Abbatiale Sainte-Glossinde

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Abbatiale Sainte-Glossinde
Image illustrative de l’article Abbatiale Sainte-Glossinde
Présentation
Nom local Église Sainte-Glossinde
Culte Catholique romain
Type Abbatiale puis église paroissiale
Rattachement Évêché de Metz
Début de la construction 1752
Fin des travaux 1756
Style dominant néoclassique (extérieur)
rococo (intérieur)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Ville Metz
Coordonnées 49° 06′ 47″ nord, 6° 10′ 25″ est

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L’abbatiale Sainte-Glossinde est l’église d’une ancienne abbaye bénédictine fondée vers 604 par Glossinde de Champagne (580610), dans la ville de Metz, alors capitale du royaume d’Austrasie. Elle a été remaniée au fil des siècles et existe toujours, l’abbaye étant le siège de l’évêché de Metz.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vitrail de saint Chrodegang

Une partie des caves est constituée de cryptoportiques gallo-romains, ayant vraisemblablement servi d’entrepôts à l’époque romaine[1].

Aux environs de l’an 604, sous le règne de Thibert II, une jeune fille de la noblesse franque d’Austrasie, Glossinde, fille du duc de Champagne Wintrio, chef des leudes d’Austrasie, établit à l’intérieur de la ville de Metz, non loin des murs, un pieux asile qui est bientôt peuplé par cent vierges consacrées à Dieu.

Glossinde meurt six ans plus tard, le 25 juillet, à peine âgée de trente ans. Très vite, ses reliques sont vénérées et l’on signale de grands miracles réalisés par son intercession. Primitivement conservées dans l’église des Saints-Apôtres, actuel mess des officiers, ses reliques sont transférées successivement à l’église Sainte-Marie-hors-les-Murs, puis dans l’église principale du couvent, où elles sont encore visible derrière l’autel de la chapelle actuelle.

L’abbaye Sainte-Glossinde est un des rares monastères de la ville de Metz ayant toujours conservé son emplacement primitif.

Au Xe siècle, la communauté fut spoliée de ses biens et la misère s’installe, tandis que la vie religieuse laisse à désirer. L’évêque Adalbéron Ier ordonne la restitution des biens, met sa nièce Himiltrude à la tête du monastère et fait construire en 951 une église à l’emplacement de l’édifice actuel. Nul ne sait si c’est cette église qui perdurera jusqu’en 1752. En 1473, la ville menacée par les Lorrains, fait abattre toutes les maisons et édifice du monastère qui touchent la muraille.

En avril 1552, la ville (à l’instar ses voisines Toul et Verdun) est prise par les Français. Pour des raisons d’ordre militaire, le monastère est enseveli en partie sous des fortifications édifiées sur ordre du duc de Guise… En effet, l’empereur Charles Quint ne peut laisser une cité impériale être annexée par l’ennemi sans réagir. Il fait en vain le siège de la ville de Metz en octobre mais doit se retirer au cours de l’hiver.

En 1565, le clocher est partiellement abattu jusqu’à la hauteur des voûtes et en 1611, l’entrée située au sud, du côté de la porte Serpenoise, est bâtie à son emplacement actuel. L’église est également rénovée.

En 1648, Metz devient Française de jure (Traités de Westphalie). En 1674–1676, Vauban retire à l’abbaye une grande partie de ses terrains pour construire murs et fossés de défense et le chœur de l’église est sacrifié.

Vue générale de la chapelle

En 1717, la salle du chapitre, la cuisine et le réfectoire sont construites (seule subsiste la salle du chapitre). En 1752, l’abbatiale menaçant de tomber en ruine, Élèonore Hotman entreprend la construction de la nouvelle église le 12 octobre 1752. Les architectes sont Barlet et Louis[1], l’édifice sera achevé avec son nouveau clocher en 1756. Charles de Belle-Isle, gouverneur de la province des Trois-Évêchés durant cette période, participe à la reconstruction.

Exemple unique à Metz, l’église est de style rococo. La nef, très courte, était réservée aux moniales et le transept aux laïcs. Le décor sculpté est très raffiné, mais l’œuvre la plus remarquable est la fresque de la coupole peinte par Girardet, peintre du roi Stanislas. Le mobilier (autel, baldaquin, confessionnaux, lutrin, statues, etc.) est lui aussi remarquable. Dans la crypte, on peut toujours lire les épitaphes funéraires de quatorze religieuses[1].

Durant les troubles révolutionnaires, le clocher est à nouveau détruit. Le 31 août 1792, les religieuses sont expulsées et le 7 septembre, l’église est vidée de son mobilier. Elle sert tout d’abord de dépôt puis on y loge les bœufs de boucherie pour l’armée du maréchal Kellermann. Les bâtiments annexes accueillent l’hôpital ambulant des armées. L’église est rendue au culte en 1802 et l’abbaye désaffectée fut attribuée au logement de l’évêque qui n’avait plus de demeure (la construction du palais épiscopal près de la cathédrale ayant été interrompue par la Révolution)[1].

En 1816, l’architecte Derobe restaure l’abbaye et construit le nouveau portail d’ordre ionique qui s’ouvre sur la place Sainte-Glossinde. Une dernière restauration a lieu en 1909.

Aujourd’hui, en plus d’être le lieu de résidence de l’évêque, les bâtiments de l’évêché comprennent l’administration diocésaine (secrétariat, chancellerie, service des archives, service de la communication…), l’officialité (tribunal épiscopal, responsable par exemple des procès de nullité de mariage) et les bureaux des Pèlerinages diocésains.

La chapelle Sainte-Glossinde, les petit et grand vestibules, la chapelle de l’Évêque au premier étage et la salle du tribunal ecclésiastique (ancienne salle du Chapitre) avec son décor (rez-de-chaussée) font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [2].

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Abbesses[modifier | modifier le code]

  • 604 - - Glossinde de Champagne
  • ....
  • v.945-975 - Himiltrude, nièce d'Adalbéron I, évêque de Metz.
  • 975-???? - Vode ou Ode.
  • ....
  • 1085-1112 - Hodierne.
  • 1112-1128 - Hermentrude.
  • 1128-1150 - Agnès.
  • 1150-1151 - Marguerite.
  • 1151-1170 - Agnès.
  • 1170-1180 - Lorre ou Lorrette.
  • 1180-1200 - Hawy.
  • 1200-1215 - Vode ou Ode.
  • 1215-1240 - Image.
  • 1240-1260 - Nicole.
  • 1260-1275 - Alix.
  • 1275-1290 - Mathiate.
  • 1290-1312 - Marguerite de Condé.
  • 1312-1328 - Cécile Marchand. Elle démissionne en 1328.
  • 1328-1331 - Marguerite Jacques.
  • 1331-1345 - Marguerite d'Oyex ou d'Oxey.
  • 1345-1367 - Lorette de Laitre.
  • 1367-1390 - Marguerite Boileau.
  • 1390-1404 - Marguerite de Faux ou de Fay.
  • 1404-1414 - Alexie ou Alix d'Echt (d'Eltz?)
  • 1414-1422 - Marguerite de Bourguien.
  • 1422-1427 - Marguerite de Loguierre.
  • 1427-1453 - Isabelle de Larde.
  • 1453-1468 - Isabelle de Randac ou Raudey. Elle mourut en 1472.
  • 1468?-1472 - Catherine de Toullon.
  • 1472-1478 - Isabelle d'Echt (d'Eltz?)
  • 1478-1505 - Perrette Papparel.
  • 1505-1520 - Alexie ou Alix de Dommartin. Elle fut d'abord abbesse de Juvigny.
  • 1520-15?? - Salomée ou Salomone du Châtelet.
  • 15??-1549 - Catherine du Châtelet.
  • 1549-1577 - Madeleine du Châtelet.
  • 1577-1596 - Françoise du Châtelet.
  • 1596-1602 - Guillemette de Chauvirey.
  • 1602-1606 - Françoise de Foix-Candale
  • 1606-1647 - Louise de La Valette[3], nièce de la précédente.
  • 1647-1654 - Françoise de Lénoncourt.
  • 1654-1680-1701 - Louise de Foix-Candale. Exilée en 1680, elle meurt en 1701 aux Ursulines de Ligny.
  • 1680-1681 - Marie Texier d'Hautefeuille. Religieuse de Chelles, nommée coadjutrice de Louise de Foix-Candale, exilée, pour réformer l'abbaye.
  • 1681-1701-1719 - Catherine Texier d'Hautefeuille, sœur de la précédente qu'elle remplace en 1681 comme coadjutrice de Louise de Foix-Candale. Elle devient abbesse en 1701.
  • 1719-1722 - Marguerite-Vincente de Hotman ou d'Hotman.
  • 1723-1762 - Marguerite-Eléonore de Hotman ou d'Hotman.
  • 1762-1790 - Isabelle-Claire de Choiseul-Beaupré. Dernière abbesse[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Cérémonial à l’usage de l’abbaye royale de Sainte-Glossinde de Metz », Paris, Ballard, 1739.
  • A. Huguenin, « Sainte-Glossinde, premier monastère de la ville de Metz » dans l’Austrasie, 1, 1853, p. 18-25, 70-76.
  • Georg Wolfram, « Die Urkunden Ludwigs des Deutschen für das Glossindenkloster in Metz von 875 November 25 » in Mitteilungen des Instituts für österreichischen Geschichtsforschung, 11, 1890, p. 1-37.
  • Eugène Voltz, « Les bâtiments de l’abbaye Sainte-Glossinde de Metz » dans les Mémoires de l’académie de Metz, 1962, pp. 126-156.
  • Claude Baudelet, « Aspects de l’économie rurale dans la région messine au 18e siècle, L’abbaye de Sainte-Glossinde », université de Nancy, maîtrise, 1970, III-81 p.
  • Jean-Luc Fray, « Le temporel de l’abbaye bénédictine de Sainte-Glossinde de Metz », université de Nancy, mémoire de maîtrise, 1974, 119 p.
  • Jean-Luc Fray, « Le temporel de l’abbaye Sainte-Glossinde de Metz (11e-13e siècles) », ASHAL, 1980, pp. 103-134.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Présentation de l’évêché de Metz—Église catholique de Moselle. Consulté le 11 novembre 2009.
  2. Notice no PA00106811, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Généalogie de la Maison d'Estrées : Louise, est la fille de Diane d'Estrées et du duc d'Epernon, et donc nièce de Gabrielle d'Estrées
  4. Dom Calmet, Histoire de la Lorraine..., Nancy, Antoine Leseure, lxxxix-lc