Abbaye Saint-Martin de Nevers

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Abbaye Saint-Martin de Nevers
Image illustrative de l’article Abbaye Saint-Martin de Nevers
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Rattachement Ordre de Saint-Augustin
Début de la construction VIIIe siècle-IXe siècle-
Fin des travaux XVIe siècle
Protection  Inscrit MH (1926)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nivernais
Département Nièvre
Ville 5 rue Saint-Martin à Nevers
Coordonnées 46° 59′ 22″ nord, 3° 09′ 39″ est

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Abbaye Saint-Martin de Nevers

L' Abbaye Saint-Martin de Nevers, en latin Sanctus Martinus Nivernenfis, est une abbaye située à Nevers, actuel département de la Nièvre, en Bourgogne, France.

Fondée avant 752, elle est fondée à nouveau en 849 par Hériman évêque de Nevers. Elle disparaît entre 1130 et 1143 puis est refondée par Hervé IV de Donzy et son épouse Mathilde de Courtenay vers 1200, sur le bord de la Loire.

Il ne reste aujourd'hui que le logis de l'abbé, inscrit monument historique en 1926[1].

Historique[modifier | modifier le code]

L'Abbaye existait déjà au milieu du VIIIe siècle, puisque l'évêque de Nevers Raginfroi lui fit don en 752 de biens situés à Bourdenay. L'évêque saint Jérôme (796-815) la fit réparer ainsi que l'église Saint-Genest où il fut enterré.[réf. souhaitée]

Heriman, évêque de Nevers refonde cette abbaye en 849 avec seize ou dix-huit chanoines[2]. Elle s'étendait dans un sens depuis la rue Lafayette jusqu'à la rue Pierre Bérégovoy (ancienne rue du Rempart) et dans l'autre depuis la rue Hippolyte Taine (autrefois rue de Rome) et la rue Jean Desveaux (jadis rue de la Banque), jusqu'à l'actuelle place Carnot. Fromond, un de ses moines et à qui l'on doit la reconstruction de l'église, devint d'ailleurs évêque de Nevers de 1125 à 1145. Les chanoines, au départ séculiers, devinrent réguliers en 1143.

Il était d'usage autrefois que l'évêque qui venait d'être nommé passe la nuit dans l'abbaye, la veille de son entrée dans sa ville épiscopale, et qu'il fut ensuite porté par les quatre premiers barons du Nivernais, à savoir ceux de Druy, Cours-les-Barres, Givry et Poiseux, d'abord à l'entrée de la ville, où il prêtait serment à la ville et aux bourgeois, de les aimer, les défendre selon les anciennes libertés et coutumes approuvées, puis jusqu'à sa cathédrale.

C'est dans ses murs que les échevins se réunissaient jusqu'au XVe siècle où fut acheté un bâtiment particulier à cet usage. Le prieur recevait à cet effet cent sols tournois pour la messe qu'il devait célébrer pendant un an, tous les mardis dans la chapelle fondée dans le Chapitre où la ville a accoustumé de s'assembler pour fère ses besognes et négoces[3].

Les comtes de Nevers avaient de fort grande ancienneté le droit de garde et protection de plusieurs abbayes, prieurés et églises, soit pour en avoir été les fondateurs, soit en vertu des convenances faites avec justes causes, homologuées ou par prescription de temps immémoriaux. L'abbaye Saint-Martin de Nevers et l'abbaye Notre-Dame de Nevers sont à la garde spéciale du comte de Nevers, leurs justices sont du ressort du comte, et pour marque de la garde il y a un sergent gardien ordinaire établi par le bailli du Nivernois[4]. Une charte du mois de novembre 1269 stipule que tous les prieurés dépendants de Saint-Martin de Nevers sont sous la même garde que ladite abbaye[5].

C'est en 1520 qu'ils s'agrègent à la Congrégation de Saint-Victor de Paris et vers 1640 à la Congrégation Sainte-Geneviève de Paris.

Un séminaire y fut établi en 1567. La manse abbatiale a été unie au séminaire de Nevers et la conventuelle au collège que possédaient les Jésuites[6] Le , l'abbaye procède avec le duc de Nevers à un échange de redevances bordelières. Elle renonce aux droits qu'elle percevait sur une maison achetée par le duc de Nevers pour l'agrandissement du collège[7].

C'est probablement à l'instigation du P. Poisson, janséniste notoire qui avait malgré tout l'oreille de l'évêque Édouard Vallot pendant vingt ans[8], qu'il retira vers 1687 son séminaire aux chanoines réguliers de l'abbaye, qui ne l'avaient accepté que provisoirement pour le confier aux Oratoriens[9].

Le nouvel évêque Édouard Bargedé, sacré le , n'était en rien janséniste puisqu'il se fit sacrer à l'église du noviciat des Pères Jésuites de Paris. À cette époque, presque toute la ville de Nevers est acquise au jansénisme y compris les chanoines de Saint-Martin. Le , le pape Clément XI publia la bulle Unigenitus. Édouard Bargedé fit partie des quarante prélats signataires à l'occasion de la réunion de l'Assemblée du clergé à Paris en janvier 1714 sous la présidence du cardinal de Rohan de l'acceptation de la dite bulle. Il la fit publier et le le chapitre à l'unanimité[10] donne son adhésion et à la bulle et à la lettre de l'évêque[11].

Le , onze des chanoines signataires se rétractèrent[12]. Dans le parti opposé aux dissidents se trouvaient deux Bargedé, frères de l'évêque, ainsi que les chanoines Avrillon et Corvol, ses cousins, et trois officiers de sa Chambre ecclésiastique, les chanoines de Bézé, Velluet et Goussot[13] L'abbé Eustache de Chéry de Mongazon, trésorier du chapitre reçut une lettre de cachet datée du , qui lui fut signifiée le , l'exilant à Saint-Flour en Auvergne. Après que les membres du chapitre sollicitent le duc d'Orléans, se portant garants de son innocence et allant même jusqu'à charger l'un d'entre eux de se rendre à la Cour pour y rétablir la vérité et obtenir réparation[14] que l'abbé lui-même demande grâce au dit duc, il se passa deux ans avant son retour.

À sa suppression à la Révolution l'abbaye est encore occupée par des Génovéfains. Les bâtiments furent terriblement endommagés, la maison abbatiale vendue au début des événements, puis par le percement de la rue Neuve-Saint-Martin. Ce qui restait du couvent fut rasé en 1900, le terrain vendu par lots et deux voies y furent ouvertes, le prolongement de la rue Hoche et la rue de la Liberté.

Description[modifier | modifier le code]

Église abbatiale[modifier | modifier le code]

Le clocher fut rasé à la Révolution. Elle fut utilisée pendant quelques mois entre 1809 et 1810 comme marché à la viande, puis occupée par la gendarmerie qui y logea ses chevaux sous l'Empire.

Cloître[modifier | modifier le code]

Bâtiments conventuels[modifier | modifier le code]

Occupé par la gendarmerie sous l'Empire, qui y logeait.

Cimetière[modifier | modifier le code]

C'est dans ce lieu qu'avaient lieu les assemblées de bourgeois.

La maison du prieur[modifier | modifier le code]

Archives[modifier | modifier le code]

Conservées dans une salle voûtée qui ne fut restituée à l'abbaye qu'en 1642 avec la possibilité d'être reprise en cas de nécessité.

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

Congrégation savante, ils avaient une bibliothèque très importante.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Blason à dessiner.svg

D'or, au cœur enflammé de gueules, traversé en barre par une flèche d'azur, et tenu par une main dextre de carnation parée d'azur, mouvant du flanc sénestre de l'écu.


Devise[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Jean II Casimir Vasa par Marcello Bacciarelli (1731-1818) peintre du roi

Abbés, prieurs[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive) Quand les revenus de cet établissement devinrent pour le roi un moyen de faire des largesses à ses favoris, l'abbaye n'eut plus qu'un prieur à sa tête, l'abbé nominal n'y résidera plus.

Personnalités en rapport avec l'abbaye[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Terriers, propriétés revenus[modifier | modifier le code]

Églises, cures;
  • Chapelle de la Madeleine d'Augerolles (Puy-de-Dôme) (1773-1783)[18]
  • Chapelle Sainte-Marie de Nevers, construite dans le faubourg du Martelet par les chanoines de l'abbaye Saint-Martin de Nevers, elle est agrandie et couverte de voûte en 1317. Aux XVIe siècle et XVIIIe siècle, elle sert de funérarium pour les seigneurs de Nevers, décédés hors la ville, avant la cérémonie religieuse dans la cathédrale. Elle fut vendue comme bien national en 1790 et transformée en habitation. Elle ne fut redécouverte qu'en 1999.
  • Chapelle Saint-André de Faulin, (1575-1576), Dom Pierre Rousseau, sacristain de Saint-Étienne de Nevers, se fait désigner sous le titre de prieur de Saint-André de Faulin. Elle semble n'avoir jamais été un prieuré[19]. Frère Jean Guenoist religieux de Saint-Augustin fut chapelain de cette chapelle[20]
  • Saint-Romain de Lucenay, le bénéfice simple est en 1766 au prieur et curé de Saint-Martin: Pierre Canivest
Abbayes, prieurés
  • Abbaye de Villegondon, (Chartes 1131-1135), sur la commune de Saint-Loup (aujourd'hui disparue). Les Chartes conservées en font les plus anciens documents des Archives Départementales de la Nièvre. Hugues le Manseau fait une donation en 1131 cette abbaye et appose son sceau[21]
Terres
  • Bourdenay (752) don de terres par l'évêque Rainfroi
Moulins
  • Moulin du Pont-Cizeau, à Nevers, acquis par échange d'une rente de 100 sous par la comtesse Mathilde de Courtenay dite aussi Mahaut en 1257
Droits
  • Droit de pesage: droit fructueux, cédé par le prieur en 1388 à la comtesse de Nevers :Marguerite III de Flandre. Le droit du comte dit plus tard droit de la ville, sera installé à cette date aux Vieilles halles Saint-Arigle, sous le bailliage, rue des Boucheries.

Fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

Lors des différents chantiers des fouilles permirent de retrouver de nombreux cercueils sur des décombres gallo-romains, une plaque de cuivre commémorant la pose de la première pierre de la reconstruction de 1755, un grand bronze de Néron, un double tournois du roi Philippe IV (1285-1314), un douzain de Louis XIII

Iconographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gallia christiana, t.XII, Instrumenta, col.300 & col.675-676.
  • N. Gauthier et J.C. Picard, Province ecclésiastique de Sens, Paris, 1992 (Topographie chrétienne des cités de la Gaule des origines au milieu du VIIIe siècle, 8) p. 150.
  • Vincent Tabbagh, Notice sur St Martin de Nevers, version en ligne.2013.
  • éd. R. de Lespinasse, Cartulaire de Saint-Cyr de Nevers, Nevers, 1916, no 3
  • Dom Beaunier, Recueil historique, chronologique et topographique des archevechez, abbayes et prieurz de France…, t.II, Paris chez Alexis Xavier René Mesnier, Libraire Imprimeur rue Saint-Séverin au Soleil d'Or, p. 851.
  • Jean Née de La Rochelle, Pierre Gillet et Jean-François Née de La Rochelle, Mémoires sur le département de la Nièvre..., vol. II, Bourges, J.-B.-C. Souchois, , 430 p. (lire en ligne), p. 172-174.
  • Jules Charrier, Le Jansénisme dans le diocèse de Nevers dans Revue de l'histoire de l'Église de France, t. 5. no 28, 1914, p. 478-505.
  • Wilhem Wiederhold, Papsturkunden in Franckreich (Documents pontificaux concernant la France), Bery, Boubonnais, Nivernais und Auxerrois (Aus den Nadrischten der K. Gesellschaft der wissenschaften zu) Gottigën. Philologisch historisch Klasse 1910, In-8° de 179.p. Bulle des papes de 1000 à 1197 pour la Nièvre (abbaye St Martin de Nevers etc.)
  • André Sery, Étienne Antoine Alfred Lelong, L'Abbaye Saint-Martin de Nevers de chanoines réguliers de Saint-Augustin, G. Vallière, 1902, 286 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Archives Départementales de la Nièvre, - Bâtiments dans inventaire sommaire Série D. 1753-1690.
  1. « Maison dite du Prieur de l'abbaye de Saint-Martin », notice no PA00112958, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Base des collégiales séculières de France
  3. Archives communales de Nevers, CC, 7.
  4. Guy Coquille (1523-1603), Les Œuvres de maistre Guy Coquille sieur de Romenay, contenant plusieurs traitez..., À Bordeaux, chez Claude Labottière, à Paris chez Jean Guignard rue Saint-Jacques, 1703, p. 328.
  5. Guy Coquille, op.cit, p.328.
  6. Fevret de Fontette, Les Jésuites dans l'Histoire de l'abbaye de Saint-Cyran-en-Brenne au diocèse de Bourges, Bibliothèque Historique de France, Jacques Le Long, Imprimerie Heressant, 1768, t.I.
  7. AD de la Nièvre série D, collège de Nevers, 1573-1690, p. 3 de l'inventaire sommaire.
  8. La Gazette de Hollande, 1698.
  9. Batterel, op.laud, loc. cit., cité par Jules Charrier, Le Jansénisme dans l'ancien diocèse de Nevers, dans Revue de l'histoire de l'Église de France, t.5. N°28. 1914, p.483/478-505.
  10. Unanimité des vingt-trois capitulants, le nombre des prébendes s'élevait à trente-cinq, (Gallia Christiana, t.XII, col.626) les autres n'avaient pas voix délibératives. Seuls les chanoines prébendés et qui étaient dans l'ordre sacré, jouissaient de ce privilège (Recueil des statuts du chapitre, dit Livre noir, recueil perdu dont il existe une copie).
  11. Arch. nat. L.15.
  12. Rétractations des chanoines du chapitre de Nevers et des curés d'Évreux, de Nevers et de Toulon, de la publication de la bulle Unigenitus, p.15. In-12 de 24 pages, 1716 (Bibl. nat., Ld4841.) Cf. Arch nat. L.15 (copie ms authentique), référence cit par Jules Charrier, op.cit. p.495.
  13. Abbé Ch. Peyrard, Notes pour servir à l'histoire du grand séminaire de Nevers, 1905, p.52, note 3.
  14. Archives des Affaires étrangères, Mémoires et documents , n°1489, fol106-107), Lettre du chapitre de Nevers au duc d'Orléans du 8 janvier 1716
  15. Nicolas Petit, op.cit, n°1511, p.127.
  16. Nicolas Petit, op.cit., n°2572, p.196.
  17. Archives de la Nièvre Catégorie D, Pisani, Charon Briand, p. 43 dans Prosopographie génovéfaine, Répertoire biographiques des chanoines réguliers de Saint-Augustin de la Congrégation de France de 1624 à 1789, par Nicolas Petit, librairie Droz, 2008, p. 169/596., no 2144.
  18. Nicolas Petit, op.cit.
  19. André River, Chronique d'histoire régional, année 1945, vol.31, n°119, p.375. Dans Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts, t.XXX, 4e fasc, 1941 Nevers, Porte du Croux, 1942.
  20. Inventaire sommaire des AD de la Nièvre antérieures à 1790, série B.
  21. D. Viole, Mémoires manuscrites sur l'Auxerrois, cité par un religieux de la Congrégation de Saint-Maur dans L'Art de vérifier les dates des faits historiques…, Paris 1818, t. XIII, p. 97.