Abbaye de Szczyrzyc

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Abbaye de Szczyrzyc
Photographie d'une église de style gothique de brique bordée par un jardin
L'église abbatiale de Szczyrzyc

Nom local Opactwo w Szczyrzycu
Diocèse Tarnów
Patronage Vierge Marie
Numéro d'ordre (selon Janauschek) DCXXXII (632)[1]
Fondation 1234
Abbaye-mère Jędrzejów (de)
Abbayes-filles Oliwa (depuis 1945)
Henryków (de) (depuis 1947)
Congrégation Ordre cistercien
Période ou style Architecture baroque

Coordonnées 49° 47′ 07″ nord, 20° 11′ 14″ est[2]
Pays Drapeau de la Pologne Pologne
Duché Silésie
Voïvodie Petite-Pologne
Powiat Limanowa
Gmina Jodłownik
Site https://www.szczyrzyc.cystersi.pl
Géolocalisation sur la carte : Pologne
(Voir situation sur carte : Pologne)
Abbaye de Szczyrzyc

L'abbaye de Szczyrzyc (en polonais « Opactwo w Szczyrzycu ») est une abbaye cistercienne d'hommes en activité. Fondée en 1239 par les moines de Jędrzejów (de), elle est située dans le village du même nom, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Cracovie.

Elle n'a pas cessé d'être active depuis le XIIIe siècle, ce qui constitue un cas unique en Pologne, même si les occupations autrichienne, nazie et soviétique ont mis à mal ses activités. Les faits de résistance à l'Allemagne nazie valent à l'abbaye de recevoir en 1945 l'ordre militaire de Virtuti Militari.

Localisation et toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation et déménagement[modifier | modifier le code]

Bande dessinée montrant le diable et un musicien.
La légende de la pierre du Diable (pl) racontée en images.
Photographie couleur d'un rocher située au sommet d'une butte dans une forêt.
La pierre dite du diable à Krzesławice.

L'abbaye est tout d'abord fondée à Ludźmierz, à l'extrême sud de la Petite-Pologne, à proximité de Zakopane. C'est Teodor Gryfita (pl), voïvode de Cracovie, qui offre en 1234 des terres aux cisterciens de Jędrzejów (de). Toutefois, le site ne convient pas à la communauté monastique, tout d'abord en raison des conditions climatiques et de la qualité des sols, et d'autre part à cause de la menace d'invasion mongole. Environ dix ans après la fondation, la communauté s'établit à Szczyrzyc[3].

Une légende locale (pl) raconte qu'un troubadour revenant d'un mariage aurait été sollicité par le diable pour lui jouer de la musique contre de l'argent. Ayant accepté, il aurait reçu sa récompense, mais, de peur que sa femme n'apprenne la source satanique de sa richesse, aurait décidé de l'offrir à l'abbaye. Le diable, furieux que son don ait été ainsi employé, aurait cherché à détruire le monastère en l'écrasant sous un rocher. Entre-temps, les cisterciens, au courant de l'origine de l'argent, auraient fait appel à Marie, qui aurait rendu le rocher si lourd que le diable aurait dû le laisser tomber, abandonnant le rocher à Krzesławice, situé à trois kilomètres envison de Szczyrzyc[4],[5]. Une image de la Vierge, réputée miraculeuse, est conservée de cette époque en souvenir[6].

Développement[modifier | modifier le code]

En 1628, les cisterciens installent une brasserie dans l'abbaye, et brassent à partir de cette date leur bière[7]. En 1705, durant la grande guerre du Nord, les troupes suédoises volent l'image miraculeuse de la Vierge[6]. En 1765 un incendie endommage grandement l'abbaye et en particulier l'église[7].

Durant l'occupation autrichienne puis l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Lors du premier partage de la Pologne, en 1772, la Petite-Pologne est rattachée à l'empire austro-hongrois. Les abbayes cisterciennes qui se trouvent dans ce territoire, Mogila et Szczyrzyc, sont rattachées à la congrégation cistercienne austro-hongroise[8].

À partir de 1794, l'Autriche interdit l'élection de l'abbé par les religieux et dérobent à nouveau l'image miraculeuse de Marie. La plupart des terres sont confisquées et les entrées au noviciat sont interdites. Ces interdictions perdurent jusqu'en 1918, époque à laquelle Benoît XV restaure à nouveau les pleines prérogatives de l'abbaye[6]. En 1925, les moines transmettent leur brasserie et leurs savoir-faire à un prestataire externe[7].

Durant la seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la seconde Guerre mondiale, l'abbaye ouvre ses portes aux réfugiés polonais et les abrite des persécutions nazies. Les cisterciens reconvertissent une partie du monastère en salles d'enseignement. L'attitude de la communauté monastique lui vaut après la guerre de recevoir l'ordre militaire de Virtuti Militari[9].

Durant la période soviétique[modifier | modifier le code]

Le centre d'enseignement créé pendant la guerre est pérennisé en 1945, les moines créant un collège. Celui-ci est cependant fermé dès 1955 par les Soviétiques[6]. Les communistes nationalisent également la brasserie, qui produit 22 000 hectolitres en 1982[7].

Après 1989[modifier | modifier le code]

La communauté monastique est autorisée à reprendre en main la brasserie en 1993 ; ;toutefois, manquant de main-d'œuvre, les cisterciens doivent arrêter la production en 1997. En 2004, la brasserie de Kielce (pl) lance la production de la marque Frater (pl), selon la recette des moines de Szczyrzyc[7].

L'abbaye[modifier | modifier le code]

L'église abbatiale[modifier | modifier le code]

Photographie couleur d'un nef d'église dont les voûtes sont peintes.
L'église abbatiale de Szczyrzyc.

L'église possède un plan en croix latine, se terminant à l'est par une abside semi-circulaire[6].

L'autel date de 1642 et est orné des statues des saints Adalbert et Stanislas. Le tabernacle est daté du XVIIIe siècle, les stalles du XIXe siècle[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, Vindobonae, , 491 p. (lire en ligne), p. 242 & 243.
  2. (it) Luigi Zanoni, « Szczyrzyc », sur http://www.cistercensi.info, Certosa di Firenze (consulté le ).
  3. (pl) « Opactwo w Szczyrzycu - jedyny nieprzerwanie istniejący klasztor Cystersów w Polsce », Onet.pl (pl),‎ (lire en ligne).
  4. « Les Gorce et les Beskides Wyspowy », Małopolski System Informacji Turystycznej (consulté le ).
  5. (pl) « Diabli Kamień », Szczyrzyc (consulté le ).
  6. a b c d e et f (en) « Spotkania… Opactwo Cystersów - Szczyrzyc », Green Hostels - Zielone Schroniska (consulté le ).
  7. a b c d et e (pl) « Szczyrzyc », Info Polska (consulté le ).
  8. (pl) Andrzej Marek Wyrwa, Monasticon Cisterciense Poloniae, vol. 1 : Dzieje i kultura męskich klasztorów cysterskich na ziemiach polskich i dawnej Rzeczypospolitej od średniowiecza do czasów współczesnych, Poznań, Wydawnictwo Poznańskie, , 299 p. (ISBN 9788371771927, OCLC 48967810), p. 112.
  9. (pl) Helena Grzywacz, « Cistercian Monastery Complex in Szczyrzyc », Office national du tourisme polonais (pl), (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Lewicki & Ślusarek 2000] (pl) Leon Lewicki et Robert Ślusarek, Cystersi w Szczyrzycu : historia i kultura ; katalog wystawy w Galerii “Dawna Synagoga”, Nowy Sącz, Muzeum okre̜gowe, coll. « Skarby Szczyrzyca », , 118 p. (ISBN 9788391034729, OCLC 886282355)
  • [Łużyniecka, Marszalska & Łuczkiewicz 2005] (pl) Ewa Łużyniecka, Jolanta Marszalska et Marzena Łuczkiewicz, Szczyrzyc : dzieje budowy opactwa cysterskiego, Varsovie, Oficyna Wydawnicza Politechniki Wrocławskiej, , 223 p. (ISBN 9788370858513, OCLC 174240558)
  • [Jolanta Marszalska 2011] (pl) Jolanta Marszalska, Opactwo cystersów w Szczyrzycu od XIII do końca XX wieku : dzieje, gospodarka, kultura, Cracovie, Wydawnictwo Instytutu Teologicznego Księży Misjonarzy, , 502 p. (ISBN 9788372168856, OCLC 767863634)
  • [Marek Wcześny 2011] (pl) Marek Wcześny, Kolekcja broni ze zbiorów Opactwa Cystersów w Szczyrzycu, Nowy Sącz, Nova Sandec, coll. « Skarby Szczyrzyca », , 32 p. (ISBN 9788362550135, OCLC 860447600)