Aaron Copland

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Aaron Copland, né le à Brooklyn (New York) et mort le à Tarrytown (New York), est un compositeur, écrivain sur la musique, pianiste et chef d'orchestre américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aaron Copland est né dans une famille d'émigrés russe lithuanien[1]. Son père, Harris Kaplan, a immigré alors qu'il était adolescent et anglicisé son nom[1]. Sa mère, Sarah Mittenthal est arrivée petite fille aux États-Unis et a grandi d'abord dans le Midwest, au Texas, avant de s'installer à New York en 1881[1]. Après leur mariage le couple vécut au-dessus de leur magasin à Brooklyn.

Formation[modifier | modifier le code]

Sa sœur Laurine, l'initie au ragtime, à l'opéra et lui donne les bases du jeu au piano[1]. Aaron étudie ensuite dès onze ans, le piano avec Leopold Wolfsohn entre 1913–1917, où il travaille Mozart, Beethoven et Chopin[1]. Il travaille la théorie avec Victor Wittgenstein (1917–1919) et Clarence Adler (1919–1921)[1]. Sur la même période (1917 à 1921), il prend des leçons d'harmonie, de théorie et de composition avec Rubin Goldmark[1], un célèbre professeur et compositeur américain. Goldmark a donné au jeune Copland une solide formation, spécialement dans la tradition allemande. En outre il assiste à des représentations d'Isadora Duncan et des Ballets Russes[1] et fréquente les bibliothèques à la recherche des partitions américaines et européennes. Sa Sonate pour piano (1921), est son diplôme avec Goldmark et sa première publication, toujours pour piano The Cat and the Mouse paraît en 1920.

Aaron Copland passe l'été 1921 au Conservatoire américain de Fontainebleau, en France et suit l'enseignement de Paul Antonin Vidal (composition) et Albert Wolff (direction d'orchestre)[1]. Puis de 1921 à 1924, l'enseignement de Ricardo Viñes (piano). C'est là qu'il rencontre Nadia Boulanger, de loin son professeur le plus important[1] : « je compris immédiatement que j'avais trouvé mon maître » écrira-t-il. C'est auprès d'elle qu'il se forme à la composition, comme pratiquement tous les compositeurs américains de sa génération et des suivantes. Il fréquente les après-midis littéraires (Wednesday teas) où il fréquente André Gide, et dont les livres marquent beaucoup le jeune Copland[1]. Sous la tutelle de Boulanger, il écrit sa première œuvre pour orchestre, Grohg, un ballet achevé aux États-Unis.

Carrière[modifier | modifier le code]

De retour aux États-Unis en 1924, Aaron Copland donne les créations de ses premières œuvres grâce au soutien de Boulanger[1] : Symphonie pour orgue et orchestre (1925), par Walter Damrosch et Nadia Boulanger ; Music for the theater (1925) et Concerto pour piano et orchestre (1927), par Serge Koussevitzky et l'Orchestre symphonique de Boston. Ce concerto fait scandale du fait de l'insertion d'éléments issus du jazz. Copland restera lié toute sa vie à l'Orchestre symphonique de Boston ainsi qu'aux activités de la fondation Koussevitzky. Le chef d'orchestre créera une douzaine d'œuvres du musicien[1].

Il fonde en 1928 les Copland-Sessions Concerts à New York. Il s'agit de séries de concerts destinés à promouvoir la jeune musique américaine. Ces sessions perdureront jusqu'en 1931. De 1932 à 1933 il dirige le Festival de musique contemporaine de Yaddo, dans l’État de New York, tout en continuant une carrière de pianiste, chef d'orchestre et pédagogue. C'est là qu'il connaît ses premiers grands succès en tant que compositeur.

En 1938, il accepte d’écrire pour la troupe de Lincoln Kirstein[2], Ballet Caravan, un ballet retraçant la vie de Billy the Kid, le bandit américain. C’est le premier western exprimé en langage musical. Véritable spectacle cinématographique par son impétuosité et sa vivacité, il raconte la légende d'un innocent garçon qui tourne en hors-la-loi sous la violence des mœurs de la vie de pionnier américain. Il cite toujours partiellement des chants de cowboys authentiques, comme The Old Chisholm Trail, The Dying Cowboy ou Old Paint. L’équilibre entre le comique et le pathétique, le mélodrame et la tragédie y est remarquable. La Suite — qui couvre les deux tiers du ballet — crée une intensité qui dépasse de loin les exigences de la chorégraphie quant au pittoresque. Elle doit sans doute son côté passionné en grande partie à la sympathie toute particulière que Copland vouait, en tant qu’homosexuel, à ce hors-la-loi de la société.

Deux de ses pièces les plus célèbres sont composées durant la période de la Seconde Guerre mondiale : Fanfare for the Common Man écrites pour cuivres et percussions en 1943, ainsi que Appalachian Spring, composée pour un ballet en 1943. La version originale de cette dernière œuvre, écrite pour un orchestre de chambre composé de 9 cordes, une clarinette, un basson et une flûte, fut plus tard réécrite pour orchestre symphonique.

En 1949, il a remporté l'Oscar de la meilleure musique de film pour L'Héritière.

En 1951 il est lauréat du prix de Rome américain (Rome Prize) en composition musicale.

Il fut une des victimes du maccarthysme et inscrit sur la liste noire du cinéma.

À partir des années 1950, Copland, ayant découvert la musique de Webern et de Boulez, commence à s'intéresser au sérialisme, type d'écriture auquel il s'était déjà succinctement intéressé avec ses Variations pour piano de 1930, en prenant « les grandes lignes de la théorie pour les adapter à mes propres besoins. (…) C'était donc un nouveau moyen de déplacer les sons qui avait, pour un compositeur, un effet régénérant sur son approche et sa technique ». (Copland). Ainsi, à partir de cette époque, beaucoup d'œuvres de Copland seront marquées par l'écriture sérielle, comme son Quatuor pour piano et cordes (1950), sa Fantaisie pour piano (1955-57), et peut-être ses deux plus grands chefs-d’œuvre : Connotations (1961-62) et Inscape (1967), pour orchestre. Connotations fut créé le 23 septembre 1962, par l'un de ses amis, le compositeur et chef d'orchestre Leonard Bernstein et l'Orchestre philharmonique de New York lors du premier concert télévisé de l'histoire. Cette œuvre particulièrement austère choqua fortement les téléspectateurs américains.

Cependant, Copland continuera à écrire des œuvres à tendance « néo-classique » jusqu'à la fin de sa carrière, parmi lesquelles Old American Songs (1950-52), son opéra The Tender Land (1952-54), ou encore Three Latin American Sketches (1959-71).

Au début des années 1970, Copland sera victime de la maladie d'Alzheimer et s'arrêtera alors de composer. Étrangement, il poursuivra toutefois sa carrière de chef d'orchestre jusqu'en 1983.

Il aimait dire que sa musique était destinée avant tout à des mélomanes.

Howard Pollack établit dans sa biographie de Copland (Aaron Copland: The Life and Work of an Uncommon Man) que le musicien était homosexuel et vivait et voyageait avec ses amants, pour la plupart des hommes jeunes et de talent[3].

Œuvre[modifier | modifier le code]

photo : A. Copland chez lui
Aaron Copland dans son studio avec son piano.

Liste (non exhaustive) de ses œuvres :

Écrits[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arthur Berger (en) (trad. de l'anglais par Marguerite Buchet), Aaron Copland, Paris, Buchet-Chastel, 1962, 159 p. (OCLC 39162752, notice BnF no FRBNF32919278)
  • (en) Howard Pollack, Aaron Copland - The Life and Work of an Uncommon Man, Henry Holt an Company, New York, 1999.
  • (en) Marta Robertson et Robin Armstrong, Aaron Copland : a guide to reserach, New York, Routledge, coll. « Composer resource manuals » (no 53), 2001, 216 p. (ISBN 0815321783, OCLC 43050267, LCCN 99089420)
  • (en) Elizabeth B. Crist, Music for the common man : Aaron Copland during the depression and war, Oxford University Press, 2009 (1re éd. 2005), 253 p. (ISBN 0195383591, OCLC 456951262)
  • (en) Howard Pollack, The New Grove Dictionary of Music and Musicians (édité par Stanley Sadie) : Copland, Aaron, Londres, Macmillan, seconde édition, 29 vols. 2001, 25 000 p. (ISBN 9780195170672, lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Grove 2001.
  2. Aujourd’hui le New York City Ballet.
  3. Aldrich and Wotherspoon, Who's who in gay and lesbian history, London, 2000.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]