Abbaye de Chelles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chelles (homonymie).
Abbaye de Chelles
Dortoir.monastere.Chelles.png

Reconstitution de l'aspect extérieur du dortoir de l'abbaye de Chelles au XIIIe siècle

Présentation
Type
Propriétaire
Commune
Statut patrimonial
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Localisation
Coordonnées
Localisation sur la carte d’Île-de-France
voir sur la carte d’Île-de-France
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Seine-et-Marne
voir sur la carte de Seine-et-Marne
Red pog.svg
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg

L'abbaye de Chelles est une ancienne abbaye royale française autrefois située à Chelles à l'est de Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

À Chelles, un oratoire royal dédié à saint Georges fut bâti dans sa villa royale, par Clotilde, épouse de Clovis[a 1].

Fondée entre 657 et 660[a 2] après le décès du roi Clovis II, par son épouse sainte Bathilde, l'abbaye de Chelles reçut un soutien constant de cette reine. Elle agrandit l'oratoire de Clotilde et fit bâtir une nouvelle église consacrée à la Sainte-Croix. Vers 665 elle s'y retira elle-même, et à la suite de son trépas le 30 janvier en 680 ou 681, y fut inhumée[1], plus précisément, dans un mausolée placé au fond de l'abside orientale de l'église Sainte-Croix[a 3].

Il est probable que l'abbaye était également soutenue par saint Éloi, l'un des conseillers les plus importants de la reine. En effet, plusieurs objets précieux de ce monastère suggéraient un lien étroit avec ce saint[a 4],[2].

L'abbaye accueille successivement plusieurs femmes de la famille carolingienne en qualité d'abbesses. Parmi elles, Helvide fait, le 26 février 833, retirer le sarcophage de Bathilde de l'ancienne sépulture. Puis, le 17 mars, en présence de l'évêque de Paris et après la célébration de la messe, les ossements de la reine sont déposés dans une chapelle nouvellement construite derrière l'autel. Sous le même règne de Louis le Pieux († 840), le culte de sainte Bathilde, célébrée les 30 janvier et 17 mars, est adopté[a 5]. La particularité de cet office se trouve dans ses répons par lesquels était félicitée la vie de sainte Bathilde selon la Vita Bathildis écrite au VIIIe siècle[a 6].

L'abbaye est tenu au début du Xe siècle par Rothilde, fille de Charles le Chauve et mariée à Roger, comte du Maine. Le roi Charles le Simple lui retire cette charge en 922 ce qui déclanche la guerre, menée entre autre par Hugues le Grand gendre de Rothilde, qui se clôt par la déposition de Charles (Flodoard).

Lors de la guerre de cent ans et des guerres civiles sous le règne de Charles VII, les établissements religieux, comme le reste du pays, ont en général abondamment souffert matériellement et spirituellement. Fin XVe et début XVIe, un vent de réforme souffle sur eux. De 1500 à 1518 les religieuses de Chelles contribuent à réformer treize abbayes - dont celle de Notre-Dame du Val-Profond nouvellement renommée Notre-Dame du Val-de-Grâce, l'abbaye de Montmartre à Paris, et d'autres[3].

Cette abbaye bénédictine de femmes a subsisté jusqu'à la Révolution française. Elle est fermée en 1790, puis vendue en 1796 comme bien national et détruite.

Sont encore visibles, les églises Sainte-Croix et Saint-Georges, aujourd'hui réaménagées en centre de culture contemporaine, et les vestiges du cloître intégrés à la mairie. Des documents et pièces de l'abbaye sont exposés au musée Alfred Bonno.

L'église Saint-Georges fut édifiée aux XIe et XIIe siècle à l’emplacement du sanctuaire construit au VIe siècle, et l'église Sainte-Croix au XIIIe siècle et remaniée au XVIe siècle. Les anciens jardins de l'abbaye correspondent sensiblement à l'actuel parc du souvenir Émile Fouchard.

Les restes du cloître et les sols de l'ancienne église abbatiale ont été classés au titre des monuments historiques le 15 octobre 1974 alors que les églises Sainte-Croix et Saint-Georges ont été classées le 13 septembre 1984[4].

Abbesses[modifier | modifier le code]

  • 680-702 : Sainte Bertille de Chelles, amie de sainte Bathilde et première abbesse de Chelles[a 3].
  • 702-708 : Sigisla.
  • 708-724 : Vilcome.
  • 724-7?? : Ermengarde.
  • 7??-7?? : Clémence.
  • 7??-7?? : Asceline Ire.
  • 7??-7?? : Sybille.
  • 7??-800 : Marsillie.
  • 800-810 : Gisèle, sœur de Charlemagne[a 5].
  • 810-833 : Helvide Ire de Saxe, mère de l'impératrice Judith[a 5].
  • 833-855 : vacance.
  • 855-869 : Ermentrude d'Orléans, épouse de Charles II le Chauve.
  • 922-925 : Rothilde de Neustrie, fille de Charles II le Chauve. En 922, Charles III le Simple essaie de donner l'abbaye à son favori, le lorrain Haganon, qui mènera à une révolte de la noblesse et à la chute du roi en 923.
  • 925-1097 : vacance.
  • 1097-1112 : Mathilde Ire.
  • 1112-1127 : vacance.
  • 1127-1137 : Ameline Ire.
  • 1137-1156 : Mathilde II .
  • 1156-1177 : Helvide II.
  • 1177-1178 : Asceline II.
  • 1178-1190 : Marie Ire de Duny.
  • 1190-1192 : vacance.
  • Ameline II (1192-1206).
  • Marie II de Néry (1206-1208).
  • Mathilde III de Berchère (1208-1220).
  • Mathilde IV de Corbeil (1220-1222).
  • Florence (1222-1228).
  • 1228-1231 : Marguerite Ire de Néry.
  • 1231-1250 : Pétronille Ire de Mareuil.
  • 1250-1274 : Mathilde V de Nanteuil.
  • 1274-1280 : vacance.
  • 1280-1311 : Adeline Ire de Nanteuil.
  • 1311-1317 : Alice Ire de Clignet d'Otis.
  • 1317-1348 : Marguerite II de Pacy.
  • 1348-1354 : Pétronille II de Paroy.
  • 1354-1363 : Adeline II de Pacy.
  • 1363-1364 : Jeanne Ire de Soissy.
  • 1364-1368 : Agnès Ire de La Queue.
  • 1368-1379 : Jeanne II de La Forest.
  • 1379-1399 : Jeanne III de Roye.
  • 1399-1414 : Agnès II de Neufville.
  • 1414-1420 : Alice II de Thorote.
  • 1420-1429 : Marie II de Cléry.
  • 1429-1475 : Elisabeth de Pollye.
  • 1475-1504 : Catherine Ire de Lignières.
  • 1504-1507 : Jeanne IV de La Rivière.
  • 1507-1510 : Marie III de Reilhac.
  • 1510-1514 : Marie IV Cornu.
  • 1514-1518 : Catherine II Marguerite de Champrond.
  • 1518-1528 : Barbe de Tallensac.
  • 1528-1542 : Madeleine Ire des Chelles.
  • 1542-1579 : Jacqueline d'Amignon.
  • 1579-1583 : Renée de Bourbon, fille de Charles IV de Bourbon.
  • 1583-1627 : Marie V de Lorraine-Aumale.
  • 1627-1629 : Marie-Henriette de Bourbon, fille de Henri IV.
  • 1629-1671 : Madeleine II de La Porte de La Meilleraye.
  • 1671-1680 : Marguerite III Guidone de Cossé-Brissac.
  • 1680-1688 : Catherine III de Scorailles de Roussille.
  • 1688-1707 : Marguerite III Guidone de Cossé-Brissac, à nouveau.
  • 1707-1719 : Agnès III Charlotte de Villars.
  • 1719-1734 : Louise Adélaïde d'Orléans, fille du régent Philippe d'Orléans.
  • 1735-1790 : Anne de Clermont-Chaste de Gessans.

Locataires célèbres[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Didier Feuer et Jean d'Hendecourt, Dictionnaire des Souverains de France et de leurs épouses, p. 35-36, Pygmalion, Paris 2006.
  2. Saint Ouen (évêque de Rouen), Vie de saint Éloi, évêque de Noyon et de Tournai, précédée d'une introduction et... , traduite et annotée par l'abbé Parenty, 1870.
  3. Claude Fleury, Opuscules de M. l'abbé Fleury, prieur d'Argenteuil, vol. 3, Nismes,‎ , 645 p. (présentation en ligne). Page 24.
  4. « Ancienne abbaye royale », base Mérimée, ministère français de la Culture.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. p.  371.
  2. p.  372.
  3. a et b p.  374.
  4. p.  384.
  5. a, b, c et d p.  376.
  6. p.  379 - 380.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]