Abdelaziz du Maroc (1878-1943)

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Moulay Abdelaziz
مولاي عبد العزيز
Image illustrative de l'article Abdelaziz du Maroc (1878-1943)
Titre
Sultan du Maroc
7 juin 1894
Prédécesseur Hassan Ier
Successeur Moulay Abdelhafid
Biographie
Dynastie alaouite
Nom de naissance Abdelaziz ben Hassan Alaoui
Lieu de naissance Fès (Maroc)
Date de décès 10 juin 1943
Lieu de décès Tanger (Maroc)
Père Hassan Ier
Monarques du Maroc

Moulay Abdelaziz (en arabe : مولاي عبد العزيز), né le 24 février 1878 à Fès et mort le 10 juin 1943, est sultan du Maroc entre 1894 et 1908.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'Hassan Ier et d'une esclave circassienne du nom de Lalla Rkia, Moulay Abdelaziz naît le 24 février 1878[1] à Fès. Il accède au trône à l’âge de 16 ans, le 7 juin 1894, son frère aîné ayant été déshérité. Le grand vizir Bahmad exerce la régence jusqu'à sa mort en 1900. Il poursuit la politique de balance entre les puissances européennes.

Bien qu'intelligent et sympathique, mais trop jeune pour gouverner, le jeune sultan préfère s'adonner aux plaisirs du sport et aux fêtes galantes dans les jardins de l'Agdal.

Il prend le pouvoir sur le trône du Maroc à la mort du régent Ahmed ben Moussa. Son manque de personnalité fait penser à l’opinion publique et aux observateurs étrangers que le Maroc s’achemine vers la perte de son indépendance. Sa mère lui impose comme grand vizir El Hadj el-Moktar qui ne gouverne que quelques mois. À partir de 1901, Moulay Abdelaziz gouverne avec l’aide de conseillers européens, en particulier anglais, tel son favori Harris, qui abusent de son inexpérience. Il tente de moderniser les structures féodales du pays. En septembre 1901, il applique une grande réforme administrative et fiscale : suppression des impôts coraniques et transformation des caïds en salariés du Makhzen. Ces mesures révolutionnaires imposées brutalement suscitent une vague de mécontentement chez les notables qui entrent en lutte ouverte contre le gouvernement central. Le Maroc se divise entre plusieurs factions que le sultan n’a pas les moyens de contrôler. Le 13 mai 1903, une rébellion menée par des tribus rebelles éclate. Cette révolte qui avait pour but de détrôner le sultan et de chasser le ministre de la guerre et son entourage européen était mené par Bou Hmara. Ne disposant pas de troupes suffisantes pour mater la rébellion qui agitait la région d'Oujda et de Tétouan, le sultan fait appel à la France[2].

Au moment de la crise marocaine de 1905 (Crise de Tanger), à l’instigation de l’Allemagne, le sultan demande la convocation d’une conférence internationale sur le Maroc (1er avril 1905).

Le pays croulant sous les dettes, le sultan signe en juillet 1906 le traité d'Algésiras qui partage l'influence sur le Maroc entre la France et l'Espagne. L’indépendance du sultan et l’intégrité du Maroc sont garanties, l’empire chérifien reste ouvert aux entreprises de toutes les nations. La France et le Maroc sont chargés de la police des ports marocains. La surveillance des frontières avec l’Algérie, l’encadrement de la police marocaine et la présidence de la Banque centrale sont confiées à la France.

La France reçoit au Maroc des pouvoirs de police. C'est à ce titre que Lyautey occupe Oujda en 1907. En 1908, 6 000 soldats français aux ordres du Général Drude débarquent à Casablanca.

Il est détrôné le 4 janvier 1908 par son frère Hafid, aidé par le pacha de Marrakech Thami El Glaoui, inquiets[réf. nécessaire] de la montée de l'influence étrangère.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Weisgerber, Au seuil du Maroc moderne, Rabat, La Porte,‎ 2004 (1re éd. 1947), 286 p. (ISBN 9981-889-48-2), p. 49
  2. Chronique du XXe siècle, p. 48[réf. incomplète]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gabriel Veyre, Dans l'intimité du Sultan, Paris, Librairie universelle,‎ 1905, 277 p.
    Réédition illustrée : Gabriel Veyre (préf. Mostafa Bouaziz), Dans l'intimité du Sultan : Au Maroc (1901-1905), Casablanca, Afrique Orient,‎ 2009, 251 p.
  • Farid Abdelhouahab, Philippe Jacquier et Marion Pranal, Le Maroc de Gabriel Veyre : 1901-1936, Paris, Kubik,‎ 2005, 191 p. (ISBN 2350830187 et 9782350830186, présentation en ligne)
  • Cerise Maréchaud, « Histoire. Dans l'intimité du Sultan », TelQuel, no 196,‎ non daté (lire en ligne)
    Cet article présente notamment des témoignages de Gabriel Veyre.
  • Fatima-Ezzahra Saâdane, « Moulay Abdelaziz ou les prémices du modernisme au Maroc », Le Matin,‎ 7 novembre 2008 (lire en ligne)
  • Albert Sasson, Les Couturiers du sultan : Itinéraire d'une famille juive marocaine. Récit, Rabat, Marsam,‎ 2007, 183 p. (ISBN 9954210822 et 9789954210826, lire en ligne, présentation en ligne), p. 56-58
  • Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Paris, Perrin,‎ 2009 [détail des éditions], p. 362, 363, 379, 383-387, 391-395 et 397-399
  • Ibid., « Moulay Abd al-Aziz (1894-1908) et le commencement de la fin du “Vieux Maroc” », p. 383-394
  • Anne Favier et Pascal Martinez, Marrakech kilomètre 44 : Intérieurs marocains, La Tour-d'Aigues, Éditions de l'Aube,‎ 2004, 187 p. (ISBN 2752600445 et 9782752600448, lire en ligne, présentation en ligne), p. 66
  • Souleiman Bencheikh, « La grande énigme : Le sultan oublié et ses descendants », Zamane, no 14,‎ décembre 2011, p. 26-35
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7 juin 1894 - 3 janvier 1908
Moulay Abdelhafid