Abbaye d'Ebrach

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Abbaye d'Ebrach
image de l'abbaye
L'église abbatiale du monastère.

Nom local Kloster Ebrach
Diocèse Diocèse de Bamberg
Patronage Trinité
Numéro d'ordre (selon Janauschek) XXVIII (28)[1]
Fondation 25 juillet 1127
Dissolution 1803
Abbaye-mère Morimond
Abbayes-filles 038 - Rein (depuis 1129)
067 - Heilsbronn (1132-1578)
069 - Langheim (1132-1803)
207 - Nepomuk (de) (1145-1558)
217 - Abbaye d'Aldersbach (1146-1803)
357 - Bildhausen (de) (1158-1803)
Congrégation Ordre cistercien
Période ou style Architecture gothique

Coordonnées 49° 50′ 50″ nord, 10° 29′ 42″ est[2]
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Duché Bavière
Land Bavière
Arrondissement Bamberg
Commune Ebrach

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

(Voir situation sur carte : Allemagne)
Abbaye d'Ebrach

Géolocalisation sur la carte : Bavière

(Voir situation sur carte : Bavière)
Abbaye d'Ebrach

L’abbaye d'Ebrach est une ancienne abbaye cistercienne, située en Franconie, dans le nord de la Bavière. Fondée au début du XIIe siècle, elle est sécularisée par les armées napoléoniennes en 1803. Par la suite, les bâtiments du monastère sont transformés en prison, qui subsiste encore de nos jours.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'abbaye est située au cœur du village d'Ebrach, sur la-rivière Mittlere Ebrach (de), à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Bamberg et une soixantaine à l'est de Wurtzbourg.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

L'abbaye d'Ebrach est le premier établissement cistercien fondé en Franconie, et le deuxième d'Allemagne après Kamp. L'initiative en revient à Berno von Ebrach, qui était Edelfrei ou ministériel. Lui-même choisit, une fois l'abbaye fondée, de se faire convers. Il fait venir de Morimond, en Bourgogne[3], douze moines et le nouvel abbé, Adam, qui arrivent le [4].

Au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La chapelle qui est adossée à l'église abbatiale est construite en premier et consacrée par l'évêque de Würzburg Embricho en 1134[5]. L'église abbatiale consacrée à la Trinité est quant à elle consacrée le par son successeur Berthold[3].

L'abbaye d'Ebrach est un des premiers édifices allemands à introduire l'architecture gothique, en particulier dans la nef : jusque-là, les rares églises d'Allemagne qui étaient dotées de croisées d'ogives l'avaient été sur les bas-côtés[6].

Rapidement, le monastère s'enrichit et acquiert un grand nombre de propriétés foncières dans les campagnes et les villes environnantes[3]. Son succès l'amène aussi à fonder six abbayes-filles : Rein en 1129, Heilsbronn et Langheim en 1132, Nepomuk (de) en 1145, Abbaye d'Aldersbach en 1146 et Bildhausen (de) en 1158[2]. Plus tard, d'autrs abbayes, qu'elle n'a pas fondées, sont confiées à sa surveillance : Wilhering en 1185, Eiteren (de) en 1342 et Bronnbach en 1573[4].

À l'époque moderne[modifier | modifier le code]

La suprématie des évêques de Wurtzbourg empêche les abbés de donner à leur abbaye le statut d'abbaye impériale ; ils aménagent toutefois le monastère, notamment en refaisant l'escalier central (en 1715) et en transformant la vallée marécageuse en jardin fleuri et disposant d'aménagements hydraulique et paysagers. Ils font appel pour cela aux architectes Leonhard Dientzenhofer et Joseph Greissing (de), ainsi qu'au sculpteur Daniel Friedrich Humbach (de)[4]. Le plafond décoré de la salle impériale est l'œuvre du peintre de la cour de Wurtzbourg, Anton Clemens Lünenschloss.

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La sécularisation[modifier | modifier le code]

Vue d'ensemble de l'abbaye.

En 1803, alors que l'abbaye est très active sous l’abbatiat d'Eugène, avec cinquante-et-un moines et dix frères convers, elle est sécularisée et ses biens transférés au Royaume de Bavière[3]. Sept mille personnes travaillaient directement ou indirectement pour l'abbaye, dans trois cents villages et cinq mille hectares de forêt. Toutes les possessions sont nationalisées, les collections artistiques et scientifiques envoyées à Würzburg, Bamberg, Munich et Wolfenbüttel. En particulier, les archives sont désormais à Würzburg. L'église devient paroissiale, intégrée en 1808 à l'archidiocèse de Bamberg[4].

En 1831, l'abbaye est envisagée comme établissement pour personnes handicapées mentales, mais reste vide. En 1840, le roi de Bavière Louis Ier cherche à faire revenir les cisterciens et propose même le don de 50 000 florins pour favoriser cette reprise, mais aucun monastère ne souhaite envoyer de moines ; finalement, en 1851, le royaume de Bavière en fait une prison, ce qu'elle est toujours[4].

La présence de l'abbaye cistercienne a incité la commune d'Ebrach à se jumeler avec la commune française de Ville-sous-la-Ferté, où est située l'abbaye cistercienne de Clairvaux, la plus prolifique de tout l'ordre, et par ailleurs également transformée en centre de détention, la maison centrale de Clairvaux[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, , 491 p. (lire en ligne), p. 106 & 107.
  2. a et b (it) « Ebrach », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le 6 mars 2014).
  3. a b c et d (de) « Pfarrkirche Mariä Himmelfahrt - ehemalige Klosterkirche », sur http://www.pfarrei-ebrach.de/, Paroisse catholique d'Ebrach (consulté le 6 mars 2014).
  4. a b c d et e (de) Markus Schütz, « Ebrach – Vom Garten der Zisterzienser zur Justizvollzugsanstalt », sur http://www.hdbg.eu/, Paroisse catholique d'Ebrach (consulté le 6 mars 2014).
  5. Auguste de Bastard d'Estang, Bulletin du Comité historique des monuments écrits de l'histoire de France : Dixième séance, mercredi 20 mai 1840, Paris, Paul Dupont, , 363 p. (OCLC 58560831, lire en ligne), p. 224.
  6. « L'art gothique — 4.3.2. Architecture », sur http://www.encyclopedie.bseditions.fr/, BS encyclopédie (consulté le 6 mars 2014).
  7. « Clairvaux accueille Ebrach », L'Est-Éclair,‎ (ISSN 2110-5308, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]