Abbaye San Martin de Castañeda

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Abbaye San Martin de Castañeda
image de l'abbaye
Vue générale de l'église abbatiale

Diocèse Diocèse d'Astorga
Patronage Saint Martin
Santa María
Numéro d'ordre (selon Janauschek) DCXL (640)[1]
Fondation VIIe siècle ?
Début construction 921
Fin construction 1571
Cistercien depuis 1245
Dissolution 1835
Abbaye-mère Abbaye de Carracedo
Lignée de Abbaye de Cîteaux
Abbayes-filles Aucune
Congrégation Bénédictins (VIIe siècle-1245)
Ordre cistercien (1245-1835)
Période ou style Architecture romane
Protection Ensemble historique (en 1931)

Coordonnées 42° 08′ 07″ nord, 6° 43′ 12″ ouest[2]
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Royaume Royaume de León
Province Zamora
Comarque Sanabria (es)
Municipio Galende

Géolocalisation sur la carte : Espagne

(Voir situation sur carte : Espagne)
Abbaye San Martin de Castañeda

L’abbaye de Castañeda est une ancienne abbaye, bénédictine puis cistercienne, située en Espagne, plus précisément à Galende, à proximité du lac de Sanabria, dans la comarque de Sanabria (Province de Zamora, Castille-et-León).

Histoire[modifier | modifier le code]

Première fondation[modifier | modifier le code]

Une première fondation dont l'existence est incertaine est supposée avoir pré-existé à la Conquête musulmane de 711. Ce monastère aurait été fondé par les Wisigoths[3].

Refondation après la Reconquista[modifier | modifier le code]

L'abbaye San Martín de Castañeda, située à proximité du lac de Sanabria.

Entre 897 et 916, après que les Espagnols ont commencé la Reconquista, plusieurs futurs moines sanabriens (es) se rassemblent sous l'autorité de l'abbé Martín ; ils sont rejoints par d'autres venus de San Cebrián de Mazote (es), à Valladolid. La Meseta souffre alors d'une sécheresse particulièrement grave, et les moines recherchent une région plus arrosée. Or San Martín de Castañeda est situé à proximité immédiate du lac de Sanabria[3].

Ils sont rejoints en 921 par un troisième groupe, plus important, sous la direction de l'abbé Jean. Ce groupe vient de Cordoue et fuit les musulmans. Leur arrivée marque une étape importante dans la construction du monastère, dont beaucoup d'éléments datent du Xe siècle. Il reçoit à cette époque plusieurs dons du roi Ramire II. Au XIe siècle, le monastère est peut-être à nouveau abandonné à cause des incursions d'Almanzor. Ce qui est certain, c'est qu'en 1150 Alphonse VII demande à des moines bénédictins de reconstruire le monastère. Une communauté monastique s'installe à l'abbaye sous la direction de l'abbé Pedro Cristiano[3].

Le tournant cistercien[modifier | modifier le code]

En 1245, la réforme cistercienne ayant un grand succès, l'abbaye de Carracedo est sollicitée pour devenir l'abbaye-mère de celle de Castañeda. L'abbé bénédictin Viviano termine son mandat et décide de changer d'ordre. L'abbaye de Castañneda est la dernière de la province à se joindre à l'ordre cistercien[4].

Aux XIIIe et XIVe siècles, l'abbaye de Castañeda vit sa période de plus grande prospérité ; son influence s'étend alors à l'ouest jusqu'à Bragance et Miranda, au Portugal, et à l'est jusqu'à Tierra de Campos et Manganeses de la Lampreana[4].

Elle commence ensuite une longue période de déclin. Au XVe siècle, elle rejoint la congrégation réformée de Saint-Bernard de Castille[3]. Au XVIe siècle, elle retrouve un certain prestige, en accueillant les moines étudiants de la congrégation[4].

Après les moines[modifier | modifier le code]

La guerre d'indépendance espagnole met le monastère à mal, et le désamortissement de Mendizábal chasse les moines et ferme l'abbaye en 1835. Les bâtiments conventuels sont utilisés comme carrière de pierres pour la construction des habitations du village, alors que l'église abbatiale, transformée en église paroissiale, subsiste jusqu'à aujourd'hui. En 1931, les restes de l'abbaye sont classés ensemble historique[3] à l'initiative de Manuel Gómez-Moreno[4].

L'abbaye[modifier | modifier le code]

L'église abbatiale[modifier | modifier le code]

L'église abbatiale.
Les absides de l'église abbatiale.

L'église est bâtie en granite ; assez vaste, elle compte trois nefs de quatre travées et forme une croix latine[5]. Son chœur est complété par trois absides, celle du centre plus importante que les deux latérales. Cette architecture n'est pas typique des églises cisterciennes (à chevet plat) et s'explique probablement par l'origine bénédictine du bâtiment. La partie la plus récente est le clocher occidental, reconstruit en 1571, mais dans lequel s'insère la première pierre de la reconstruction de 921[3].

Son plan comme sa décoration la font souvent comparer à la cathédrale de Zamora. Les chapiteaux des colonnes, moins sobres que dans les fondations cisterciennes, sont ornés de thèmes végétaux[4].

Le cloître[modifier | modifier le code]

Le cloître se situait du côté sud de l'abbatiale. Il n'en reste pas trace aujourd'hui.

Le monastère dans la littérature[modifier | modifier le code]

L'écrivain Miguel de Unamuno découvre le monastère au début du XXe siècle et y place une partie de l'action d'un de ses romans, San Manuel Bueno, mártir (es). Notamment un poème fait explicitement mention de l'abbaye :

Extrait de San Manuel bueno, mártir

San Martín de Castañeda,
espejo de soledades,
el Lago recoge edades
de antes del hombre y se queda
soñando en la santa calma
del cielo de las alturas,
en que se sume en honduras
de anegarse, ¡pobre! el alma[4]...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, , 491 p. (lire en ligne), p. 339.
  2. « Castañeda », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le 14 novembre 2013).
  3. a b c d e et f (es) José Manuel Tomé, « Monasterio de San Martín de Castañeda (Zamora) », sur http://www.arteguias.com, Arteguias (consulté le 14 novembre 2013).
  4. a b c d e et f (es) « San Martín de Castañeda », sur http://www.diputaciondezamora.es, Diputación de Zamora, (consulté le 14 novembre 2013).
  5. (es) « Monasterio de Santa María », sur http://www.romanicozamora.es, Romanico (consulté le 14 novembre 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Miguel Fernández de Prada, El Real Monasterio de San Martín de Castañeda : acercamiento a su historia, Madrid, San Pablo, , 527 p. (ISBN 9788428521321).