Abbaye de Nonenque

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Abbaye de Nonenque
Ordre Chartreux
Fondation 1146
Diocèse Rodez
Fondateur Abbé Guiraud de Sylvanès
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Région Midi-Pyrénées
Département Aveyron
Commune Marnhagues-et-Latour
Coordonnées 43° 54′ 09″ nord, 3° 02′ 07″ est

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L’abbaye de Nonenque (Elnona, Annonenca), dite également abbaye de Noningues, est un ancien monastère cistercien pour femmes, construit en 1146 par Guiraud, abbé de Sylvanès[1]. Elle se trouve dans la commune de Marnhagues-et-Latour, en Aveyron, et dépend du diocèse de Rodez (ancien diocèse de Vabres) et plus particulièrement de la paroisse Le Bon Pasteur[2]. Elle fut bâtie au pied de deux montagnes et sur le bord de la rivière El-Nonenque, d’où elle tient son nom. L’abbaye est incendiée et pillée par les calvinistes au XVIe siècle, lors de la Réforme protestante. Malgré tout, l'abbaye est toujours habitée par les nonnes. Elle sera tout de même reconstruite en 1730 par l’abbesse Charlotte d’Estaing. En 1927, une communauté de moniales chartreuses s’y installe et cet ordre de moniales occupe toujours l’abbaye sous le nom de Chartreuse du Précieux Sang de Nonenque.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation et Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L’abbaye est fondée sur un terrain qui appartenait à Raymond de Montagnol, qui le donne en 1139 à Guiraud, abbé de Sylvanès[3]. C’est sur ce terrain qu’il fonde l’abbaye. À sa fondation, elle n’a le nom que de prieuré et elle prend l’appellation d’abbaye en 1232, ce qui prouve ses bases financières solides. En 1275, on compte 7 granges gérées par Nonenque[4]. Le nombre de moniales y vivant est assez important car est fondé, en 1257, le prieuré Saint-Sulpice-la-Pointe, dépendant de Nonenque[5].

A la Révolution française[modifier | modifier le code]

À la Révolution, Nonenque vit le même sort que les autres établissements religieux de cette époque. À la suite de la promulgation le 2 novembre 1789 de la nationalisation des biens de l’Église, les bâtiments sont mis en vente et rachetés par Louis Liquier, un éminent marchand de Marseille[6]. Les religieuses sont expulsées, leurs biens sont saisis. L’acquéreur Louis Liquier, pris de pitié, donne à toutes les moniales une pension viagère[7]. L’abbaye de Nonenque reste dans la famille Liquier durant trois générations.

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1927, les bâtiments sont rachetés par les Chartreuses et sont depuis occupés par cet ordre. C’est une des dernières abbayes de moniales chartreuses dans le monde[8].

Architecture[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des monastères cisterciens et chartreux, l’abbaye de Nonenque est divisée en deux parties : un des couvents est réservé aux nonnes tandis que l’autre se trouve être celui des Sœurs Données et parfois des Frères Donnés.

L’abbaye est également composée de deux étages. Au rez-de-chaussée se trouvent les réfectoires, cuisines, lavoir, infirmerie et étables, au premier étage un cloître possédant des arcs semi-circulaires, séparés par des piliers. Ces piliers sont sans doute des originaux, du fait de leur ressemblance avec ceux de l’abbaye de Sylvanès. Le premier étage est également composé d’une cour, avec en son centre une fontaine, du parloir, des appartements de l’abbesse, de ceux des nonnes et de ceux de l’organiste. Au nord, se trouvent la sacristie et la chapelle. Le dernier étage est constitué de l’église, de quinze cellules pour les nonnes et des chambres pour les visiteurs.

L’ensemble du couvent est séparé du monde extérieur par un mur de 2 mètres 50 de hauteur, permettant aux nonnes de vivre dans la quiétude la plus complète. Dans le même esprit, un petit passage autorisait les nonnes à recevoir des visites en toute discrétion : un tunnel passant sous la route et menant jusqu’à un étang à poissons. De plus, auparavant, les sœurs données étaient autorisées à discuter entre elles sur un petit pont, au sud-ouest du couvent.

Une des œuvres d’art les plus admirables de l’Abbaye de Nonenque est la Vierge sur le Rocher, surplombant le couvent. Elle a été sculptée au XXe siècle par un artiste inconnu[9].

Chronologie des prieures et abbesses de 1145 à 1760[10][modifier | modifier le code]

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Prieures de 1145 à 1231[modifier | modifier le code]

  • 1145 : Nazarine, première prieure.
  • 1156 : Pétronille, 1156, elle va gérer habilement l’administration du monastère.
  • 1183 : Ponce.
  • 1184 : Belixinde, va augmenter les revenus du prieuré.
  • 1208 : Agnès.
  • 1215 : Ardelina.
  • 1225 : Pétronille.
  • 1231 : Sibile d’Avène.

Abbesses de 1232 à 1760[modifier | modifier le code]

  • 1232 : Tiburge, le prieuré de Nonenque prend le nom d’abbaye, elle est la première qui porte le titre d'abbesse.
  • 1254 : Agnès de Clavières, fonda en 1257 le Prieuré de Saint Sulpice de la Pointe à Toulouse.
  • 1282 : Agnès.
  • 1284 : Ermengarde d’Arpajon
  • 1292 : Agnès
  • 1298 : Ermengarde d’Arpajon, dépossédée par Marguerite et par Agnès, fut élue et confirmée une seconde fois par l’abbé de Sylvanès, père immédiat de Nonenque en 1298, mais le chapitre général la déposa définitivement en 1299. Rauze de Villaret, désignée pour la remplacer, ne put prendre possession de l’abbaye car Ermengarde d’Arpajon ne voulait pas lui céder sa place. L’affaire arriva jusqu’au pape Boniface VII, qui désigna l’évêque de Maguelonne et celui de Lodève, qui nommèrent abbesse Elix de La Fare et déposèrent Ermengarde et Rauze.
  • 1299 : Elix de La Fare.
  • 1310 : Rause.
  • 1328 : Marquise ou Marguerite de Roquefeuil.
  • 1331 : Braide.
  • 1347 : Béatrix, deuxième du nom.
  • 1351 : Florence d’Aigrefeuille, sœur des évêques de Vabre et Rodez.
  • 1369 : Elizabeth de Roquefeuil.
  • 1390 : Hélène Courdette.
  • 1410 : Flore de Cazillac.
  • 1465 : Bourguine de Castelnau.
  • 1480 : Jeanne de Castelnau.
  • 1497 : Catherine de la Tour.
  • 1540 : Marguerite de Roquefeuil.
  • 1543 : Delphine de Roquefeuil.
  • 1553 : Louise de Roquefeuil, s’auto déclara abbesse en 1553.
  • 1559 : Blanche de Roquefeuil, première abbesse nommée par le roi.
  • 1560 : Louise Desprez de Montpezat, c'est sous son titre que l’abbaye fut incendiée et pillée.
  • 1595 : Marguerite de Montpezat, va travailler à la restauration de l’abbaye.
  • 1660 : Suzanne de Simiane de Gordes.
  • 1694 : Elizabeth de Toiras-d’Amboise, nommée par le roi.
  • 1725 : Charlotte d’Estaing, reconstruit l’abbaye.
  • 1760 : Félice de Pardailhan-Gondrin.

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Besse Jan Martial et Beaunier Charles, Provinces ecclésiastiques d’Alby, de Narbonne et de Toulouse, Ligugé : Abbaye de Saint-Martin, 1911.
  • Cottineau Laurent-Henri et Poras Grégoire, Répertoires topobibliographiques d’abbayes et prieurés, Mâcon, Protat, 1939-1970.
  • Couderc C. et Rigal J.-L., Cartulaire et documents de l'abbaye de Nonenque, Rodez, 1950.
  • Steyn Carol, The charterhouse of Nonenque: a discussion of an existing medieval nunnery in the context of Carthusian architecture, South African Journal of Art History, vol. 21, no. 1, University of South Africa, 2006.
  • Des solitudes habitées : anciennes abbayes en Midi-Pyrénées, Toulouse, Privat, 1989.
  • Les religieuses dans le cloître et dans le monde : des origines à nos jours : actes du deuxième colloque international du CERCOR, Poitiers, 29 septembre – 2 octobre 1988. (notice BnF n°FRBNF35703284)
  • Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, Volume 4, 1842-1843. p. 585 – 593 (notice BnF n° FRBNF32813325)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://data.bnf.fr/14410063/abbaye_de_nonenque_marnhagues-et-latour__aveyron/
  2. http://www.diocese-rodez.com/paroisse-de-le+bon+pasteur.htm
  3. COTTINEAU Laurent-Henri, PORAS Grégoire, Répertoires topobibliographiques d’abbayes et prieurés, Mâcon, Protat, 1939-1970.
  4. Les religieuses dans le cloître et dans le monde : des origines à nos jours : actes du deuxième colloque international du CERCOR, Poitiers, 29 septembre – 2 octobre 1988.
  5. Ibid
  6. STEYN Carol, The charterhouse of Nonenque: a discussion of an existing medieval nunnery in the context of Carthusian architecture, South African Journal of Art History, vol. 21, no. 1, 2006, p.5.
  7. Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, Volume 4, 1842-1843. p. 585 – 593.
  8. STEYN Carol, op. cit., p.1.
  9. Ibid, p. 9
  10. - Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, Volume 4, op. cit. p. 585 – 593