Abdellah Taïa

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Abdellah Taïa
Description de cette image, également commentée ci-après
Abdellah Taïa à Stockholm en 2013 (photo : Håkan Lindquist).
Naissance (45 ans)
Salé, Maroc
Activité principale
Distinctions

Prix de Flore (2010)

Grand Prix du Jury du Festival Premiers Plans d'Angers (2014)
Auteur
Langue d’écriture français
Mouvement XXIe siècle
Littérature francophone
Genres

Œuvres principales

Lettres à un jeune marocain (2009)
Le Jour du roi (2010)
Infidèles (2012)

Abdellah Taïa, né le à Salé au Maroc[1], est un écrivain et cinéaste marocain d'expression française.

Il est l'un des premiers écrivains marocains et arabes (après L'Enfant ébloui de Rachid O., 1995) à affirmer publiquement, dans ses livres comme dans les médias, son homosexualité. Dans son Dictionnaire des écrivains marocains, Salim Jay écrit qu'il possède « un ton bien à lui, fait d'une imprégnation authentique par les humeurs et les rumeurs de son pays natal et d'une ouverture avide à la découverte d'univers différents de l'autre côté du détroit. »

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille modeste, Abdellah Taïa est l'avant-dernier d'une famille de neuf enfants[1].

Abdellah Taïa étudie la littérature française à l'université Mohamed-V de Rabat et à l'université de Genève. En juillet 1999, l'année de la mort du roi Hassan II, il arrive à Paris pour un doctorat en littérature française à la Sorbonne[2]. Il soutient une thèse sur Jean-Honoré Fragonard et sur le roman libertin du XVIIIe siècle[1]. Son séjour à Paris est matériellement difficile, mais fructueux sur le plan intellectuel ; il découvre un autre monde qui lui inspire le don de l'écriture, et découvre la peinture (notamment Fragonard) et le cinéma.

En 1999, ses premiers textes sont publiés dans un recueil de nouvelles par Loïc Barrière, aux éditions Paris-Méditerranée, Des nouvelles du Maroc, aux côtés de Mohamed Choukri, Salim Jay et Rachid O..

Son premier recueil de nouvelles, Mon Maroc, paraît en 2001 aux éditions Séguier, avec une préface de l'écrivain René de Ceccatty auquel il rendra un chaleureux hommage quand il recevra le Prix de Flore.

En juin 2007, Abdellah Taïa fait la couverture du magazine marocain TelQuel sous le titre : « Homosexuel, envers et contre tous ». En avril 2009, il publie dans le même hebdomadaire une lettre intitulée « L'homosexualité expliquée à ma mère », où il traite ouvertement de sa sexualité.

De décembre 2008 à décembre 2010, sous la présidence de Florence Malraux, Abdellah Taïa est membre de la commission « avance sur recettes » au CNC[3].

En 2009, il dirige l'ouvrage collectif Lettres à un jeune marocain (éditions du Seuil) qui se veut une main tendue vers la jeunesse marocaine abandonnée de tous : 50 000 exemplaires en sont distribués gratuitement en août 2009 au Maroc, en supplément de TelQuel. En décembre de la même année, 40 000 exemplaires du livre, traduit en arabe, sont également distribués gratuitement avec Nichane, la version arabophone de l'hebdomadaire.

Il est l'auteur de plusieurs romans dont Le Jour du roi qui obtient le le prix de Flore[4].

Depuis le début du Printemps arabe, il publie plusieurs tribunes dans des journaux français et marocains.

En 2012, il réalise son premier film, L'Armée du salut[5], adaptation de son troisième roman qu'il présente à la Mostra de Venise 2013, au Festival international du film de Toronto 2013[6] et qui reçoit le Grand Prix du Jury au Festival Premiers Plans d’Angers en 2014. Le film sort en salles en mai 2014.

En mai 2019, son livre La vie lente, sortie le 7 mars 2019, est selectionné par le jury du prix Renaudot 2019[7].

Ses livres sont traduits dans plusieurs langues.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Des nouvelles du Maroc, Paris-Méditerranée, Eddif, 1999
  • Mon Maroc, récit, Séguier, 2000
  • Le Rouge du tarbouche, roman, Séguier, 2004
  • L'Armée du salut, roman, Seuil, 2006
  • Maroc 1900-1960, un certain regard, avec Frédéric Mitterrand, Actes Sud, 2007
  • Une mélancolie arabe, roman, Seuil, 2008
  • Lettres à un jeune marocain, recueil de lettres, Seuil, 2009
  • Le Jour du roi, roman, Seuil, 2010 – prix de Flore
  • Infidèles, roman, Seuil, 2012
  • Un pays pour mourir, roman, Seuil, 2015
  • Celui qui est digne d'être aimé , roman, Seuil, 2017
  • La Vie lente , roman, Seuil, 2019, 270 pages, (ISBN 978-2-02-142183-5)[8],[9],[10]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Sur quelques ouvrages[modifier | modifier le code]

La vie lente[modifier | modifier le code]

Le livre commence comme un monologue, une confession, d'un homme à un inspecteur de police (Vous comprenez, monsieur l'inspecteur). La scène principale se déroule à Paris, rue de Turenne, en 2017. Les cimetières ce n'est pas ce qui manque à Paris, madame Marty (p. 11, incipit),

Le narrateur, Mounir Rochdi, 40 ans, d'origine marocaine (Salé, région de Rabat-Salé-Kénitra), en situation régulière, avec un visa de dix ans, titulaire d'un doctorat en littérature française du XVIIIe siècle à la Sorbonne (p. 19), sur Fragonard et le roman libertin, seul, sans emploi, sans ressource, occupe depuis trois ans un appartement, bien installé, presque vide, de 45 m2 au 4e étage. Madame Marty, plus de 80 ans, sa voisine du dessus, depuis près de cinquante ans dans un studio de 14 m2, jusque-là respectueuse du locataire du dessous, dans la fragilité absolue (p. 25), commence à se plaindre, et à appeler la police : elle a peur de vous (p. 28).

Cet ancien étudiant lit beaucoup, reçoit peu, recherche le calme... Petit adolescent gay efféminé et persécuté par des hommes hétérosexuels affamés de sexe, ce n'est que lorsque j'avais décidé d'être violent à mon tour, violent par les mots, qu'on avait changé d'attirude vis-à-vis de moi. Plus j'étais ordurier dans mon langage, plus on me foutait la paix. (p. 22). Il a eu un bref amour à Rabat, Samir, et un amour plus durable à Paris, Antoine (policier). Il a fui le Maroc, et craint de devoir fuir cet appartement et Paris...

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Les 50 personnalités qui font le Maroc : Abdellah Taïa. 36 ans, écrivain », Jeune Afrique, Paris, nos 2545-2546,‎ , p. 48 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]