Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l'Algérie française

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis ADIMAD)
Aller à : navigation, rechercher


L'Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l'Algérie française (Adimad) est une association française visant à défendre « la mémoire de tous les martyrs et de toutes les victimes des ennemis de l’Algérie française »[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

Médaille ce l'Adimad portant la mention « Organisation armée secrète: les combattants de l'Algérie française »

L'Adimad a été fondée le 14 novembre 1967[2]. Son siège social est à Hyères dans le Var[3]. L'association est présidée par Jean-François Collin, ancien conseiller municipal Front national de Hyères[2], et revendique 750 membres.

L'Adimad dénonce la « forfaiture du 16 septembre 1959 », faisant référence au discours de Charles de Gaulle[4] proposant l'autodétermination sur l'avenir de l'Algérie par voie de référendum.

L'organisation célèbre des messes à l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, bastion de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X à Paris.

Controverses[modifier | modifier le code]

Stèle de Marignane (2005)[modifier | modifier le code]

L'organisation s'est fait connaître par sa volonté d'ériger dans le cimetière de Marignane une stèle à la mémoire de membres de l'Organisation armée secrète[5] (OAS), une organisation française politico-militaire clandestine partisane, avec comme mode d'action le terrorisme à grande échelle, ayant œuvré pour que les départements d'Algérie et départements du Sahara restent français. La municipalité de Marignane, dont le maire est Daniel Simonpieri, élu sous l'étiquette Mouvement national républicain (MNR), donne dans un premier temps son accord pour l'érection de cette stèle dont l'inauguration doit avoir lieu le 6 juillet 2005[6].

Devant les critiques, de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen[2], du président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Michel Vauzelle[7], de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA) qui juge cette érection « scandaleuse », d'Hamlaoui Mekachera, ou du préfet Christian Frémont ainsi que de partis politiques algériens[7], le préfet de police interdit la cérémonie pour trouble à l'ordre public. Le 6 juillet, le cimetière est bloqué par la police alors que 600 sympathisants de l'association s'y rendent[8].

La stèle a cependant été érigée en 2005, puis retirée sur décision du tribunal administratif en 2008[9]. L'association a retiré 3 dates et a redressé la stèle en 2011, suite à l'accord du conseil municipal en 2010[9]. Le référé du préfet visant à annuler cette autorisation est rejeté en avril 2011[10].

Flamme du Soldat inconnu (2006)[modifier | modifier le code]

En 2006, l'Adimad obtient l'autorisation d'allumer la flamme du soldat inconnu sous l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris[11] avant que la préfecture de police ne l'interdise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal officiel.
  2. a, b et c L’ADIMAD, site de la section toulonaise de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen
  3. Il existait deux branches de l'organisation : le siège social de la branche parisienne a été déplacé dans le Var en août 2004 et la branche Bouches-du-Rhône a été dissoute en août 2005.
  4. Le 16 septembre de Gaulle annonce que les résidents en Algérie auront à déterminer leur statut, soit la francisation, soit l'autonomie, soit la sécession.
  5. « après le démantèlement de la stèle OAS de Marignane », 23 novembre 2008.
  6. Derrière les lignes du Front. Immersions et reportages en terre d'extrême droite, Jean-Baptiste Malet, Golias, 2012 (ISBN 978-2354721374)
  7. a et b Le maire de Marignane reporte son inauguration, reprise d'El Watan, 25 juin 2005.
  8. (en) Algeria memorial ceremony blocked, BBC News, 6 juillet 2005.
  9. a et b http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/1042028/la-stele-de-ladimad-va-retourner-devant-le-tribunal.html
  10. http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/1077312/stele-de-ladimad-le-refere-du-prefet-a-ete-rejete.html
  11. Rosa Moussaoui, « Des nostalgiques de l'OAS sur la tombe du Soldat inconnu ? », L'Humanité, 3 juillet 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]