Abdullah Çatlı

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Abdullah Çatlı
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 40 ans)
SusurlukVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
Religion
Parti politique

Abdullah Çatlı, né à Nevşehir en 1956 et mort à Susurluk le 3 novembre 1996, était un membre actif des Loups gris. Il a été inculpé par la justice turque à plusieurs reprises notamment pour des affaires de meurtre national et international (France, Suisse, etc.) contre des millitants du PKK ou encore même contre certains membres de l'organisation "ASALA" qui était une organisation terroriste d'origine arménienne.

On apprendra par la suite que l'entièreté de ses actes ont été commis dans un cadre de service secret pour le bien de l’État.[réf. nécessaire]

Biographie[modifier | modifier le code]

Abdullah Çatlı est l'ainé d'une famille de cinq enfants[1]. Il grandit au cœur de l'Anatolie, à Nevşehir, jusqu'à sa majorité. Il quitte sa ville natale pour aller étudier l'université à Ankara, où il retrouve la jeunesse idéaliste qu'il a côtoyé durant ses années lycéennes à Nevşehir. Il gagnera en notoriété vis-à-vis des autres membres de l'association. En 1977, il sera président des Foyers idéalistes (Loups gris) basés à Ankara puis vice-président des Foyers idéalistes de Turquie le [2].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Çatlı épouse Meral Aydoğan en 1974 avec qui il aura une fille nommée Gökçen qui étudiera en France à Poitiers à la fin des années 1970 avant de repartir en Turquie[3], et une autre nommé Selcen[4].

Affaire de Susurluk[modifier | modifier le code]

Abdullah Çatlı est une des victimes de l'accident de voiture survenu le à Susurluk, petite ville située dans la province de Balıkesir. Sa mort met en lumière certains liens entre classe politique, forces de sécurité et mafia turque : l'affaire de Susurluk est un des scandales les plus marquants de cette période.

Activités[modifier | modifier le code]

Inculpations en Turquie[modifier | modifier le code]

Le 16 mars 1973, un piège est tendu aux étudiants de gauche de l'Université d'Istanbul. Durant la fusillade, des armes et des bombes type TNT avait été utilisées. Selon Ali Yurtaslan (ancien président de l'Association de Jeunesse Ülkücü), ce jour-là Abdullah Çatlı était à Istanbul et avait ramené environ 200 bombes type TNT. Quelques jours après lors de l'enquête, une bombe TNT était retrouvée dans le siège de MHP à Istanbul.

Il a été condamné par la justice turque pour avoir participé au meurtre du Docteur Bedrettin Cömert le 11 mars 1978 à Ankara, mais cette peine n'a pas pu être appliquée car Abdullah Çatlı s'était enfui en Allemagne avec son complice. D'après le rapport de la Direction Générale de la Police turc (Emniyet Genel Müdürlüğü) publié pour les événements de Susurluk, Abdullah Çatlı a été complice et commanditaire du meurtre de 7 personnes membres du Parti des travailleurs turcs (Türkiye Işçi Partisi) à Bahçelievler, le .

D'après Ali Yurtaslan, la période où Abdullah Çatlı était à la tête de la section ülkücü, était la période des fusillades des cafés. En effet, dans les années 1980, les cafés fréquentés par les personnes de gauche étaient fusillés à partir d'une voiture. L'une des fusillades les plus meurtrières organisées par Abdullah Çatlı et sa section, était celle de Balgat (banlieue d'Ankara) où plusieurs cafés ont été fusillés. Ce qui a blessé 15 personnes et valut la vie à 5 personnes.

Activités hors Turquie[modifier | modifier le code]

Il aurait rencontré le terroriste italien Stefano Delle Chiaie à Miami en . Recherché pour trafic de drogue et de meurtre, il est mort le dans un accident de voiture, accompagné de sa compagne, Gonca Us, une ancienne reine de beauté devenue femme à tout faire de la Mafia et de Huseyin Kocadag, un haut responsable de la police qui commandait des unités antiguérilla. Le quatrième, Sedat Bucak, un chef de guerre kurde, dont la milice était financée par le gouvernement turc pour lutter contre la guérilla du PKK, a survécu. Çatlı avait sur lui des papiers diplomatiques spéciaux et des permis de port d'armes, ainsi que plusieurs cartes d'identité. L'accident a entraîné l'affaire Susurluk, durant laquelle le ministre de l'intérieur et plusieurs hauts responsables, dont le chef de la police d'Istanbul, durent démissionner. Çatlı était aussi très lié avec la mafia turque dans un trafic d'héroïne. À Rome, il affirma au juge en 1985 "qu’il avait été contacté par le service de renseignement ouest-allemand (BND), lequel lui aurait promis une somme d’argent rondelette s’il impliquait les services russes et bulgares dans l’attentat contre le pape." Selon le colonel Alparslan Türkeş, fondateur des Loups gris, "Catli a coopéré dans le cadre d’un service secret travaillant pour le bien de l’État"[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]