Abel Sarramiac

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Abel Sarramiac
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Domicile
Auch (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Comptable, résistantVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Compagnies réunies du gaz et de l’électricité
Membre de
Conflits
Lieux de détention
Distinction

Abel Sarramiac, né le à Layrac (Lot et Garonne) et mort en déportation[1] le en Allemagne dans le camp de Buchenwald[1],[2] ou Mittelbrau-Dora[3], est un comptable et résistant français. Il sauve durant la Seconde Guerre mondiale de nombreux juifs dans le Gers et est reconnu comme « Juste parmi les nations ».

Avant la Résistance[modifier | modifier le code]

Abel Joseph Irénée Sarramiac naît le à Layrac, dans le Lot-et-Garonne. En 1896, alors qu’il a 10 ans, sa famille s’installe à Auch (Gers). Combattant lors de la Première Guerre mondiale, il est grand blessé[4],[3]. Il travaille à Auch comme chef comptable aux Compagnies réunies du gaz et de l’électricité, et s'occupe également de la mutuelle de l'entreprise[3].

Résistance durant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En , alors que les troupes de l’Allemagne nazie occupent le Sud de la France, la situation des juifs se dégrade gravement. Abel Sarramiac prend alors la tête du mouvement Libération-Sud pour le Gers, l’organisation de résistance locale. Il établit une filière permettant aux juifs de traverser une frontière ou de trouver des familles d'agriculteurs prêtes à les accueillir, sauvant ainsi un grand nombre de familles juives. En 1943, il héberge Julia Witmann et sa famille. En , alors qu'il hébergeait son supérieur dans la résistance, le juif Nathan Aron Petrowski dit « André Perron », les deux hommes sont arrêtés par la milice allemande à son domicile au 23 ou 28 rue Embaquès, sous les yeux de sa petite-fille de 5 ans Jacqueline, suite à une dénonciation[3]. Ils sont torturés à la mairie d'Auch puis au quartier général de la Gestapo à Toulouse, ainsi qu'à la Prison Saint-Michel. Aucun des deux ne parle ; ils sont alors déportés vers le camp de concentration de Buchenwald (matricule 44100) en Allemagne par le convoi du , dans lequel ils arrivent le . Abel Sarramiac meurt le [2],[1].

Honneurs[modifier | modifier le code]

Le , Abel Sarramiac est reconnu « Juste parmi les nations » par l'institut Yad Vashem[4] de Jérusalem, la plus haute distinction délivrée par l'État d’Israël récompensant les hommes et les femmes qui ont risqué leur vie pour sauver des juifs. Son nom est inscrit sur le mur de l'allée des Justes-de-France dans le 4e arrondissement de Paris, ainsi que l'allée des Justes de Yad Vashem à Jérusalem[4]. À Auch (Gers), une rue porte son nom et une plaque commémorative est posée par la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes à la subdivision EDF-GDF d’Auch-Sud en sa mémoire en 1970 à l'initiative de Marcel Dartigues, survivant de Buchenwald; elle est apposée depuis 2011 sur le lavoir municipal d'Auch, presque en face de la maison de Sarramiac[3]. Un film mémoriel réalisé par Jean-Luc Tovar sort en 2017, Sur les traces d’Abel et Marcel[5] retrace sa vie et celle de Marcel Dartigues, autre résistant de la Seconde Guerre mondiale[6].

Personnes sauvées[modifier | modifier le code]

Abel Sarramiac est reconnu comme Juste parmi les nations, pour avoir sauvé ces personnes[4] :

  • Nicole Klapisch (née Wittman) ;
  • Aron Petrowski (chef d'Abel Sarramiac dans la Résistance) ;
  • Julia Wittman.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Arrêté du 24 février 1998 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes et jugements déclaratifs de décès.
  2. a et b « Abel-Sarramiac », sur www.ajpn.org (consulté le 14 décembre 2018).
  3. a b c d et e René Gaudy, « SARRAMIAC Abel, Joseph, Irénée », Dictionnaire biographique des militants des industries électriques et gazières, sur Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, (consulté le 15 février 2019).
  4. a b c et d « Les Justes de France : Sarramiac Abel », sur Comité français pour Yad Vashem (consulté le 14 décembre 2018).
  5. Monique Castro, « « Sur les traces d'Abel et Marcel », déportés résistants », sur Le Journal des Activités Sociales de l'énergie, (consulté le 14 décembre 2018).
  6. « Sur les traces d'Abel et Marcel »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur CMCAS de Toulouse.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]