Abbaye de l'Aumône

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aumône (homonymie).

Abbaye de l'Aumône
image de l'abbaye
Plan cadastral de 1818 montrant les ruines de l'abbaye de l'Aumône

Nom local Le Petit-Cîteaux
Elemosina
Diocèse Diocèse de Blois
Patronage Notre-Dame
Numéro d'ordre (selon Janauschek) XVI (16)[1]
Fondation 1121
Début construction 1121
Fin construction 1230
Dissolution 1791
Abbaye-mère Abbaye de Cîteaux
Lignée de Abbaye de Cîteaux
Abbayes-filles Abbaye de Waverley (1128)
Abbaye de Tintern
Le Landais (1129)
Abbaye de Bégard (1129)
Abbaye Notre-Dame de Langonnet
Congrégation Cisterciens
Période ou style

Coordonnées 47° 52′ 26″ nord, 1° 22′ 42″ est[2]
Pays Drapeau de la France France
Province Orléanais
Région Centre
Département Loir-et-Cher
Commune La Colombe
Site http://www.petitciteaux.com/

Géolocalisation sur la carte : Centre-Val de Loire

(Voir situation sur carte : Centre-Val de Loire)
Abbaye de l'Aumône

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye de l'Aumône

Géolocalisation sur la carte : Loir-et-Cher

(Voir situation sur carte : Loir-et-Cher)
Abbaye de l'Aumône

L’abbaye de l'Aumône, parfois appelée le petit-Cîteaux est une ancienne abbaye cistercienne, située à La Colombe, dans le Loir-et-Cher.

Situation[modifier | modifier le code]

L'abbaye est située à la lisère septentrionale de la forêt de Marchenoir, dans une clairière parfois qualifiée de « Vallée des Grès », à 144 mètres d'altitude[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation et toponymie[modifier | modifier le code]

L'Aumône est une des premières fondations de l'ordre cistercien, la huitième fondation directe de l'abbaye de Cîteaux ; elle est fondée grâce à un don de Thibaut IV de Blois, très lié à Bernard de Clairvaux[4]. Celui-ci sollicite Étienne Harding, abbé de Cîteaux, qui envoie un nommé Ulrich, devenu le premier abbé de l'Aumône[5].

La grande pauvreté initiale de l'abbaye et son nécessaire recours aux dons du comte Thibaut incitent Ulrich, en signe d'humilité, à donner à sa fondation le nom d'« Aumône » exprimant bien que l'abbaye vivait de la providence. La première abbatiale construite, dont les travaux démarrent en 1121, est d'ailleurs un édifice très modeste[5].

Prospérité[modifier | modifier le code]

L'abbaye prospère très vite et contribua à l'enrichissement de la région ; son grand dynamisme est fortifié par de nombreuses vocations, car l'exemplarité des religieux attire de nombreux profès[5]. Ce dynamisme lui permet de fonder à son tour très rapidement des abbayes-filles, en particulier dans deux régions qui jusque-là n'étaient pas du tout touchées par la réforme cistercienne : la Bretagne et l'Angleterre[6]. Ces cinq abbayes fondent à leur tour vingt-quatre autres abbayes dans ces deux régions[7].

En ce qui concerne l'Aumône, l'accroissement de la prospérité et de la communauté monastiques impliquent la construction d'une nouvelle église abbatiale, de proportions beaucoup plus vastes, commencée à la fin du XIe siècle et terminée en 1230[5]. En effet, à l'apogée, l'Aumône compte jusqu'à 70 moines[8].

Au début du XIVe siècle, l'abbaye était d'une richesse relativement importante ; elle payait quarante livres annuelles de décime[9]. Une bulle pontificale de Calixte III datée de 1455 permet à l'abbé d'officier pontificalement (c'est-à-dire avec les cérémonies et les habits pontificaux)[10]. Par ailleurs, elle est visitée par le roi Louis XI le samedi 25 août 1481[11].

Sépultures dans l'abbaye[modifier | modifier le code]

Comme nombre d'autres établissements monastiques, l'abbaye accueille à partir du XIIIe siècle les sépultures de personnes souhaitant la prière pour leur âme en échange d'un don d'argent. Ainsi, il est attesté que le comtes de Châteaudun Geoffroy V (mort en 1218) ainsi que son épouse Adeline sont enterrés à l'Aumône[5].

Le temps des destructions[modifier | modifier le code]

L'abbaye souffrit des ravages importants pendant la Guerre de Cent Ans[2].

En parallèle, alors que l'abbaye est restée dirigée par des abbés réguliers de sa fondation au milieu du XVIe siècle, à partir de 1539 elle tombe en commende ; aucun novice n'y est plus admis durant des années. À la fin du XVIe siècle, on n'y compte plus que cinq ou six religieux[5].

L'Aumône eut particulièrement à souffrir des guerres de religion : les troupes protestantes ruinèrent l'abbatiale à un point tel que la restauration ne fut jamais envisagée. Ce fut le réfectoire des moines qui fut par la suite transformé en lieu de culte, les aménagements durant jusqu'au début du XVIIIe siècle ; sous l'abbatiat de Claude Blampignon, abbé commendataire, une dédicace de la nouvelle église eut lieu le 17 septembre 1711[5].

Au XVIIIe siècle, le revenu de l'abbé commendataire est de quatre mille livres annuelles[10].

Quant à la Révolution française, elle amène la fermeture définitive de l'abbaye, en 1791, et à sa destruction pierre par pierre à partir de 1818[2],[12]. Le dernier abbé (commendataire) se nomme Pierre Joseph de Crémaux d'Entragues et le dernier prieur (élu par les religieux) Dom Marcel Guillaume de Maublanc[5]. Il ne reste avant l'expulsion que six moines à l'abbaye[8].

Architecture[modifier | modifier le code]

Le seul bâtiment dont la description complète nous soit parvenue est le logis abbatial, construit en 1701. C'était un bâtiment à deux étages, dont la façade, longue de 192 pieds (64 mètres), était haute de quarante pieds (treize mètres), hauteur à laquelle il faut ajouter les 24 pieds (huit mètres) de hauteur du comble, et comptait quinze fenêtres. Le logis lui-même, relativement austères, se signalaient notamment par la présence d'une bibliothèque assez considérable[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, Puthod, , 491 p. (lire en ligne), p. 103.
  2. a b et c « Abbaye de l'Aumône », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien, (consulté le 14 avril 2013).
  3. « Carte IGN 2020 E » sur Géoportail (consulté le 13 octobre 2015)..
  4. « Ancienne abbaye de l’Aumône dite “Petit Cîteaux” », sur http://www.petitciteaux.com, Petit Cîteaux (consulté le 14 avril 2013).
  5. a b c d e f g h et i « Le monastère de l'Aumône, dit “le Petit Cîteaux” », sur Autainville (consulté le 13 octobre 2015).
  6. « Abbaye de l'Aumône », sur http://www.cister.net/, Charte européenne des abbayes et sites cisterciens (consulté le 14 avril 2013).
  7. « La fondation de l’abbaye au XIIe siècle... », sur http://www.petitciteaux.com, Petit Cîteaux (consulté le 14 avril 2013).
  8. a et b Manuel Serrano, « À la découverte de Notre-Dame de l'Aumône à La Colombe », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ 2013 - mois = août (lire en ligne).
  9. Jules Viard, « État des abbayes cisterciennes au commencement du XIVe siècle », Revue d'histoire de l'Église de France, Persée, vol. 1, no 2,‎ , p. 215 (DOI 10.3406/rhef.1910.1918, lire en ligne).
  10. a et b Jean-Aimar Piganiol de La Force, Nouvelle description de la France : Dans laquelle on voit le gouvernement général de ce royaume, celui de chaque province en particulier; et la description des villes, maisons royales, châteaux, & monumens les plus remarquables. Avec la distance des lieux pour la commodité des voyageurs. Ouvrage enrichi de figures en taille douce, vol. 5 : Contenant la Normandie, le Maine, le Perche, l'Orléanois, la Sologne, la Beausse particulière, ou le Païs Chartrain, le Dunois, le Vendomois, le Blaisois, une partie du Gâtinois, le Perche-Gouet, le Nivernois, le Bourbonnois, le Lyonnois, le Forez, le Beaujolois, l'Auvergne, le Limousin & la Marche, Amsterdam, Du Villard & Changuion, , 443 p., p. 165.
  11. Philippe Deshayes, « La Colombe : Abbaye cistercienne du Petit Cîteaux ou l'Aumône (ancienne) », sur Cercle de recherches généalogiques du Perche-Gouët, (consulté le 13 octobre 2015).
  12. François Souchal, Le vandalisme de la Révolution, Paris, Nouvelles Éditions latines, , 309 p. (ISBN 9782723304764), p. 97.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Site externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Cuissard, L'Abbaye de l'Aumône, ou le Petit-Cîteaux : 1102-1776, H. Lecesne, , 47 p. (ASIN B001CBOOLM)