Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l'Algérie française

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis ADIMAD)
Aller à : navigation, rechercher

L'Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l'Algérie française (Adimad) est une association française visant à défendre selon ses statuts « la mémoire de tous les martyrs et de toutes les victimes des ennemis de l’Algérie française »[1].

Historique[modifier | modifier le code]

L'idée d'une association pour la défense des anciens membres de l'OAS naît en 1967 à la prison de la santé, avec la bénédiction du général Salan.

Une première association « Adimad de la Région Parisienne » est créée le 14 novembre 1967 avec à sa tête successivement Bertrand de Sèze, le colonel Jean Gardes, le capitaine Jean Assémat, Guy Lamarque et Jean Favarel.

Une deuxième association « Adimad des Bouches du Rhône » est créée le 16 avril 1968 avec à sa tête Jean-Paul Piclet, puis Jean-François Collin. Cette association change de nom pour « Adimad Sud ».

Le 22 novembre 2003 les deux associations fusionnent pour former l'Adimad, avec à sa tête Jean-François Collin[2][réf. insuffisante].

Pour les historiens Valérie Esclangon-Morin, François Nadiras et Sylvie Thénault, cette association fait partie du « lobby pied-noir » qui rassemble quelques associations extrémistes de rapatriés d'Algérie qui font du lobbying auprès des responsables politiques pour obtenir des avantages en échange de leur soutien. Les membres de l'ADIMAD ne sont pas tous rapatriés ou descendants de rapatriés. Elle milite surtout pour « l'indemnisation des "exilés politiques" de l'OAS et des hommages aux fusillés de cette organisation »[3].

Présentation[modifier | modifier le code]

Médaille de l'Adimad portant la mention « Organisation armée secrète: les combattants de l'Algérie française »

L'Adimad a été fondée le 14 novembre 1967[4]. Son siège social est à Hyères dans le Var[5]. L'association revendique 750 membres. Elle est présidée par Jean-François Collin, ancien conseiller municipal Front national de Hyères[4]. Il a auparavant été sous-lieutenant des commandos parachutistes pendant la guerre d'Algérie. Il a participé au putsch d'Alger d'avril 1961 et il a été à l'origine de l'attentat contre le gaulliste et résistant Yves Le Tac[3], sur lequel s'est acharné l'OAS en tant que président de l'association de soutien au général de Gaulle[6].

L'Adimad dénonce la « forfaiture du 16 septembre 1959 », faisant référence au discours de Charles de Gaulle[7] proposant l'autodétermination sur l'avenir de l'Algérie par voie de référendum.

L'organisation célèbre des messes à l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, bastion de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X à Paris.

Controverses[modifier | modifier le code]

Stèle de Marignane (2005)[modifier | modifier le code]

L'organisation s'est fait connaître par sa volonté d'ériger dans le cimetière de Marignane une stèle à la mémoire des « Fusillés et combattants morts pour que vive l'Algérie française »[8], soit les membres de l'Organisation armée secrète (OAS)[9], l'organisation française politico-militaire clandestine partisane, qui s'est s'opposée à l'indépendance de l'Algérie avec comme mode d'action le terrorisme à grande échelle. La municipalité de Marignane, dont le maire est Daniel Simonpieri, élu sous l'étiquette Mouvement national républicain (MNR), donne dans un premier temps son accord pour l'érection de cette stèle dont l'inauguration doit avoir lieu le 6 juillet 2005[10].

Devant les critiques, de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen[4], du président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Michel Vauzelle[11], de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA) qui juge cette érection « scandaleuse », d'Hamlaoui Mekachera, ou du préfet Christian Frémont ainsi que de partis politiques algériens[11], le préfet de police interdit la cérémonie pour trouble à l'ordre public. Le 6 juillet, le cimetière est bloqué par la police alors que 600 sympathisants de l'association s'y rendent[12].

La stèle a cependant été érigée en 2005, puis retirée sur décision du tribunal administratif en 2008[13]. L'association a retiré trois dates et a redressé la stèle en 2011, à la suite de l'accord du conseil municipal en 2010[13]. Le référé du préfet visant à annuler cette autorisation est rejeté en avril 2011[14].

Flamme du Soldat inconnu (2006)[modifier | modifier le code]

En 2006, l'Adimad obtient l'autorisation d'allumer la flamme du soldat inconnu sous l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris[15] avant que la préfecture de police ne l'interdise.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale, de 1945 à nos jours, L'Harmattan, (ISBN 9782296064768, lire en ligne), p. 45-46

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal officiel.
  2. non signé, « [LDH-Toulon] l'Adimad se bat pour “rétablir la vérité sur le juste combat de l'Algérie française” », sur ldh-toulon.net (consulté le 1er juin 2016)
  3. a et b Valérie Esclangon-Morin, François Nadiras, Sylvie Thénault. « Les origines et la genèse d'une loi scélérate » dans: Claude Liauzu, Gilles Manceron, La colonisation, la loi et l'histoire (Préface de Henri Leclerc), Syllepse, 2006, 23-24
  4. a, b et c L’ADIMAD, site de la section toulonaise de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen
  5. Il existait deux branches de l'organisation : le siège social de la branche parisienne a été déplacé dans le Var en août 2004 et la branche Bouches-du-Rhône a été dissoute en août 2005.
  6. Jean Monneret, La Phase finale de la guerre d'Algérie, Harmattan, 2010 , p. 19.
  7. Le 16 septembre de Gaulle annonce que les résidents en Algérie auront à déterminer leur statut, soit la francisation, soit l'autonomie, soit la sécession.
  8. Jacques Leclercq (2008).
  9. « après le démantèlement de la stèle OAS de Marignane », 23 novembre 2008.
  10. Derrière les lignes du Front. Immersions et reportages en terre d'extrême droite, Jean-Baptiste Malet, Golias, 2012 (ISBN 978-2354721374)
  11. a et b Le maire de Marignane reporte son inauguration, reprise d'El Watan, 25 juin 2005.
  12. (en) Algeria memorial ceremony blocked, BBC News, 6 juillet 2005.
  13. a et b http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/1042028/la-stele-de-ladimad-va-retourner-devant-le-tribunal.html
  14. http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/1077312/stele-de-ladimad-le-refere-du-prefet-a-ete-rejete.html
  15. Rosa Moussaoui, « Des nostalgiques de l'OAS sur la tombe du Soldat inconnu ? », L'Humanité, 3 juillet 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]