Aarfa

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Troupe de Aarfa à Temsaman, Rif.

La Aarfa aussi appelé Lchyoukh, (en Berbère : Imedyazen ; « Les troubadours») est un foklore musical dansé à l'origine par les tribus zénètes du Rif, et les Beni Iznassen au nord-est du Maroc ainsi que les Msirda du nord-ouest de l'Algérie. La Aarfa a inspiré le style Reggada, né dans la province de Berkane, qui s'est diffusé dans le Rif, la province de Oujda et l'ouest Algérien. La Aarfa ne doit pas être confondu avec la Allaoui qui est un folklore algérien.

Musique folklorique[modifier | modifier le code]

Les troupes de Aarfa sont composés d'un meneur appelé Cheikh, de joueurs de flutes et de joueurs de bendir. Le Cheikh dans son role de meneur, dicte le tempo, chante et fait aussi les dédicaces[1]. On dit alors qu'il Barrah (arabe) ou itragha (berbère). Autrefois, les troupes d'Imedyazen étaient accompagnés par des guerriers (Ibaroudiyen en berbère) qui tiraient une salve de poudre selon les ordres du cheikh[2]. Cette pratique a aujourd'hui disparue.

Il existe quatre répertoires principaux pour les Imdiazen, qui ont été quelques peu influencés par la prosodie arabe[3] :

  • Izran : Le cheikh chante des vers en berbère, appelés Izran. Ceux-ci sont entrecoupés par un refrain appelé Aya ralla buya.
  • Lġiwan : Il s'agit d'un style de prose typique des tribu Beni Iznassen, chanté le plus souvent en arabe .
  • Laarour : Poème satyrique rifain.
  • Aya moulay negh : Il s'agit d'une prose uniquement chanté lors de la Tameghra (mariage) en l'honneur du marié.
Imdiazen lors d'une cérémonie à Ait Touzine.

Instruments[modifier | modifier le code]

exemple d'instrument utilisé par les groupes de aarfa

Ce folklore musicale est basé sur ces instruments traditionnels et artisanaux[4] :

  • le Bendir/Adjoun : Instrument à percussion, grand cadre de bois en forme de cercle, recouvert par une peau d'animal tendue.
  • le Zamar / Azamar : Instrument phare de la aarfa et typiquement zénète marocain.
  • le Guellal / Aqellal: Instrument à percussion, tronc d'arbre travaillé à la main pour qu'il soit creux recouvert à une des extrémités par une peau (d'animal) tendue. il produit un bruit assez grave et légèrement résonnant. Principalement utilisé dans la province de Berkane.
  • la Tsantsouna : Instrument à percussion, petite poterie recouverte d'une peau. Similaire au Guellal mais de plus petite taille.
  • la Ghayta : Instrument à vent, ressamblant un peu au hautbois, qui produit un son fort et aiguë.
  • la Gasba/ Thamja : Instrument à vent, assimilé à la flûte. Elle est joué lentement et produit un son rauque.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Il existe encore des Mechyakha (troupe de cheikh) chez les Beni Touzine, les Temsaman, les Igzennayen et les Guelaya. Mais c'est sans conteste la tribu des Beni Iznassen qui à su le plus sauvegarder ce folklore, et qui possède aujourd'hui le plus grand nombre de cheikh. Berkane est aujourd'hui considéré comme étant la capitale de la Aarfa. La Aarfa s'est aujourd'hui diffusé dans d'autres villes de l'Oriental comme Oujda ou Jerada alors qu'elle n'y était pas présente à l'origine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Emilio Blanco Izaga, Las Danzas Rifenas, Madrid, , pp 315-16 ; pp 414-59-60, pp 547-51
  2. (en) David Montgomery Hart, The Aith Waryagher of the Moroccan Rif, p171
  3. M. Peyron, F. Ayt Ferroukh et N. Mécheri-Saada, « Chants », Encyclopédie berbère,‎ , p. 1862–1875 (ISSN 1015-7344, lire en ligne, consulté le 5 octobre 2019)
  4. NL AmazighTV, « tarwa n cheikh muhend full version » (consulté le 13 janvier 2019)