Abbaye d'Aywiers

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Ancienne abbaye d’Aywiers
Image illustrative de l'article Abbaye d'Aywiers
Ancien palais abbatial
Présentation
Culte Catholique
Type Abbaye de moniales
Rattachement Cistercien
Début de la construction Début XIIIe siècle
Fin des travaux Désaffectée en 1796
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1976, no 25119-CLT-0003-01)
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province du Brabant wallon Province du Brabant wallon
Ville Lasne (section Couture-Saint-Germain)
Coordonnées 50° 40′ 07″ nord, 4° 28′ 08″ est

Géolocalisation sur la carte : Brabant wallon

(Voir situation sur carte : Brabant wallon)
Ancienne abbaye d’Aywiers

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Ancienne abbaye d’Aywiers

L'abbaye d’Aywiers (dans certains documents : Aywières) était située sur la rivière Lasne, à Couture-Saint-Germain, en Belgique, dans le Brabant wallon. C'était une abbaye de moniales cisterciennes, dont la plus célèbre fut certainement la grande mystique médiévale, sainte Lutgarde de Tongres.

La fondation a lieu aux environs de 1215, puis l’abbaye d’Aywiers se développe le long de la vallée de la Lasne, étendant son autorité sur un domaine de plus de 2 000 hectares. Elle connaît des périodes de décadence et de renouveau et est victime de guerres et de calamités naturelles. Elle est reconstruite trois fois et survit jusqu'à la Révolution française, supprimée en 1796 et ses biens vendus, démolie partiellement au XIXe siècle.

L’ancien palais abbatial, en outre, est converti en un château situé dans un parc de 9 hectares avec le mur d’enceinte de l'abbaye d'origine, ce parc étant ouvert aux visiteurs deux fois par an, lors de la Fête des plantes et des jardins d’Aywiers.

Situation géographique et fondation[modifier | modifier le code]

Pour des raisons historiquement indéterminées, la communauté de moniales bénédictines établie en 1202 à Awirs (près de Liège) quitte la région et s’installe d’abord à Lillois (1204) , près de Nivelles, et ensuite sur des terres qu’on lui offre dans un domaine marécageux et inhospitalier traversé par la Lasne. Sans doute par association à leur ancien monastère, les moniales appellent ce lieu Aywiers qui comme Awirs signifie quelque chose comme les ruisseaux.

L'abbaye est donc située à 17 km au nord-est de Nivelles[1], à Couture-Saint-Germain, en Belgique, dans le Brabant wallon. La fondation a lieu aux environs de 1215. C'est à ce moment que les Bénédictines adoptent la règle de Cîteaux[1].

Sainte Lutgarde[modifier | modifier le code]

Parmi le groupe de fondatrices se trouve Lutgarde de Tongres, une moniale bénédictine qui par désir de vie plus ascétique et contemplative demande son admission à Aywiers vers 1206.

Parlant la langue flamande (ou allemande?), une de ses grandes pénitences (écrit son biographe) est son incapacité à maîtriser la langue française qui est celle du monastère d’Aywiers. D’une grande humilité de caractère et jouissant d’étonnantes faveurs mystiques tout en acceptant de grandes souffrances (Lutgarde est aveugle les 12 dernières années de sa vie) la sainte a un grand rayonnement spirituel. Elle meurt à Aywiers en 1246. Son biographe est le théologien dominicain, Thomas de Cantimpré.

Histoire de l’abbaye[modifier | modifier le code]

L’abbaye d’Aywiers se développe et est très florissante, possédant fermes, granges et bergeries un peu partout le long de la vallée de la Lasne, étendant ainsi son autorité sur un domaine de plus de 2 000 hectares[2]. Les abbesses ont droit de seigneurie sur de nombreux villages des environs. La direction spirituelle des moniales est assurée d’abord par les cisterciens de Villers-en-Brabant et ensuite par ceux d’Aulne, en 1238[2].

Dans sa longue histoire, l’abbaye passe par des périodes de décadence et de renouveau et est victime également de guerres et de calamités naturelles — elle est reconstruite trois fois, les bâtiments que l’on peut voir datant du XVIIIe siècle — mais survit jusqu'à la Révolution française. L’abbaye est supprimée en 1796 et ses biens vendus. Chassées de leur maison, les moniales se réfugient alors au château de Fauquez (1806), puis au château d'Ittre, où la dernière d'entre elles meurt en 1849[1].

Aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, Aywiers subit le sort de beaucoup d’autres abbayes. Les bâtiments spécifiquement religieux, c'est-à-dire l’église qui se trouve devant le château actuel, le cloître et les salles attenantes sont démolis, et servent de carrière de pierre...

Il reste aujourd’hui de l’abbaye un beau portail Sainte-Lutgarde (et deux autres moins monumentaux). L'ingénieur-architecte Albert Storrer, conservateur du Palais de Justice de Bruxelles a restauré la porte Saint-Benoît[3]. L’ancien palais abbatial, ainsi que l'habitation du confesseur et des chapelains flanquée d'une tour carrée, sont convertis en château. Tout cela se trouve dans un parc de 9 hectares dont le solide mur d’enceinte est encore debout. Ont également échappés à la destruction les portes d'En-Bas et d'En-Haut à fronton triangulaire (XVIIIe siècle), un gracieux pavillon style renaissance, et quelques dépendances dont celle de l'ancienne ferme[2],[1].

L'ancien domaine de l'abbaye est morcelé en plusieurs propriétés privées mais deux fois par an, lors de la Fête des plantes et des jardins d’Aywiers le parc est ouvert aux visiteurs. Cette exposition a lieu le premier week-end de mai et le premier week-end d'octobre.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Émile Poumon, Abbayes de Belgique, Office de Publicité, S. A., Éditeurs, Bruxelles, 1954, p. 76-77.
  2. a, b et c Joseph Delmelle, Abbayes et béguinages de Belgique, Rossel Édition, Bruxelles, 1973, pp. 48-49.
  3. Anne-Marie Storrer, Le général van Halen et la Révolution belge de 1830, Bruxelles : Racine, 2005, p. 98 : « L'entrée de l'abbaye d'Aywiers et les bâtiments adjacents sont la propriété de la famille Storrer. La porte Saint-Benoît a été restaurée par Albert Storrer, ingénieur architecte, conservateur du Palais de Justice de Bruxelles ».

Pour compléter[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • D. Denuit, Blanches Dames d'Aywiers. Six siècles de vie monastique en Brabant, Bruxelles, 1976.

Articles connexes[modifier | modifier le code]