Aïcha Lemsine

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Aïcha Lemsine
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Nom de naissance Aïcha C. Lemsine
Alias
Lemsine
Naissance (71 ans)
Tébessa, Aurès (Algérie)
Nationalité Drapeau de l'Algérie Algérie
Profession
Auteur, essayiste et journaliste free-lance
Distinctions

Prix de l'Académie Française Des Sciences des Pays d'Outre-mer.1983,Paris
Prix de la Littérature Afrique Méditerranéenne (A.D.E.L.F.)- 1984, Paris
"Femme Arabe de l'Année" ( élue par l'Association Franco-Arabe) -1984, Paris
"Plume d'Or" - Damas 1987 (Syrie) Par l'Union des écrivains, pour la publication en Arabe de "Ordalie Des Voix".
Londres-1988: "Elue Membre Honorable",par l'Association Anglaise des "500 Femmes de L'Année" qui honore chaque année des femmes des Britannique et étrangères: artistes, écrivaines, scientifiques, politiques et sportives -pour leurs activités faveurs des Droits Humains.
Prix de l'UNICEF-Londres, "Best Fundraiser" (Meilleure collectrice de fonds" 1988
Prix "Lillian Hellman-Dashiell Hammet. N.Y.USA, 1995.(Prix à un auteur pour ses écrits luttant pour les Droits Humains


Distinction Membre d'Honneur de l'Académie Des Arts de l'Université Alcala De Henares. Espagne. 1999
Famille
mariée, 3 enfants

Aïcha Lemsine, née en 1942 à Tébessa, dans les Nemencha (Aurès, Algérie)[1], est une femme de lettres algérienne d’expression française. Auteur de romans et d’essais, elle a aussi écrit pour la presse algérienne et à l’étranger. Conférencière internationale, spécialisée dans l’histoire de l’Islam,  l’islamisme politique et le droit des femmes musulmanes, elle fut durant plusieurs décennies  régulièrement invitée à intervenir dans des séminaires et congrès à travers le monde. Épouse de l'ambassadeur d'Algérie: en Espagne (1965-1970), Royaume de Jordanie (1977-1984) - Grande-Bretagne & Irlande  (1984-1988) et au Mexique (1988-1991), Aïcha Lemsine, est qualifiée par le magazine londonien « The Lady Diplomat » comme «  une personnalité fascinante, hors du commun »   

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses livres d'expression française sont traduits en , arabe, anglais, espagnol, portugais, russe, et danois.

Son pseudonyme est formé par les lettres en arabe L (ل, prononcé lem) et S (س, prononcé Sin), d'où : Lemsine[2].

Publications[modifier | modifier le code]

  • La chrysalide, éditions des femmes, 1998 [1976], (ISBN 978-2721004628). Le roman décrit l'évolution de la société algérienne et des femmes, à travers la vie de plusieurs générations d'une famille algérienne. Ce livre publié en français, était alors, le premier roman d'une femme algérienne, quatorze ans après l'indépendance nationale de l'Algérie à exposer la dichotomie entre la réalité de la condition des femmes dans son pays et la Constitution proclamant un « socialisme égalitaire » où « Les libertés fondamentales et les droits de l'homme et du citoyen sont garantis.Toute discrimination fondée sur les préjuges de sexe, de race ou de métier, est proscrite.(Art.39). »
  • Le livre fut interdit, le ministère des « habous et des affaires islamiques » fit envoyer des gendarmes pour retirer « la Chrysalide » du stand des « éditions des Femmes » participant à la première exposition internationale du livre qui se tint en Octobre 1976 à Alger. La censure officielle fut ensuite coordonnée avec la violence des critiques lancée par la nomenklatura d'un groupe de femmes universitaires, taxant le livre « de roman rose et néo-colonialiste » et même « d'antipatriotique ». La cabale « intellectuelle » déchaînée en Algérie, frisait le ridicule, face à l'engouement des lecteurs algériens pour ce premier livre d'une compatriote, notamment la jeunesse à travers des lettres publiées dans la revue « Jeunesse Action » qualifiant La Chrysalide de « livre révolutionnaire ».
  • Cependant que ce livre recevait un accueil élogieux de la part de critiques littéraires, en France et dans tous les pays francophones d'Europe, d'Afrique et du Maghreb . En cette rentrée littéraire d' octobre 1976, la Chrysalide était parmi les dix livres les plus vendus dans les librairies françaises. Traduit en plusieurs langues: Anglais, Arabe, Espagnol, Portugais, Danois, Russe et Allemand. La Chrysalide est d'ores et déjà l'objet de plusieurs sujet de thèses dans les universités européennes et américaines. Et restera le livre, qui fit couler le plus d'encre, dans les médias algériens et à l'étranger.
  • Mais qui est Aïcha Lemsine? Sans doute faut-il trouver la réponse dans cet article de Françoise Wagener, alors critique littéraire, du journal Français, Le Monde Paris, le 12/11/1976.
  • " Elle s’appelle Aïcha, comme la femme du prophète, la plus guerrière et dit-elle en souriant : « sa préférée » elle à 33 ans elle rayonne. Non, Aïcha n’est pas comme les autres. Elle porte sur elle, la prophétie de son père, qui las d’avoir des filles, fit saluer la naissance de celle-ci, comme celle d’un garçon, de sept coups de canon. Avant de mourir à cheval, l’année suivante.Née chez les Nememcha, une tribu de cavaliers et de conteurs, Aïcha fut élevée à Tébessa, puis à Annaba, l’ancienne Bône, avec une ambition, celle de devenir : écrivain. Les meilleures armes de cette fille blonde, racée, chaleureuse, mince ( dans un pays où la minceur est une tare) ne sont pas, comme on croirait à la voir, son charme, ni sa beauté. Mais son courage, son « cœur » comme elle le dit, sa ténacité… Qu’à t-elle à dire ? Beaucoup. Sur la femme algérienne pour commencer.  La Chrysalide, saisit et fixe à travers l’ histoire d’une famille comme les autres, l’injustice et la douleur Qui sont le lot quotidien d’une femme. Il y a Khadîdja, née en 1917, mariée à 16 ans, vivant en pionnier, une maternité difficile, et les remariages de son époux. Il y a Faïza, née dans les années 40, intellectuelle, devenue citadine qui veut devenir médecin. Il y a la révolution qui gronde et l’accession du pays à l’indépendance. Il y a les efforts officiels, et la réalité des traditions. Il y a l’Islam fondé sur la nature guerrière de l’homme. La fierté et le sens de l’honneur exacerbé, ont engendré chez l’homme musulman, une véritable névrose de jalousie. Ce que les latins connaissent à un moindre degré sous le mot de « machismo », devient vite, s’il n’est  dominé, terrifiant. Les droits du père et du mari en terre arabe sont sans limites. Aïcha nous le donne à voir, et s’élève contre le mariage forcé, la répudiation et la polygamie. Elle demande en première urgence à l’abolition de celle-ci, à remplacer, en un premier temps par la bigamie. Aïcha, qui ferait une bonne journaliste, sait convaincre. Elle ouvre les portes de ce harem du quartier des femmes, sacré « harem » (en arabe défendu),  clos sur lui-même. Ragots, superstitions, révoltes, pleurs et joie, tout est là. Et qu’il soit rural ou citadin, le monde dépeint par Aïcha, n’a rien de révolutionnaire . « C’est vrai ce qu’elle dit, oh comme c’est vrai ! » commente Chadia, qui l’a lu à ma demande… Pour une européenne en blue-jeans, lit Bouvoir et affiche librement ses « boy-friends », Aïcha informe. Pour Chadia,  Aïcha donne l’exemple. La première de sa génération à témoigner par le biais d’un roman, elle a su nous offrir avec cette saga dégraissée, un livre intelligent et naturel, qu’aime son aînée Assia Djebbar, plus radicale, plus impatiente dans ses revendications. Aïcha, elle, va son rythme à l’image du verset du Coran, qu’elle nous propose en épigraphe à sa Chrysalide : «  Quand vous mesurez, remplissez la mesure, rendez la balance égale. Et vous remplirez les lois de la justice et de l’honnêteté. »  Françoise Wagener. nbnb  
  • Ordalie des voix, Encre (1983), (ISBN 978-2864181545)
  • Ciel de porphyre, Jean-Claude SIMOEN, (1978)
  • Au Cœur du Hezbollah, Flammarion, 2008

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Graebner, Seth. Encyclopedia of African Literature. New York and London: Routledge, 2003.
  • Jack, Belinda. Francophone Literatures: An Introductory Survey. New York: Oxford University Press, 1996.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]