Abdallah Ben Mansour

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Abdallah Ben Mansour, né le (58 ans) à Sfax en Tunisie, est un responsable communautaire musulman en France. Il est l’actuel président de la FIDEC[1] (Forum international de dialogue et d’entente entre les civilisations), et de la FOIE[2] (Federation of Islamic Organisations in Europe) de 2014 à 2018.

Dans le passé, il a été le secrétaire général de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) et conférencier à l’IESH (Institut européen des sciences humaines), situé à Saint-Denis, en banlieue parisienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine, étude et famille[modifier | modifier le code]

Ce Tunisien de naissance a émigré en France pour ses études, où la nationalité lui a été refusée dans les années 1990 pour ses liens avec l’UOIF, organisation considérée comme une filière française des Frères musulmans. L’UOIF a été inscrite sur la liste des organisations terroristes par de nombreux pays tels que l’Arabie saoudite, l’Égypte ou encore les Émirats arabes unis — tout comme la FOIE. Ben Mansour sera naturalisé tardivement, à la suite de l'intervention de figures importantes de l’islam de France auprès du ministère de l’Immigration.

Il a suivi des études d’ingénieur électricien, qu’il a obtenu avec brio[réf. nécessaire]. Il est père de famille et réside en banlieue parisienne.

Activité professionnelle[modifier | modifier le code]

Ben Mansour a créé une société, Mediacom[3], en 1999, basée à La Courneuve (93), près des locaux de l’UOIF, et dont il est le PDG depuis 2005. Mediacom est une entreprise d’informatique et d’édition de logiciels qui grave et vend des CD et des DVD de pensée islamique.

Débuts en politique et engagements[modifier | modifier le code]

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Au cours de ses années étudiantes, il rejoint les bancs du GIF (Groupement islamique en France). Il est par la suite l’un des fondateurs de l’UOIF, avec son ami Mahmoud Zuheir, d’origine irakienne. En 1983, tandis qu’ils poursuivent des études en France, les deux étudiants créent cet organisme qui peu à peu phagocyte toutes les autres organisations musulmanes de France, au point d’être aujourd’hui le rival du rectorat de la mosquée de Paris, dirigée par Dalil Boubakeur. Ben Mansour est le secrétaire général de l’UOIF, de 1985 à 1993, lorsque l’organisation est présidée par Ahmed Jaballah (jusqu’en 1999).

Militant engagé, activiste efficace, Ben Mansour sait convaincre ses foules aussi bien en tant qu’étudiant que, plus tard, lorsqu’il se lance dans la vie active sur le terrain des organisations islamiques de France, de sorte qu’il deviendra chargé de cours à l’IESH (Institut européen des sciences humaines). Ce rôle lui confère une responsabilité importante dans la formation des imams de France, des éducateurs, et chercheurs en sciences islamiques. Il intervient en tant que conférencier à l’Institut, mais également dans des mosquées.

L’IESH, qui forme les responsables religieux musulmans de demain, soulève des interrogations chez certains qui le considèrent comme la chasse gardée de l’UOIF, et donc le porte-parole de l’idéologie des Frères musulmans. Le responsable a également provoqué un tollé en octobre 1989, lorsqu’il s’est engagé au nom de l’UOIF à tenter de persuader le directeur d’une université de réintégrer trois jeunes étudiantes musulmanes suspendues pour port du voile. Il a alors fait usage de moyens de pressions illégaux[réf. nécessaire], comme des enregistrements de conversations etc.

Rôle au sein des organismes français[modifier | modifier le code]

Très influent dans la sphère associative, Abdallah Ben Mansour est actuellement le président de la FOIE jusqu’en 2018, et le représentant en chef de la FIDEC[4]. Au sein du premier organisme, il porte la voix des communautés musulmanes d’Europe, et œuvre au dialogue entre les communautés au sein du second.

Prises de position[modifier | modifier le code]

La charia comme constitution[modifier | modifier le code]

Militant et engagé pour un retour aux vraies valeurs de l’islam, Ben Mansour défend le projet d’extension de la charia (loi islamique) sur le continent européen. Il croit fermement que la France et les États-Unis se sont attachés à persécuter les musulmans après les avoir évincés du continent, mais qu’afin d’atteindre la paix, les pays ne pourront passer outre la nécessité de la loi musulmane. Pour ce faire, il défend avec ferveur la nécessité d’imposer la charia à l’Europe.

« Quand les musulmans auront mis en place la charia partout dans le monde, tout le monde sera heureux », a-t-il affirmé au Bourget en 2013. Et de conclure : « Le jour où l'Islam mettra en œuvre la charia sur le monde entier, il y aura la paix. »

Il prône un retour aux vraies valeurs du Coran, mais aussi un respect des « anciens », selon la ligne doctrinale des Frères musulmans. Par « Al-Taqwa[5], chaque musulman doit connaître la direction de l’enfer et du paradis, et construire entre soi et le châtiment une distance », a-t-il déclaré lors d’une conférence à l’occasion du ramadan en 2012[6].

« Ici en Occident, quand on entend "Charia", on a des frissons parce qu'on a peur. Quand ils entendent le mot "Charia", c'est comme si Charia c'était un monstre, "oh ! ces gens-là ils veulent appliquer la Charia !" Mais heureusement qu'ils veulent appliquer la Charia ! » a par ailleurs affirmé Ben Mansour à Aulnay-sous-Bois. Plus tard, il affirmera que « les Musulmans ont construit la France et sont l’avenir du monde. »

La France et l’Amérique, des terrains minés[modifier | modifier le code]

Ben Mansour regrette que « les médias en Occident ont souvent délibérément programmé la population pour avoir peur », et condamne fermement toutes les velléités françaises à vouloir faire taire l’islam et cantonner les musulmans à pratiquer dans le cercle privé. Il s’est violemment opposé à la loi sur l’interdiction du port du voile, mais également à toute tentative d’empêcher la pratique publique de l’islam en France, car, selon lui « ce qui pose problème, c'est surtout l'Histoire ancienne qui est camouflée, cachée, et qui est ignorée par les Musulmans et qui est falsifiée par les non-Musulmans. »

« L’Amérique traine derrière l’islam et est en retard d’au moins 12 siècles, quant à la France, elle est à la traîne de 15 siècles sur les musulmans ! Heureusement que nous voulons appliquer la charia », a-t-il déclaré au cours d’une conférence à Aulnay-sous-Bois en 2013[7].

« La France a enterré des mines en Algérie sans jamais dévoiler où, sans donner de carte, encore un exemple de pression de la France », clame-t-il encore. « Si vous observez les crimes des Occidentaux en général, des Américains en particulier, il y a un journaliste australien qui a dit : "je connais l'Histoire de l'Humanité et jamais dans l'Histoire de l'Humanité, ni à l'époque de Genghis Khan, ni à l'époque d'Hitler, jamais il n'y a eu de crimes comme les Américains en ont commis en Afghanistan et en Irak". Le Shaitan [le Diable] lui-même n'arrive pas à imaginer ces crimes mais Bush les a imaginés, les a appliqués ! », déclare-t-il au Bourget en 2013.

Ben Mansour exhorte les Musulmans de France à ne pas tomber sur les « mines », les pièges que les Occidentaux ont mis sur leur chemin. « Si Dieu t'aime, tu ne verras plus avec ton œil mais avec celui d'Allah. Quand tu vas voir une affiche avec des femmes en bikini, tu détourneras ton œil. Quand tu allumes la télévision aussi. Tes enfants vont prendre l'habitude de voir ça, ou alors le catalogue de la Redoute. Mais si tu regardes avec le regard de Dieu, tu vas les éduquer à ne pas voir ça. Ta femme aussi, elle ne va pas écouter la grossièreté, ni voir la vulgarité. Ta main devient la puissance de Dieu, si tu frappes, tu frappes avec la force de dieu », conseille-t-il en 2012.

Publications[modifier | modifier le code]

Ben Mansour est l’auteur d’un DVD, À cœur ouvert[8], dans lequel il expose sa pensée et les préceptes de l’islam qu’il défend, dans la lignée doctrinale des Frères musulmans. Il a donné ces conférences lors de la 25e rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF) organisée par l’UOIF. D’autres conférences exposent notamment la nécessité de lutter contre les « pièges de l’Occident ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « FIDEC ».
  2. (en) « FIOE ».
  3. (en) « MEDIACOM ».
  4. Forum international de dialogue et d’entente entre les civilisations.
  5. « La crainte de dieu ».
  6. Voir sur assalam-sannois.fr.
  7. Voir sur islamineurope.hautetfort.com.
  8. Voir sur librairie-sana.com.