 1,07 % par rapport à 2013 (Calvados : +0,6 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
324259332982901738702702721
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
660719660638628650660740757
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
803741760728772741775841813
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
8528668388809401 0471 1451 1601 175
2013 2018 - - - - - - -
1 2111 198-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2006[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre-ès-Liens.
  • Château d'Ablon XVIIIe, tour XIVe.
  • Église Saint-Pierre-ès-Liens XVe-XVIe siècles.
  • Ferme-manoir de la Houssaye.
  • Moulin d'Ablon, sur la Morelle, appartenant à Letellier de Brothonne en 1849.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2018, légale en 2021.
  2. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  3. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en celle d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 24 mars 2021).
  2. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le 24 mars 2021).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 24 mars 2021).
  4. « Unité urbaine 2020 de Honfleur », sur https://www.insee.fr/ (consulté le 24 mars 2021).
  5. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le 24 mars 2021).
  6. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le 24 mars 2021).
  7. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le 24 mars 2021).
  8. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le 24 mars 2021).
  9. « Les communes soumises à la loi littoral. », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr, (consulté le 24 mars 2021).
  10. « La loi littoral », sur www.collectivites-locales.gouv.fr (consulté le 24 mars 2021).
  11. « Loi relative à l’aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral. », sur www.cohesion-territoires.gouv.fr (consulté le 24 mars 2021).
  12. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 13 mai 2021)
  13. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 13 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  14. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie. Dictionnaire des toponymes d'origine scandinave en Normandie, éditions OREP, 2009 (ISBN 978-2-915762-89-1)
  15. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Droz, Genève, Ch. IV, p. 825, no 14261 [1]
  16. Citée dans les Archives de l'Échiquier de Normandie.
  17. Abbi sur Nordic Names (lire en anglais) [2]
  18. Gentilé sur le site habitants.fr, consulté le 25 août 2008.
  19. « Usine de produits explosifs », notice no IA14000758, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  20. Fiche d'accident sur la base ARIA
  21. Fiche d'accident détaillée sur la base ARIA.
  22. « Résultats de l'élection municipale de 2014 à Ablon », sur https://www.ouest-france.fr (consulté le 31 juillet 2014)
  23. « Ablon : Découvrez les résultats des élections Européennes 2019 », sur LCI (consulté le 15 août 2019)
  24. Ministère de l'Intérieur - Calvados (Basse-Normandie), « Résultats de l'élection présidentielle de 2012 à Ablon » (consulté le 23 juin 2014)
  25. Ministère de l'Intérieur - Calvados (Normandie), « Résultats de l'élection présidentielle de 2017 à Ablon » (consulté le 28 mai 2017)
  26. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  27. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  28. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  29. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.