Abbaye Blanche

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Abbaye Blanche
Vue aerienne Abbaye Blanche, Mortain.jpg
Vue aérienne de l'abbaye
Présentation
Destination initiale
Construction
XIIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Statut patrimonial
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Localisation
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Commune
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L'abbaye Blanche est une ancienne abbaye cistercienne fondée en 1105 située à Mortain, en France[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

L'abbaye est située dans le département français de la Manche, à la sortie nord de la commune de Mortain-Bocage près de la Cance.

Historique[modifier | modifier le code]

L'édifice est classé au titre des monuments historiques le (l'église, les celliers, la salle capitulaire, le cloître le long de la nef avec trois arcades en retour le long du transept)[1].

Les bâtiments ont été affectés à divers activités depuis le XIXe siècle. La fondation du séminaire et du grand scolasticat de philosophie remonte à 1822 avec l'abbé Dary qui rachète l'abbaye abandonnée par les religieuses lors de la Révolution française et y fait élever les bâtiments modernes. La loi de 1905 fait fermer le séminaire et une colonie de vacances s'y installe. La Première Guerre mondiale bouleverse la vocation des lieux et c'est dans des conditions difficiles qu'un hôpital militaire pour les soldats belges y est aménagé (plusieurs y décèderont). Les Spiritains rachètent les bâtiments en 1923. La Seconde Guerre mondiale voit l'installation d'une caserne allemande de 1940 à 1944 puis d'une maternité. En 1945, Mgr Lefebvre, figure de l'Église catholique, est rappelé du Gabon pour relever le séminaire de philosophie ; le séminaire forme alors beaucoup de futurs missionnaires africains et garde un lien étroit avec le scolasticat de Chevilly (Val-de-Marne). L'abbaye est ensuite occupée par la communauté des Béatitudes à partir de 1984 et cela jusqu'en . Depuis, les lieux sont désaffectés et son avenir reste incertain.

Fondation[modifier | modifier le code]

L'abbaye Blanche de religieuses bernardines est fondée par Guillaume, fils de Robert, comte de Mortain, frère de Guillaume le Conquérant, en l'an 1105. Dans cette abbaye, il y a un prieuré dépendant de Cîteaux possédé par un religieux bernardin qui vaut 800 livres de rente en 1699[2].

Supérieures[modifier | modifier le code]

L'abbé de Clairvaux[3] est le supérieur hiérarchique des abbesses et prieures de l'abbaye Blanche ou des Blanches. De la fondation à 1350 sont connues trois abbesses : sainte Adeline décédée en 1125, Minguidia et Bergonia.

À partir de 1350, les supérieures sont des prieures : Clémence de Sousville, Mathilde, Marguerite I de Creuilly, Michelle de Heurcou, Marguerite II d'Argouges, Marguerite III de Cruesli, Guillemine de Valborel se succèdent. le XVIe siècle est une période de désordre[4]. En 1567, il n'y a que quatre religieuses au lieu de douze que doit réunir l'abbesse selon sa fondation[5]. Lucie de Carbonel décède en 1578 ; suivent : Jeanne de Grimouville et Jacqueline de Saussay. En 1612, l'abbaye est réparée[6]. Françoise de Baise et Isabelle de Saussay, fille du baron de Clais, sont les dernières prieures.

La nouvelle abbesse Henriette de Quelain décède en 1685. Marie-Madelaine Marin est nommée par le roi le 1er avril 1684. À cette époque l'abbaye avait 10 000 livres de rente et vingt-six religieuses[7], Geneviève de La Roque obtient une fieffe[8], décède en 1748 et Anne de Géraldin est abbesse de 1748 à 1766[9]. Madame de Lesquen est présente au début de la Révolution[10].

Temporel[modifier | modifier le code]

Le cloître.

L'abbaye Blanche n'est pas richement dotée ce qui lui vaut de perdre son titre d'abbaye entre 1350 et 1650 pour celui de prieuré. Elle possède la baronnie de Montfautrel en Sourdeval et Saint-Clément, vingt masures sur 280 hectares. Une masure est un ensemble cohérent avec maisons, grange, étable, cour, courtil, jardin à herbes, jardin à arbres, terres labourables et non labourables, prés, mares, fontaine représenté par un aîné qui tient pour lui et ses puinés, par foi et par hommage une masure. Il assiste aux assemblées d'habitants (gages-pleiges), sert de prévôt selon son rang et paye les redevances.

L'abbaye présente au bénéfice à Gathemo, Lapenty, La Baleine, Coulouvray et Le Neufbourg, récolte les dîmes ou traits de dîmes à Contrières, Donville, Le Mesnil-Amand, Champrepus, Équilly, Saint-Quentin sur Planche-Jumelles, Bernières, Tirepied, Vernix, La Baleine, Bréhal, Langrune-sur-Mer et Cairon.

Elle a des fiefs à Romagny, Ger, Reffuveille, Brécey et des tènements dans une douzaine de paroisses, une pêcherie à Appeville, des bois, un moulin fouleur et un autre à tan, des fourneaux à chaux et à tuiles au Neufbourg[11].

Les bâtiments[modifier | modifier le code]

Plan de l'abbaye en 1830 et 2012

Sur le cadastre napoléonien, on voit clairement que l'abbaye reprend l'organisation classique cistercienne. Les bâtiments sont disposés autour du cloître au sud de l'église. La superposition de l'état actuel met en évidence la destruction d'une grande partie du bâti d'origine pour la construction du petit séminaire.

L'église à plan en croix latine, avec nef unique, large transept et chevet plat, est de style gothique primitif avec des chapiteaux à corbeilles nues ou à feuilles plates. La salle capitulaire rectangulaire ouvre sur le cloître par deux baies en plein cintre, partagée en deux nefs dont les voutes d'arêtes retombent sur une file de piliers. Elle date des années 1170. Le cloître comprend encore deux galeries dont onze arceaux sont de la fin du XIIe siècle. Il est formé d'étroites arcades en plein cintre retombant sur des colonnettes qui lui donnent beaucoup de légèreté[12]. L'ensemble exprime bien l'austérité cistercienne.

Objets[modifier | modifier le code]

Les stalles

Les stalles de l'abbaye Blanche sont classées à titre d'objets depuis le 28 mars 1980. Elles sont en bois taillé du XVIIe et XIXe siècles, les dosserets sont du XIXe[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Ancienne abbaye Blanche », notice no PA00110521, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Pierre Bouhier: L'intendance de Caen
  3. AD 50, Série A, no 717
  4. AD 50, Série A, no 477
  5. AD 50, Série A, no 457
  6. AD 50, Série A, no 494
  7. Pierre Gouhier : L'intendance de Caen en 1700
  8. AD 50, Série A no 584
  9. Gallia Christiana : tome XI, page 555.
  10. Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie.
  11. AD 50, Série A no 714
  12. Bernard Beck : Bulletins de la Société des antiquaires de Normandie, tome LVIII, années 1965-66
  13. « stalles », notice no PM50000742, base Palissy, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mémoire de la Société des antiquaires de Normandie, t. 2, Caen, Mancel, (lire en ligne), « Recherches sur les abbayes de la Manche - Abbaye Blanche », p. 118-122
  • Poulle Béatrice : Les archives et la dédicace de l'Abbatiale de l'Abbaye Blanche, Revue de l'Avranchin, 1989, no 340
  • H. Sauvage : Recherches historiques sur l'arrondissement de Mortain, 1851
  • Arcisse de Caumont : Bulletin Monumental, Volume 3, page 128
  • Dubosc : Archives départementales de la Manche, inventaire sommaire, série A
  • Communauté des Béatitudes, L'Abbaye Blanche : Mortain (Manche), Mortain, Communauté des Béatitudes, 19 p.
  • The White Abbey, Colmar, Saep édition,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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