Abbaye de Boulbonne

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Abbaye de Boulbonne
Image illustrative de l'article Abbaye de Boulbonne
Le cloître aujourd'hui : la taille des fenêtres du 1er étage a été réduite.
Présentation
Culte Catholicisme
Type Abbaye
Rattachement Ordre de Citeaux
Début de la construction 1632[1]
Fin des travaux 1738
Protection Logo monument historique Classée MH (1981)[2]Parties subsistantes
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Haute-Garonne
Ville Cintegabelle
Coordonnées 43° 18′ 21″ nord, 1° 33′ 22″ est

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Abbaye de Boulbonne

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Abbaye de Boulbonne

L’abbaye de Boulbonne, ou abbaye de Bolbonne[3], est une ancienne abbaye cistercienne située au confluent de l'Hers-Vif et de l'Ariège, au lieu-dit Tramesaygues — du latin intra ambas aquas (entre deux eaux)[4] — sur la commune de Cintegabelle dans le département de la Haute-Garonne et la région Occitanie, en Lauragais. Elle est classée Monument Historique depuis 1981[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Afficher une carte des deux emplacements de l'abbaye de Boulbonne.

Mazères[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Boulbonne est d'abord fondée en 1129[1] — probablement par les moines de Tramesaygues à Cintegabelle[5] — au sud de Mazères, département de l'Ariège, au bord du Raunier, à environ 14 km de son emplacement actuel à Cintegabelle[6],[7],[8].

En 1150 l'abbaye est affiliée à l'ordre des Citeaux et à l'abbaye de Bonnefont[9]. Elle est protégée par les comtes de Foix, qui s'y font enterrer[10],[11].

Le , les rois Philippe III le Hardi et Jacques Ier d'Aragon, avec les princes de leurs familles et leurs suites, se réunissent à Boulbonne pour débattre des détails de la capitulation du comte de Foix Roger-Bernard III qui est assiégé par Philippe le Hardi[12].

L'abbaye est incendiée puis démolie en lors des guerres de religions, par les 1 500 gendarmes de la bande huguenote des « Casaques noires » du capitaine Jean-Claude de Lévis d'Audon, de la maison de Léran[13],[1]. Les moines se replient alors à Toulouse, au collège de Boulbonne[14].

Cintegabelle[modifier | modifier le code]

C'est 65 ans plus tard, en 1632[15],[1] (ou en 1652[16],[17]), que démarre la reconstruction de l'abbaye sur son site actuel, au lieu-dit de Tramesaygues à Cintegabelle, à l'endroit exact où des moines de l'abbaye de Cuxa avaient installé un prieuré six siècles plus tôt, vers 972[18],[4], ceux-là même qui ont ensuite fondé la première abbaye de Boulbonne à Mazères. En 1717 la reconstruction est commentée par Edmond Martène et Ursin Durand de la congrégation de Saint-Maur : « On a rebâti cette maison avec tant de magnificence qu'elle peut passer pour une des plus belles abbayes de l'ordre de Citeaux. »[19]

L'église est consacré en 1742 par l'évêque de Mirepoix[20].

Début 1753 les restes funèbres des comtes de Foix sont retrouvés par hasard parmi les ruines de Mazères. Le transfert des cendres à Cintegabelle et la cérémonie ont lieu le [21],[22].

À la Révolution française l'abbaye ne compte, en 1790, plus que 9 moines et 4 convers[11], qui sont présents lors de l'inventaire démarré le et terminé le , réalisé pour préparer la mise aux enchères des « biens nationaux » qui a lieu le dans le bureau du district de Muret[23],[24]. Cette vente explique qu'une partie du mobilier se retrouve de nos jours à l'église paroissiale, ou ait purement disparu, comme les quatre grands tableaux du réfectoire. Mais cela est bien peu comparé à toutes les richesses que possédait l'Abbaye, forte des nombreux dons des seigneurs de la région.[réf. nécessaire]

En 1842 Norbert Moulas achète à M. Azam la partie formant l'angle sud-est[1]. Depuis, les bâtiments de l'ancienne abbaye sont restés la propriété de la famille Moulas, et sont ouverts à la visite lors des Journées européennes du patrimoine[25].

Architecture[modifier | modifier le code]

La majorité des édifices a disparu[26], mais il reste certaines façades, le portail d'entrée en briques, la salle capitulaire, le réfectoire, deux couloirs du cloître ainsi que les pigeonniers et les écuries.

De l'église, détruite à la révolution, il ne reste qu'un mur[26]. Elle avait été décrite lors de l'inventaire[27] :

« Au fond du bras droit de la dite église, et du côté de l’Évangile, est placé dans l’enfoncement de la muraille un mausolée où sont renfermé les ossements des comtes de Foix, fondateurs de cette abbaye, et du cardinal Curti, religieux profès de cette abbaye et leur bienfaiteur, lesquels ossements furent retirés de l’ancien monastère de Bolbonne, situé dans la juridiction de Mazères, détruit par les hérétiques, et furent transportés avec solemnité dans la présente église, et renfermés dans ce mausolée fermé d’une pierre en marbre noir avec l’inscription en lettres dorées. »

Personnalités[modifier | modifier le code]

Simon de Montfort séjourne à l'abbaye en 1213 avant la bataille de Muret[28].

Jacques Fournier entre à l'abbaye et deviendra le Pape Benoît XII en 1334[11].

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Jean Moulas, « Chronologie historique de Boulbonne »,‎ (consulté le 19 septembre 2016)
  2. a et b « Notice no PA00094314 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Roschach 1866, p. 326.
  4. a et b Roschach 1866, p. 336.
  5. Société des études du Comminges 1984, p. 198.
  6. L'article de Jean Odol dans Couleur Lauragais N°7 mentionne une distance de 3 km, mais la distance à vol d'oiseau est en fait de 14 km.
  7. Jean Odol, « L'Ordre de Citeaux et l'Abbaye de Boulbonne », Couleur Lauragais N°7,‎ (consulté le 19 septembre 2016).
  8. La « Notice no PA00094314 » déclarant qu'« elle est détruite par les guerres de Religion, puis reconstruite au même endroit » est donc fausse.
  9. Société des études du Comminges 1984, p. 199.
  10. Société des études du Comminges 1984, p. 205.
  11. a, b et c Vincent Moulas, « Patrimoine : Ancienne abbaye de Boulbonne », sur Mairie de Cintegabelle (consulté le 19 septembre 2016).
  12. Roschach 1866, p. 398.
  13. a et b Roschach 1866, p. 399.
  14. a, b et c Société des études du Comminges 1984, p. 208.
  15. « Cisterciens : abbaye de Boulbonne », sur archives départementales de la Haute-Garonne (consulté le 22 septembre 2016) :

    « Après la destruction par les Protestants au 16e siècle, les moines s'installèrent dans leur collège de Toulouse jusqu'en 1632, date à laquelle ils reconstruisirent le monastère à Tramesaigues, entre l'Hers et l'Ariège. »

  16. Société des études du Comminges 1984, p. 209 :

    « Jacques Philibert de Villemur, nouvel abbé, jette donc son dévolu sur les terres du confluent devenues depuis plusieurs siècles un domaine d'agrément pour les moines. Les travaux commencent en 1652. La charpente du bâtiment est confiée à Jean Pelous, artisan de Seire. Mathurin Masnier, serrurier de Foix, se charge de réaliser toutes les ferrures pour 150 livres. Le bâtiment de l'ouest (ou cers) commencé en 1672 est continué par Antoine Amouroux, charpentier de Toulouse. »

  17. « Visite commentée de l'ancienne Abbaye de Boulbonne », sur Ministère de la Culture et de la Communication,‎  :

    « Détruite par les protestants en 1567, ses religieux l'abandonnèrent et se retirèrent à Toulouse dans la maison qu'ils possédaient dans la rue Boulbonne qui leur doit son nom. En 1652, ils décidèrent de relever leur abbaye, mais en la transférant au lieu dit Tramesaygues, au confluent de l'Hers et de l'Ariège, qui avait été anciennement le siège d'un très vieux prieuré dont il reste encore quelques ruines. »

  18. Société des études du Comminges 1984, p. 197.
  19. Roschach 1866, p. 337.
  20. Roschach 1866, p. 338.
  21. Société des études du Comminges 1984, p. 210.
  22. « Cintegabelle. L'abbaye de Boulbonne ouverte à tous »,‎ .
  23. Société des études du Comminges 1984, p. 212.
  24. Roschach 1866, p. 346.
  25. « Visite commentée de l'ancienne Abbaye de Boulbonne », sur Ministère de la Culture et de la Communication,‎ .
  26. a et b « Plan de l'abbaye de Boulbonne de Cintegabelle », sur Gallica.
  27. Roschach 1866, p. 340.
  28. Société des études du Comminges 1984, p. 201.
  29. a, b, c et d Roschach 1866, p. 401.
  30. a, b, c, d, e, f, g, h et i Roschach 1866, p. 348.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]