Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales

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ANRS | Maladies infectieuses émergentes
Situation
Création 1988
Type Agence autonome de l'Inserm
Domaine Recherche scientifique sur le VIH, les hépatites, les IST, la tuberculose et les maladies infectieuses émergentes
Siège 101 rue de Tolbiac, Paris
Drapeau de la France France
Langue Français
Organisation
Directeur Yazdan Yazdanpanah
Organisations affiliées Ministère de la Recherche
Ministère de la Santé
Inserm

Site web http://www.anrs.fr

L'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) est un organisme public créé en 1988 avec pour mission de fédérer, coordonner, animer et financer la recherche publique sur le VIH et les hépatites virales.

En 2021, l'ANRS s'est rapprochée du consortium REACTing pour former une nouvelle agence : l'ANRS | Maladies infectieuses émergentes. Elle a pour missions l’animation, l’évaluation, la coordination et le financement de la recherche sur le VIH/sida, les hépatites virales, les infections sexuellement transmissibles, la tuberculose et les maladies infectieuses émergentes et ré-émergentes (notamment les infections respiratoires émergentes, dont la Covid-19, les fièvres hémorragiques virales, les arboviroses).

Historique[modifier | modifier le code]

L'ANRS est créée en 1988, sept ans après la première description en 1981 d'un syndrome inconnu apparu aux États-Unis, et cinq ans après l'identification du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) responsable du sida par une équipe de recherche française de l'institut Pasteur, dont fait partie Françoise Barré-Sinoussi.

Devant l'ampleur que prend cette épidémie, Claude Got, dans un rapport rédigé à la demande du ministre de la Santé de l'époque[1], préconise la mise en place de trois entités pour : la prise en charge des malades, les questions éthiques et la recherche en matière de sida. Ces entités, effectivement créées sont : l'Agence française de lutte contre le sida (AFLS), le Conseil national du sida (CNS) et l'Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS)[2] qui voit le jour en .

En 2021, une nouvelle agence consacrée aux maladies infectieuses émergentes est issue du rapprochement de l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales avec le consortium Research and action targeting emerging infectious diseases (REACTing)[3].

Statut[modifier | modifier le code]

En 1992, l'ANRS devient un groupement d'intérêt public (GIP). Le GIP a été créé par convention constitutive et approuvé par un arrêté du [4], pour une durée initiale de six ans. En 1998, il est prorogé jusqu'au [5], puis à nouveau en 2000 jusqu'au [6], en 2003 jusqu'au [7], et en 2009 jusqu'au [8].

À sa création, le GIP associe comme partenaire l'État, représenté par le ministère de la Recherche, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l'Institut Pasteur. Le , un arrêté approuvant la convention constitutive modifiée, complète la liste des membres avec pour nouveau partenaire le ministère de la Santé[9].

Au , elle devient agence autonome de l'Inserm.

Missions et actions[modifier | modifier le code]

Dès sa création, les missions de l'ANRS sont de fédérer, coordonner, animer et financer l'ensemble de la recherche publique sur le sida.

En 1994, le premier site de recherche de l'ANRS ouvre à Dakar, au Sénégal.

Il existe maintenant des sites de recherche dans huit pays du sud : au Brésil, Sénégal, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Cameroun, Égypte, Cambodge et Vietnam.

En 1999, face à l’ampleur de l'épidémie d'hépatites virales, les pouvoirs publics ont élargi la mission de l'ANRS à la recherche clinique sur les hépatites virales en France et dans les pays aux ressources limitées.

En 2005, l’ANRS a de nouveau vu son domaine d'intervention s'élargir puisqu'elle est alors chargée de coordonner et financer tous les secteurs scientifiques concernés par l'étude des hépatites virales, principalement les hépatites B et C. L'ANRS est ainsi devenue l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales.

En 2013, l'ANRS renouvelle son identité avec la création d'un nouveau logo.

En 2020, l'ANRS inclus dans ses appels à projets les recherches sur les infections sexuellement transmissibles (IST) et la tuberculose.

En 2021, la nouvelle agence élargit son périmètre aux maladies infectieuses émergentes, comme les fièvres hémorragiques virales, les arboviroses et les infections respiratoires émergentes, comme la Covid-19. L’agence couvre tous les domaines de la recherche : recherche fondamentale, clinique, en santé publique et en sciences de l’homme et de la société ; son organisation met l’accent sur l’innovation et le renforcement de partenariats internationaux. Avec une approche One Health, s’intéressant à la santé humaine, animale et à l’impact de l’homme sur l’environnement, l’agence prépare la réponse aux enjeux scientifiques posés par les maladies émergentes et à son déploiement en temps de crise. L’agence fédère et anime plusieurs réseaux nationaux et internationaux de chercheurs et de médecins employés par les principaux organismes de recherche, universités, centres hospitaliers ou associations. Les associations de patients et les représentants de la société civile sont pleinement intégrés à sa gouvernance et à son fonctionnement.

Thématiques de recherche[modifier | modifier le code]

L'ANRS aborde la recherche sur le VIH, les hépatites, les IST, la tuberculose et les maladies infectieuses émergentes de manière pluridisciplinaire. Elle est organisée en départements scientifiques dont les domaines de compétences portent sur : la recherche fondamentale, la recherche clinique, la recherche en santé publique et en sciences humaines et sociales, l'innovation, les soutiens structurants à la recherche et les partenariat et stratégie.

Depuis 2012, le département de pharmacovigilance assure la pharmacovigilance de l’ensemble des recherches promues par l’ANRS et par l’Inserm, de l’évaluation et de la validation des protocoles jusqu’à la gestion quotidienne de la sécurité des patients.[10].

La recherche vaccinale qui a pour objectif de mettre au point un vaccin préventif efficace contre les infections à VIH et VHC était également pris en charge par l'ANRS mais est maintenant confié au Vaccine Research Institute (VRI)[11].

Organisation[modifier | modifier le code]

Conseil d'orientation[modifier | modifier le code]

Depuis l'intégration de l'ANRS à l'Inserm en tant qu'agence autonome en 2012, un conseil d'orientation, composé de 15 membres, remplace l'ancien conseil d'administration. Il est chargé de faire de définir les grandes orientations stratégiques de l'ANRS, d'approuver ses actions, son budget et son bilan de gestion, et se prononce sur toute question relative au fonctionnement de l'Agence.

Conseil scientifique[modifier | modifier le code]

Le conseil scientifique est constitué de 15 membres, personnalités scientifiques, et de 2 membres représentant le milieu associatif. Ces membres sont choisis soit pour leurs compétences scientifiques dans le domaine du VIH/sida et des hépatites, soit pour leur capacité à évaluer objectivement les actions menées à l'ANRS. Ils sont désignés par le directeur de l'Agence. Leur mandat est de quatre ans, renouvelable une fois. Le conseil exprime un avis sur les orientations scientifiques de l'ANRS, sur l'ensemble de ses actions, conduit une réflexion prospective et établit le bilan des travaux menés. Il se réunit autant de fois que nécessaire et au minimum une fois par an[12].

Directeurs[modifier | modifier le code]

Partenariat[modifier | modifier le code]

Du fait des recherches qu'elle soutient et de son implication dans les pays du sud, l'ANRS a établi un dense réseau de partenaires en France, avec les organismes de recherche et les hôpitaux, et également avec la plupart des grandes organisations internationales spécialisées dans la recherche et la santé.

L'ANRS est également associée très étroitement aux associations de patients qui jouent un rôle essentiel dans la combat contre ces épidémies.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Got, Rapport sur le sida : 23 août-3 octobre 1988, Paris, Flammarion, , 348 p. (ISBN 2-08-066332-1).
  2. « FICHE QUESTION », sur questions.assemblee-nationale.fr (consulté le )
  3. Pascale Santi, « Une nouvelle agence consacrée aux maladies infectieuses émergentes en manque de moyens », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  4. Arrêté du portant approbation de la création d'un groupement d'intérêt public, JORF no 158 du , p. 9203, NOR RESY9200314A, sur Légifrance.
  5. Arrêté du approuvant l'avenant à la convention constitutive d'un groupement d'intérêt public, JORF no 160 du , p. 10799, NOR MENR9801905A, sur Légifrance.
  6. Avis relatif à une décision portant approbation de la convention constitutive modifiée d'un groupement d'intérêt public, JORF no 10 du , p. 612, NOR RECRO073409V, sur Légifrance.
  7. Avis relatif à une décision portant approbation de l'avenant no 1 à la convention constitutive modifiée d'un groupement d'intérêt public, JORF no 290 du , p. 21424–21425, texte no 113, NOR RECR0300116V, sur Légifrance.
  8. Avis relatif à une décision portant approbation d'un avenant à la convention constitutive modificative d'un groupement d'intérêt public, JORF no 269 du , p. 20042, texte no 18, NOR ESRR0925360V, sur Légifrance.
  9. Arrêté du approuvant la convention constitutive modifiée du groupement d'intérêt public dénommé Agence nationale de recherche sur le sida, JORF no 179 du , p. 11592, NOR MENH9501371A, sur Légifrance.
  10. « ANRS - Qui sommes-nous ? - Présentation de l'ANRS - L'ANRS et ses missions », sur anrs.fr (consulté le ).
  11. (en) « Partenaires », sur vaccine-research-institute.fr, Vaccine Research Institute (consulté le ).
  12. « ANRS - Qui sommes-nous ? - Organisation - Règlement intérieur », sur www.anrs.fr (consulté le )

Lien externe[modifier | modifier le code]