Abbaye de La Celle

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Abbaye de La Celle
Image illustrative de l'article Abbaye de La Celle
Présentation
Culte Catholique romaine
Type Ancienne Abbaye
Rattachement Propriété du Conseil Général du Var depuis 1990
Fin des travaux XIIIe siècle
Style dominant Roman
Protection Logo monument historique Classé MH (1886)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Var
Ville La Celle
Coordonnées 43° 23′ 39″ nord, 6° 02′ 23″ est

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Abbaye de La Celle

L'abbaye de La Celle est un ensemble architectural roman situé dans la commune de La Celle, dans le Var (région Provence-Alpes-Côte d'Azur). Ce monument historique médiéval est classé au titre des Monuments historiques par arrêté du [1] pour les restes de l'abbaye de La Celle, bien qu'ici le terme d'abbaye soit impropre.

Ce monument appartient au Conseil Départemental du Var depuis 1990. L'abbaye se visite du mardi au dimanche de 10h30 à 12h et de 13h30 à 17h.

Situation[modifier | modifier le code]

La commune de La Celle était encore au début du XIe siècle un hameau de Brignoles, dont elle est limitrophe. Elle est blottie dans la vallée que surplombent le Roc de Candelon et le Massif de la Loube (830 mètres). Le village est traversé par le CD 405. La rivière du Caramy borde le territoire de la commune. L'abbaye de La Celle se trouve au centre de ce bourg ecclésial.

Ces travaux de restauration s'achèveront dans quelques années par la reconstitution intégrale et la mise en valeur de cet ensemble médiéval[2].

Historique[modifier | modifier le code]

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Les origines[modifier | modifier le code]

Le site de l’abbaye de La Celle a été occupé dès l’Âge du Fer (entre les IIe et Ier siècles av. J.-C.). Les fouilles récentes ont mis au jour un four et un sol de cette époque. Sur le même emplacement, une « villa » romaine s’est installée au IIe siècle après Jésus-Christ. Il s’agit d’une « pars rustica », exploitation agricole dont le pressoir et le fouloir ont été retrouvés dans la cuisine de l’abbaye. Cette « villa » est restée active jusqu’au VIe siècle. C’est ensuite au début du XIe siècle qu’a commencé la construction du premier monastère.

XIe – XIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1011, une donation est faite à l'Abbaye Saint-Victor de Marseille de terres sur le territoire de Brignoles avec une église dédiée à Sainte-Perpétue. La plus grande partie du temporel de l'abbaye se situe dans la région de Brignoles. Les femmes de ce monastère appartiennent toutes à la haute noblesse de Provence, ou du Languedoc.

L'abbaye y installe quelques moines pour assurer les offices pour les populations locales . Au XIe siècle le Pape Grégoire VII confirme par une Bulle, les biens de Saint-Victor, parmi lesquels figurent l'église de Sainte-Perpétue et les terres autour, avec l'église Sainte-Marie.

Ce monastère avait la particularité d'être double, les hommes avaient d'un côté leurs bâtiments et desservaient l'église Sainte-Perpétue, les moniales utilisaient l'église Sainte-Marie. Les deux établissements avaient à leur tête une prieure et un prieur désignés par les moines de Saint-Victor. Cet établissement, improprement appelé abbaye, avait en fait le rang de prieuré.

XIIIe – XIVe siècle[modifier | modifier le code]

Sarcophage de Garsende de Sabran

Au XIIIe siècle, le prieuré avait une grande réputation, y recevant des filles de bonnes familles, et de haut lignage dont la plus célèbre est la comtesse de Provence Garsende de Sabran ; mère de Raimond Bérenger IV de Provence, qui une fois veuve de Alphonse, second fils de Alphonse II d'Aragon prit le voile en 1225, comme novice et demeura en ce lieu jusqu'à son trépas vers 1242. Le Prieuré comptait une centaine de religieuses entre 1267 et 1293. En 1311 on constate déjà des contestations qui vont jusqu'au procès, concernant l'usage des biens du Monastère par la communauté de Cabasse[3]. Au XIVe siècle, les religieuses souhaitent se séparer de la tutelle des moines de Saint-Victor de Marseille avec lesquels elles sont en conflit permanent. Un Prieur restera pourtant sur le Domaine jusqu'à la Révolution, alors que les religieuses avaient déjà quitté le couvent depuis longtemps.

XVe – XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

La discipline s’étant relâchée[4], le , le cardinal Mazarin, en tant que commendataire de l’abbaye de Saint Victor, ordonna une réforme du monastère et fit transférer en mars 1660 les nonnes à Aix-en-Provence sous la direction des religieuses de l'abbaye du Val-de-Grâce de Paris.

Trois religieuses seulement accepterons de rejoindre Aix. Celles qui n'acceptèrent pas de se soumettre, virent leurs pensions supprimées, ce qui amena la communauté à son extinction, d'autant que plus aucune novice ne pouvait rejoindre ce couvent.

La Révolution[modifier | modifier le code]

Vendue et morcelée en 1792 comme bien national, l'abbaye est transformée en exploitation agricole

XIXe – XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'abbaye est classée Monument Historique le , après le passage de Jean-Camille Formigé qui fit en 1868 un grand nombre d'aquarelles et de plans décrivant l'état de l'abbaye. La commune a racheté l'église conventuelle au début du XIXe siècle pour en faire l'église communale. Durant tout le XXe siècle, les architectes des monuments historiques tenteront de faire restaurer, de sauvegarder les bâtiments qui tombaient en ruine. Tant que ces bâtiments sont restés propriété privée, les restaurations sont très difficiles.

Dans les années trente Madame Sylvia Fournier, riche propriétaire des îles de Porquerolles, achète le domaine et y installe une hostellerie-restaurant de luxe qui devient le premier établissement 4 étoiles du Var. D'anciens bâtiments, dont l'affectation d'origine reste imprécise, deviennent un hôtel-restaurant[5]. Après sa mort en 1971, un autre établissement privé s'installe. L'abbaye de La Celle devient patrimoine public, aujourd'hui patrimoine du Département du Var. En 1990, la commune fait jouer son droit de préemption en zone urbaine, avec l'appui financier du Département à qui le Monument Historique sera rétrocédé. La partie qui accueillait l'hôtel est toujours une hostellerie de luxe, louée aux maisons Alain Ducasse. Toujours sur le domaine de l'ancien monastère, un autre bâtiment du Département du Var est occupé par la Maison des Vins des Côteaux Varois.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Après plusieurs mois de fermeture et de très nombreux travaux, l'abbaye, témoin de l’art roman provençal est de nouveau ouverte au public depuis le 12 juillet 2016[6].

Description[modifier | modifier le code]

Église conventuelle[modifier | modifier le code]

L'église Sainte-Perpétue, aujourd'hui[Quand ?] partiellement disparue, était l'église paroissiale de La Celle, desservie par les moines du bourg ecclésial.

Christ d'origine italienne

L'église Sainte-Marie était l'église conventuelle réservée aux moniales. Elle est depuis le début du XIXe siècle l'église paroissiale de La Celle.

Un sarcophage du XIIIe siècle est conservé dans l'église Sainte-Marie. Longtemps attribué à tort à Garsende de Sabran (elle n'est présente que 150 ans plus tard dans le monastère), il a servi de fontaine sur la place publique après la Révolution. Vendu en 1924 par le propriétaire privé à qui appartenait l'abbaye, il est racheté par le Département du Var en 1999.

Sur le mur Sud de l'église se trouve un magnifique crucifix d'origine italienne de la fin du XVe siècle en bois polychrome à la sculpture d'un très grand réalisme[7]. Nous y trouvons également deux retables baroques du XVIIe siècle.

Bâtiments conventuels des moniales[modifier | modifier le code]

Chauffoir[modifier | modifier le code]

Cette pièce est attenante au Cellier, par une porte au centre du mur Sud, une ouverture à l'Ouest donnant sur le Cloître.

Salle Capitulaire[modifier | modifier le code]

Ou Salle du Chapitre. C'est une pièce remarquable du XIIIe siècle avec une voûte à arêtes ogivales à croisillons lourds. L'ensemble est supporté par deux piliers trapus, avec des chapiteaux ornés de dessins géométriques, de style roman.

Elle comporte à l'Est trois ouvertures étroites et cintrées tandis qu'à l'Ouest en direction du cloître, une porte et deux arcades.

Les moniales s'y réunissaient tous les jours pour lire un chapitre de la règle de saint Benoît et régler les problèmes de la communauté.

Cloître des moniales[modifier | modifier le code]

Il est fermé au nord par l'église Sainte-Marie et à l'est par la Salle Capitulaire ; au sud par la Cuisine et le Réfectoire. Trois galeries subsistent, donnant sur la cour.

La galerie nord était la mieux conservée. Elle dessert l'accès aux autres parties des bâtiments. Sur cette galerie se trouvent également l'accès à l'église Sainte-Marie.

Le galerie ouest fera l'objet d'une prochaine restauration.

Le long de la galerie nord, côté jardin, six baies à colonnettes géminées. La voûte en plein cintre est renforcée par des arcs doubleaux. Les colonnes qui supportent au Sud les arcs à doubleaux sont dites « à genoux ».

Bâtiments conventuels des moines[modifier | modifier le code]

Ancienne église Sainte-Perpétue[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, au XXIe siècle, c'est une habitation privée. Sur le mur, une plaque rappelle aux visiteurs qu'ici vécut Marcel Cervin, prieur du monastère, élu Pape en 1555 sous le nom de Marcel II (1501-1555), il mourut vingt jours après.

Cloître des moines[modifier | modifier le code]

Le Jardin[modifier | modifier le code]

S'étendant sur trois hectares il fut entièrement restauré au XXe siècle à la demande du Département du Var, par un paysagiste choisi par l'architecte en chef des monuments historiques, Francesco Flavigny. Il s'inspire de l'esprit provençal et a gardé les arbres bicentenaires du parc.

Religieuses connues[modifier | modifier le code]

  • Femme et fille de Pons de Léras, (1135, qui les place au Prieuré de Sainte Perpétue près Brignoles, Var, qui dépendait, comme Saint Sauveur où il avait placé son fils, de l'Abbaye St Victor de Marseille[8].
  • 1385- 1410 ca- Sance et Philippines de Roquefeuil[9].
  • 1420 - Perpétue de Simiane et sa sœur, Marie de Simiane, toutes deux citées à cette date[10].
  • 1538 - Mademoiselle de Vintimille d'Ollioules.
  • 1538 - Mademoiselle de Castellane de Dalmisue.
  • 1658 - Marie de Croze.
  • S - D - Alasacie de Montpellier.
  • S - D - Sancie de Signes.
  • S - D - Cécile d'Évenos.
  • S - D - Béatrice de Villeneuve.
  • S - D - Louise de Castellane.

Prieur(e)s[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Abbés commandataires

Personnalités ayant séjourné à l'Abbaye[modifier | modifier le code]

Elias de Barjols.

(liste chronologique, non exhaustive)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paulette L'Hermite-Leclercq, Le monachisme féminin dans la société de son temps, le monastère de La Celle (XIe - début du XVIe siècle), 1989
  • Yann Codou, Les églises médiévales du Var, 2009
  • Raoul Bérenguier, Le Monastère Royal de La Celle, 1937
  • Jacques Dubois, Les Ordres Monastiques
  • Gérard Sivery, Marguerite de Provence
  • Georges Duby, L'Adolescence de la Chrétienté Occidentale
  • E. Lebrun, Essai historique sur la ville de Brignolles
  • Collectif, L'Histoire de la Provence
  • Bourrilly et Bousquet, La Provence au Moyen Âge
  • G. Cornuez, La Celle et son ancienne abbaye royale, photographie de Robert. A. Callier, Imprimerie Brignolaises, 1993. 19. P.
  • Conseil Général du Var, Abbaye de La Celle 4 pages, photos L. Trouillas, conception Studio MCB, imp: Hemisud, 2010.
  • C. Dolan, Culture de guerre et violence au couvent : le transfert du monastère de La Celle (1658-1660), in Revue d'Histoire de l’Église de France, éd Société d'Histoire religieuse de la France, vol n°:96, 2010.
  • M. Achard, Descriptions historiques...des villes...de la Provence, t.I. Aix, 1787.
  • Dictionnaire des églises de France, R. Laffont, t.I-II D. 58.
  • R. H. Leclers, Dictionnaire d'archéologie chrétienne, t.VI, 1924.
  • Archives départementales du Var : Abbaye de La Celle
  • Coordination générale : René Dinkel, Élisabeth Decugnière, Hortensia Gauthier, Marie-Christine Oculi. Rédaction des notices : CRMH : Martine Audibert-Bringer, Odile de Pierrefeu, Sylvie Réol. Direction régionale des antiquités préhistoriques (DRAP) : Gérard Sauzade. Direction régionale des antiquités historiques (DRAH) : Jean-Paul Jacob directeur, Armelle Guilcher, Mireille Pagni, Anne Roth-Congés Institut de recherche sur l'architecture antique (Maison de l'Orient et de la Méditerranée-IRAA)-Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Suivez le guide - Monuments Historiques Provence Alpes Côte d’Azur, Marseille, Direction régionale des affaires culturelles et Conseil régional de Provence – Alpes - Côte d’Azur (Office Régional de la Culture), 1er trimestre 1986, 198 p. (ISBN 2-906035-00-9)
    Guide présentant l'histoire des monuments historiques ouverts au public en Provence – Alpes – Côte - d'Azur, avec cartes thématiques : La Celle (La), Abbaye de La Celle, Chapelle de la Gayolle, pp. 125-126

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Bibliothèque Méjanes, Aix, mss.343 à 352.
Ces manuscrits constituent l'essentiel du fonds de ce Monastère. Le n°:343 est l'inventaire des Archives, les n°s. 334&345 constituent le Cartulaire de l'Abbaye; le no 346: les Bulles; les n)s 347 & 348 les diplômes comtaux; divers actes dans les n°s: 350 à 352.
  • Bibliothèque de Carpentras mss, no 1861 folio 360 à 401.
  • Archives des Bouches-du-Rhône; collection Albanès XXVI F 8.
  • Archives des Bouches-du-Rhône fonds Nicolaï
  • Archives du Var; notaires de Brignoles 3 E 7. Minutes intéressant La Celle pour la fin du XIVe siècle, les XVe et XVIe siècles.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00081575, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Dépliant "Abbaye de La Celle", Patrimoine du Département du Var, F. Laurier - Direction des affaires culturelles, Conseil général du Var, mars 2013
  3. AD du Var, E Dépôt 81/158, copie de transaction de 1311, (AC de Cabasse, ancienne côte 1-FF art 2).
  4. Histoire (Condensée) de la chapelle de ND de Lorette à Brignoles (Var). C’est à l’arrivée, en 1635, d’une congrégation conduite par Mgr D’Authier de Sisgaud, Evêque de Bethléem, que ce dernier fût à l’origine - depuis N-D de Lorette de Brignoles -, de la réforme de l’abbaye Royale de la Celle où, en présence d'un certain libertinage des dérapages sérieux se produisaient avec de jeunes nonnes faisant leur noviciat. C'est à partir de l’indignation d'une d'entre elles, Marie de Croze, que la décision fut prise sur ordre de Mazarin de fermer le couvent.
  5. Jacques Paul Tournon, La Grande Dame de La Celle : Sylvia Fournier ou la Renaissance de l'Abbaye et de son Hostellerie, éd du Conseil Général du Var, 1900, 1999, 64. p.
  6. Réouverture de l'abbaye de la Celle
  7. « statue : Christ en croix, église Notre-Dame de l'Assomption) », notice no PM83000172, base Palissy, ministère français de la Culture
  8. P. A. Verlaquet, Cartulaire de l'Abbaye de Silvanès, Rodez, 1910, n°:470; Chronique, Hugues Francigena (1161-1171).
  9. Généalogie de la Maison de Fos et des vicomtes de Marseille.
  10. Anselme de Sainte-Marie & Ange de Sainte-Rosalie, Histoire généalogique et chronologique de la Maison Royale de France et des Pairs et Grands Officiers de la Couronne, 3e éd, Cie des Libraires Réunis, Paris, 1766, t.II. p. 244.
  11. Hugues Du Tems, Le Clergé de France, ou histoire historique et chronologique des archevêques,..., chez Delalain, Paris, 1774, p.56.
  12. AD du Var; 24 H 12. Autorisation de vendre un terrain au quartier de Fiassac et un autre au quartier du Pré du Château. 10 pièces paier, 1 cahier parchemin.