Abigail Child

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Abigail Child, née en 1948 à Newark, est une cinéaste, poétesse et écrivaine américaine, active dans l’écriture et le cinéma expérimentaux depuis les années 1970[1].

Elle a réalisé plus de quarante films, vidéos et installations, ainsi que six livres. Child est une pionnière dans le domaine du montage et dès ses débuts, son œuvre filmique a touché à l’interaction entre son et image à travers la reformulation de discontinuités narratives. Ceci a préfiguré plusieurs thématiques dans les domaines filmiques et littéraires contemporains.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière académique[modifier | modifier le code]

En 1968, Abigail Child obtient son diplôme du Radcliffe College à l'Université d'Harvard en histoire et en littérature[1]. Elle reçoit la bourse Guggenheim dans le champ des études cinématographiques[1],[2]. Elle enseigne par la suite dans plusieurs universités dont l'Université de New York, le Massachusetts College of Art et le Hampshire College[3]. Elle occupe la chaire du département du film et du cinéma d'animation à la School of the Museum of Fine Arts, Boston depuis 2000[3] et obtient, de plus, une bourse de recherche au Radcliffe Institute for Advanced Study.

En 2009, elle obtient le Prix de Rome américain[4].

Films, écriture et poésie[modifier | modifier le code]

Child commence à réaliser des films dans les années 1970, produisant sept documentaires indépendants, tous tournés en 16mm.[1] Dès le milieu des années 1970, elle se tourne vers le montage expérimental. Dans les années 1980, son travail explore le genre, ainsi que les stratégies narratives, dans le but de les modifier.[5] Is This What You Were Born For ? est un film expérimental majeur de cette période qu'Abigail Child a mis neuf ans à réaliser. Il inclut des classiques du genre tels que « Mayhem » et « Covert Action »[6],[7],[8]. Dans les années 1990, Abigail Child interroge les espaces publics, en lien avec sa recherche poétique d'une part, mais aussi au niveau cinématographique avec des films tels que « B/side » (1996), qui traite de la question des sans-abris en milieu urbain dans le Lower East Side new yorkais, ou encore « Below the New : A Russian Chronicle » (1999), filmé quant à lui dans la ville de Saint-Petersbourg[9],[10],[11].

Au cours du XXIe siècle, l'art vidéo d'Abigail Child explore aussi bien l’histoire que la mémoire, mais aussi les questions culturelles – la politique de l'espace et l’identité. Certaines de ses œuvres digitales telles que Cake + Steak (2004) ou The Future Is Behind You (2005) prennent une tournure mélodramatique en étudiant la vie quotidienne. Abigail Child exploite souvent des found footage dans le but d'examiner une vision du passé . « Mirror World » (2006) est une installation à écrans multiples qui incorpore des épisodes de sa série « foreign film » afin d'étudier les excès narratifs. Ces œuvres clés comprennent « Surface Noise » (2000), « Dark Dark » (2001), « Where The Girls Are » (2002), « Cake and Steak » (2004), « The Future Is Behind You » (2004), « To and No Fro » (2005), et « Mirror World » (2006). Son documentaire vidéo « On The Downlow » (2007) explore quant à lui la bisexualité et le regard issu de la scène underground.

En 2012, Child a terminé le film « Shape of Error », filmé comme de la vidéo amateur qui rend compte d'un imaginaire basé sur les journaux intimes de Mary Shelley pendant les années de son mariage avec Percy Shelley.

Child est aussi l’autrice de cinq livres de poésie (publiés entre 1983 et 2012[2],[3]) et d'un livre d’écrits critiques : This Is Called Moving: A Critical Poetics of Film (2005).

Une collection d’écrits rédigés par plusieurs auteurs au sujet de « Is This What You Were Born For? », qui inclut un DVD de la série de films, a été publié en 2011.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 2013 : vis à vis, 16 mm, édition digitale
  • 2013 : ELSA merdelamerdelamer, vidéo, son
  • 2013 : UNBOUND, 16mm, son
  • 2011 : A Shape of Error, film sur Mary and Percy Shelley, 16 mm, son
  • 2011 : The Suburban Trilogy, film et version digitale
  • 2010 : Hacking Empire, version un écran de L'impero Invertito
  • 2010 : Riding the Tiger : Letters from Capitalist China, vidéo digitale
  • 2010 : L'impero invertito, installation de 4 écrans, Rome Academy, Romanian Academy
  • 2009 : Ligatures, avec Nada Gordon, vidéo digitale
  • 2009 : If I Can Sing A Song About Ligatures, avec Nada Gordon, Foreign Film Series
  • 2008 : Surf and Turf, 16mm/digital, The Suburban Trilogy, part 3
  • 2007 : On the Downlow, documentaire digital dirigé par Child
  • 2007 : The Party, digital
  • 2006 : Mirrorworlds, version installation de Dark Dark et To And No Fro
  • 2006 : Mirror World, 16mm digital
  • 2006 : By Desire, installation à trois écrans
  • 2005 : To and No Fro, 16mm digital
  • 2004 : Blonde Fur, Loop from Cake and Steak
  • 2004 : The Future Is Behind You, film/digital, The Suburban Trilogy, Part 2
  • 2003 : Cake and Steak, film/digital, The Suburban Trilogy, Part 1
  • 2003 : The Milky Way, installation, version de Dark Dark
  • 2002 : Subtalk, digital
  • 2001 : Dark Dark, film, How the World Works, Part 2
  • 2000 : Surface Noise, film, How the World Works, Part 1
  • 1998 : Catch Me If You Can, script
  • 1996 : B/SIDE, film
  • 1995 : Through the Looking Lass, performance vidéo interactive
  • 1994 : Dinkinsville, vidéo
  • 1993 : Songs, performance vidéo interactive
  • 1993 : 8 Million, album vidéo
  • 1990 : Swamp, avec S. Schulman
  • 1990 : Swamp Songs, vidéo interactive
  • 1981-1989 : Is This What You Were Born For?, 7 parties
  • 1979 : Ornamentals
  • 1979 : Pacific Far East Line
  • 1978 : Peripeteia II
  • 1978 : Daylight Test Section
  • 1977 : Peripeteia I
  • 1977 : Some Exterior Presence
  • 1975 : Tar Garden
  • 1972 : Game
  • 1970 : Except the People

Publications[modifier | modifier le code]

  • From Solids (Roof Books, 1983)
  • Climate Plus (Coincidence Press: Second Season, 1986)
  • A Motive for Mayhem (Potes & Poets, 1989)
  • Flesh : poems for Sarah Shulman (ZET Amsterdam - New York, 1990)
  • Mob (O Books, 1994)
  • Scatter Matrix (Roof Books, 1996)
  • Artificial Memory (Belladonna Press, 2001)
  • This is Called Moving: A Critical Poetics of Film (University of Alabama Press, 2005)
  • Counter Clock (Tout court Editions, Mermaid Tenement Press, 2009)
  • Is This What You Were Born For ? (MetisPress, 2011)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) J. Samuel Abbott, « Alumni Watch: Abigail Child '68 », The Harvard Crimson,‎ (lire en ligne)
  2. a et b (en) Jean Petrolle et Wexman, Virginia, Women and Experimental Filmmaking, University of Illinois Press, , 20–21 p. (ISBN 0-252-03006-0, lire en ligne)
  3. a b et c (en) Janine Marchessault et Lord, Susan, Fluid Screens, Expanded Cinema, University of Toronto Press, , 341 p. (ISBN 0-8020-9297-7, lire en ligne)
  4. (en) « Abigail Child » [archive du ], American Academy in Rome, (consulté le 9 juin 2010)
  5. (en) « Query: Abigail Child », Walker Art Center, (consulté le 20 octobre 2008)
  6. (en) Todd Haynes, « A Queer Kind of Film », Afterimage,‎ (lire en ligne)
  7. (en) Jan Stuart, « none », Film Comment, vol. 23, no 6,‎ nov–dec 1987
  8. (en) Gwendolyn Audrey Foster, Women Film Directors, Greenwood Publishing Group, (ISBN 0-313-28972-7), p. 74
  9. (en) Jeffrey Skoller, « Home sweet home.(Abigail Child's 1996 documentary film 'B/side') », Afterimage,‎ (lire en ligne)
  10. (en) « SMFA Boston - Abigail Child » [archive du ], School of the Museum of Fine Arts, Boston (consulté le 20 octobre 2008)
  11. These artworks can be found in (en) « The repository of the Experimental Television Center », sur Experimental Television Center- Rose Goldsen Archive of New Media Art, Cornell University Library (consulté le 24 juin 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]