Abaca Press

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Abaca Press

Création 1992
Dates clés 1994 2002 2009 2015
Fondateurs Jean-Michel Psaïla,Robert Laponce,Christophe Guibbaud
Forme juridique SAS
Siège social Levallois-Perret
Drapeau de France France
Direction Jean-Michel Psaïla
Activité Agence photographique Agence de presse
Produits Photos, Communication Corporate, Reportages
Effectif 20 salariés, 300 correspondants
Site web www.abacapress.com

Chiffre d’affaires 3,8 Mio. Euro (2017)

Abaca Press[1] est une agence de presse photographique française qui a été fondée en 1992 par les journalistes et photoreporters français Jean-Michel Psaïla, Robert Laponce et Christophe Guibbaud.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Entre 1992 et 1997, l'agence Abaca et ses trois associés s'installent dans des petits locaux loués au 25 rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris où leur travail consiste principalement à faire du photojournalisme d'investigation automobile et people en collaborant avec Auto Plus et : «C'est du journalisme d'investigation, se défend Jean-Michel Psaila, directeur de l'agence de photos spécialisée Abaca. Nous travaillons souvent directement avec les journaux pour les reportages et tous les clichés sont réalisés régulièrement, sans infractions.»[2] Cette entreprise est cité dans un arrêté du 3 mai 1994 du Journal officiel de la République française comme agence de presse [3].

À partir de 1997, Abaca Press entreprend la création de son réseau de presse française et recherche des sources étrangères pour pouvoir diffuser plus de photos en France et à travers le monde. Entre-temps, Robert Laponce et Christophe Guibbaud quittent la direction d'Abaca et Bruno Cassajus obtient 15% des parts ainsi que le poste de Vice-Président au sein de l'agence française.

Aux alentours de l'an 2000, l'agence française crée son site web. C'est la fin des laboratoires à pellicules photos et de la photographie argentique. L'arrivée du numérique bouleverse les métiers du photojournalisme et les photographes de cette agence se voient obtenir leur premier appareil numérique, le Nikon D1 ou Kodak DCS.

L'épisode américain[modifier | modifier le code]

En 2002, le président Jean-Michel Psaïla et vice-président Bruno Cassajus décident d'ouvrir une agence de presse photographique aux États-Unis nommée Abaca USA[4]. Elle s'installe d'abord à Los Angeles, berceau des célébrités américaines, où elle couvre de grands événements américains comme les Oscars, les premières de film ainsi que Golden Globes et Grammy Awards. Elle se déplace ensuite à New York en 2005 et y reste jusqu'en 2017.

Cette société américaine permet à l'entreprise française d'atteindre une résonance internationale dans le domaine du photojournalisme en se démarquant avec des couvertures dans les magazines américains comme Time Magazine, Rolling Stone, People Magazine et Newsweek. En 2008, l'agence américaine obtient un investissement de Press Association qui devient partenaire à 50%[4].

En 2010, le président de l'agence française et américaine Jean-Michel Psaïla s'installe à New York pour restructurer Abaca USA. Il donne alors la direction de son agence en France à son associé Bruno Cassajus. Lorsque l'Affaire Strauss-Kahn éclate en 2011, une opportunité se présente pour cette agence qui voit ses photos publiées dans le monde entier. Jean-Michel Psaila retourne en France en 2013, et Abaca USA ferme ses portes en 2017 ce qui suscite une recentralisation de l'activité Abaca en France.

Durant cette période entre 2002 et 2017, Abaca envoie plusieurs de ses photographes français comme Lionel Hahn et en découvre d'autres comme Olivier Douliery. Ces deux photographes sont toujours salariés de l'agence française. Lionel Hahn continue son travail de photographe à Los Angeles où il couvre les événements américains cités ci-dessus[5]. Olivier Douliery est le seul photographe français qui est accrédité à la Maison Blanche ce qui lui a permis d'obtenir de nombreux prix de photographie aux États-Unis[6].

L'évolution d'Abaca Press entre 2000 et aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Après son adaptation au numérique, Abaca Press organise son activité autour de scoops et reportages à l'aide de nombreux photographes. Cette agence et son président entretiennent des contacts avec les directeurs photo et les rédacteurs en chef de magazines français. Grâce à la concurrence entre les magazines et quelques sujets exclusifs, de nombreuses photos sont vendues et certaines se retrouvent sur la couverture de magazines comme Time Magazine, Rolling Stone, People Magazine, Newsweek,Gala, Voici, Bunte, Paris Match, VSD, et Le Figaro. Jusqu'en 2008, les affaires sont florissantes et Abaca atteint l'effectif de 52 salariés avec une vingtaine de photographes et une trentaine de personnes en agence.

En 2009, Abaca Press se diversifie et s'agrémente d'un service corporate, nommé Abaca Corporate. Face à l'utilisation croissante de l'image dans la communication des entreprises, ce service de photographie émerge pour répondre aux besoins du marché et propose des prestations photographiques adaptées aux entreprises.

Après la vente de Gamma et la liquidation de Sygma en 2010, Abaca Press entre dans le palmarès des trois premières agences de presse photo généralistes françaises. Ses photographes et correspondants couvrent des événements mondiaux comme les Fashion Weeks par exemple à New York, Fashion Week de Milan, Londres, Paris et Berlin ainsi que les Jeux olympiques, quelques Championnats du monde, le G20, le Festival de Cannes avec les Grammy Awards, les Golden Globes et les Oscars à Los Angeles.

Pendant cette période, l'agence française déménage à cinq reprises d'abord à Boulogne en 1997, elle passe à Clichy. Puis en 2007, elle migre au 24 rue Baron où elle s’installe dans des bureaux de 340 m2 dans le XVIIe arrondissement. En octobre 2011, l'agence déménage à nouveau et s'installe dans les locaux de Gamma au 104 Boulevard Arago dans le XIVe arrondissement[7]. Le siège d'Abaca Press se situe aujourd'hui à Levallois-Perret[8].

Lorsque son président rentre des États-Unis, la situation économique de l'agence photographique française est complexe en raison d'importants changements au sein du métier. Le monde de la photographie et de la presse sont en crise: « Entre la crise de la presse, qui dispose de beaucoup moins de moyens pour les reportages, et la généralisation des procès pour atteinte à la vie privée, il y a des vedettes qu'on ne suit même plus. »[9]

Après un parcours conséquent, la première agence indépendante française ne peut échapper à la concurrence de grandes agences comme Getty et l'AFP. En février 2015, l'agence française fait face à une rude épreuve, le redressement judiciaire. «Le 3 février 2015, le tribunal de commerce de Nanterre a accepté la demande d’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire pour permettre à l’agence de presse dirigée par Jean-Michel Psaïla et Bruno Cassajus de se réorganiser face à la concurrence sauvage qui sévit dans le marché de la photo de presse.»[10] En mars 2016, le tribunal accorde son soutien à l'agence française qui entame alors une procédure de restructuration de l'entreprise.

À partir de 2007, Abaca Press cumule des contrats de diffusion avec DPA, Press Association, Tribune Media, quelques années après avec TASS, CTK (2013), puis plus récemment AA et ANSA en 2016 puis EFE en 2017.

En 2017, Abaca Press signe un contrat exclusif de redistribution de photos sur le territoire français avec les magazines anglais The Times, The Sunday Times et the Sun[11].

Jean-Michel Psaïla est aujourd'hui le président d'Abaca Press dont il détient 100% des parts.

En 2018, le réseau d'Abaca Press reçoit des images de plus d'une centaine de photoreporters et distribue environ 3000 photos par jour dans le monde.

Les photographes[modifier | modifier le code]

Parmi les 30 photographes qui ont contribué à la réputation de l'agence, citons : Ammar Abd Rabbo, Elodie Gregoire, Christophe Guibbaud, Nicolas Gouhier, Olivier Douliery[12], Lionel Hahn, Elodie Grégoire, Patrick Bernard, Frédéric Nébinger, Axelle de Russé, Thierry Orban, Corinne Dubreuil[13] et Mustapha Benhamed etc.

Le 22 Juin 2018, le ministre de l'éducation national Jean-Michel Blanquer décerne à Ammar Abd Rabbo la décoration honorifique française et le titre de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres[14].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Parfois écrit seulement : « Abaca ou Abacapress ».
  2. Jacques Dodeman, « LES BONS SCOOPS DE LA PRESSE AUTOMOBILE », sur Stratégies,
  3. Direction de l'information légale et administrative, « Arrêté du 3 mai 1994 modifiant la liste des organismes constituant des agences de presse au sens de l'ordonnance no 45-2646 du 2 novembre 1945 portant réglementation des agences de presse », sur Légifrance,
  4. a et b Jonas Cuénin, « 7 jours d’agences: Abaca USA », sur L’Œil de la photographie,
  5. (en) Vanda Biffani, « Interview with Lionel Hahn », sur Manfrotto,
  6. Benjamin Favier, « Olivier Douliery », sur lemondedelaphoto,
  7. Michel Puech, « ABACA PRESS DÉMÉNAGE… CHEZ GAMMA ! », sur À l'oeil,
  8. Societe.com, « ABACA PRESS », sur Societe.com,
  9. Alexandra Michot, « Saint-Tropez et les paparazzis, c'est fini! », sur Le Figaro,
  10. Michel Puech, « L’agence de presse photo Abaca dans la tourmente », sur Mediapart,
  11. (en) WILL CARLETON, « ABACA PRESS signs exclusive photo distribution deal with major UK newspaper titles », sur Photoarchivenews,
  12. (en) « Olivier Douliery », sur The White House News Photographers Association
  13. Michel Puech, « CORINNE DUBREUIL, GRAND PRIX DU FESTIVAL DE PHOTOJOURNALISME SPORTFOLIO », sur À l'oeil,
  14. (en) Will Carleton, « ABACAPRESS photographer Ammar Abd Rabbo awarded ‘Chevalier de l’ordre des Arts et des lettres’ », sur photoarchivenews,

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]