Aït Fraoussen

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Aït Fraoussen est une des grandes tribus berbères, en Algérie. Son territoire s'étend en bordure du Sebaou, sur les contreforts du Djurdjura. Il englobe environ 25 villages dont Djemâa-Saharidj et Mekla pour les plus populaires.

L'organisation étatique de la wilaya de Tizi Ouzou reconnaît le territoire des Aït Fraoussen au travers de la Daïra et de la commune portant le nom du plus grand centre urbain de cette tribu, Mekla.

Lorsque l'on étudie l'histoire de la Kabylie et particulièrement de la grande Kabylie, il est impossible de ne pas être frappé par les faits d'armes de cette tribu qui a fortement marqué la région durant l'Antiquité et une grande partie du Moyen Âge.

Thèses sur l'origine de la tribu d'Aït Fraoussen[modifier | modifier le code]

Plusieurs auteurs comme Ibn Khaldoun[1], ou encore Si Amar U Said Boulifa[2], nous expliquent que le nom de la tribu serait issu de l'évolution linguistique du nom d'une tribu très ancienne : Fraxinenses, ce peuple de la Numidie antique qui se dressa contre l'emprise de Rome[3]. Un autre rapprochement, fréquemment repris à l'époque coloniale, a fait voir dans les Aït Fraoussen les descendants de Francs[3],[4].

Les différents colons qui se sont succédé dans l'histoire de l'Afrique du Nord et plus particulièrement en Kabylie ont toujours tenté de relier le peuple berbère au leur afin d'amadouer leurs farouches adversaires. C'est pourquoi, aujourd'hui, la thèse qui part de la légende des Quinquégentiens, renforcée par la découverte, à Aumale, d'une inscription de 261 ap. J.-C., est celle qui est le plus largement admise par les historiens comme ceux précédemment cités.

Cette inscription parle d'un chef du nom de Faraxen. Les Fraxinenses seraient la tribu de ce chef, reliant ainsi les mots de Faraxen et Fraoussen.

Non seulement cette idée a été démontrée par les études linguistiques "des parlers" de la région et leur évolution à travers le temps mais la sociologie souligne aussi avec force cette thèse en expliquant qu'en Kabylie notamment, les ensembles de villages aux origines éponymes identiques forment des tribus.

Histoire[modifier | modifier le code]

Aussi loin que l'on puisse remonter dans le temps et jusqu'au XIVe siècle ap. J.-C., la grande Kabylie semble relativement dominée par deux tribus organisées en une puissante confédération: les Aït Fraoussen et les Aït Iraten. D'ailleurs, Ibn Khaldoun nous confie que même du temps de la domination arabe où le Djurdjura faisait partie de la province de Béjaïa, la puissance de cette seule confédération et la géographie accidentée du Djurdjura faisaient que les habitants de la Grande Kabylie échappaient à tout contrôle de l'administration et même au pouvoir du fisc.

Durant le Moyen Âge, avec l'essor du royaume de Koukou chez la tribu voisine des Aït Yahia et avec les attaques répétées des Turcs, Djemâa-Saharidj deviendra plus que jamais le quartier général de la défense des Aït Fraoussen. Auteurs, militaires, voyageurs, tous rapportent que ce haut lieu était l'un des plus difficiles à aborder. C'est de là, selon Ibn Khaldoun, que les Aït Fraoussen, bien que moins influent que dans l'antiquité, "bravent la puissance du gouvernement et ils ne paient l'impôt qu'autant que cela leur convient"

Les Célébrités[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes d'Afrique septentrionale.
  2. Si Amar U Said Boulifa, Le Djurdjura à travers l'histoire depuis l'Antiquité jusqu'en 1830 : organisation et indépendance des Zouaoua (Grande Kabylie), Alger 1925, 409 pp. (rééd. Alger s.d.).
  3. a et b Henri Genevoix, Djemâa-Saharidj : éléments folkloriques pour servir à une étude monographique des Aït-Fraoussen (Kabylie), CEB, Fort-National, 1958, pp. 1-2.
  4. Eugène Beauvois, En colonne dans la Grande Kabylie : souvenirs de l'insurrection de 1871 avec une relation du siège de Fort-National, Challamel, Lamarche et H. Hagerup, Paris, Dijon et Copenhague, 1872, pp. 213-214, en ligne (aperçu) sur books.google.fr (consulté le 22/07/2008).