Aérodrome de Guyancourt

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L'aérodrome de Guyancourt.

L'aviation se développe à Guyancourt dans les Yvelines avec la construction de l'aérodrome de l'entreprise Caudron en 1930.

L'Aérodrome de Guyancourt[modifier | modifier le code]

Création de l'aérodrome[modifier | modifier le code]

Aile volante de Fauvel en 1933

En 1930, la société Caudron fait l'acquisition de terres sur les communes de Guyancourt et de Voisins-le-Bretonneux, afin de créer le nouvel aérodrome de Guyancourt et d'y faire voler ses propres avions. Un chalet en bois et deux hangars Bessonneau sont montés en août 1930. C'est en octobre que les premiers avions Caudron se posent. Le 1er juillet 1933, la société Caudron, en difficulté financière, négocie un accord avec Louis Renault, ce dernier rachetant Caudron qui utilisera alors uniquement des moteurs Renault. L'aérodrome deviendra alors l'aérodrome "Caudron-Renault". Louis Renault après avoir racheté la société des avions Caudron, entre dans le capital d'Air France et participe à la création d'Air Bleu pour le transport postal aérien en France.

L'aérodrome avant la guerre[modifier | modifier le code]

En 1933, Charles Fauvel procède aux essais de son aile volante de type A.V.2[1]avec un moteur de 32CV[2]

Hélène Boucher

Carte postale de 1933 : Hélène Boucher, l'aviatrice.

Le 8 août 1934, aux commandes d'un Caudron-Renault, Hélène Boucher enlève d'une part le record de vitesse sur 100 km à 412 km/h et d'autre part le record des 1 000 km à la moyenne de 409 km/h (Maurice Arnoux détenait l'ancien record avec 393 km/h). Le 11 août elle s'adjugeait le record du monde féminin à 445 km/h.

La société Renault utilise la célébrité de Hélène Boucher pour promouvoir sa voiture sport de prestige, la Vivasport 6 cylindres (130 km/h, 16 litres aux 100 km pour un prix de 27 700 Francs)[3]. C'est d'ailleurs Marcel Riffart, concepteur du Rafale et chef du bureau d'études Caudron, qui a dessiné la Renault Viva Grand Sport (appelée Vivastella Grand Sport avant 1935). La Viva Grand Sport sera présentée au Salon de Paris en 1934 avec la Nervastella. C'est une automobile qui a été fabriquée par Renault entre 1934 et 1939. Riffart qui a déjà dessiné des avions profilés, réalise une carrosserie spécialement étudiée pour l'aérodynamisme. Très large (1,72 m), elle permet l'installation de 3 personnes de front. Elle adopte un moteur 6 cylindres en ligne de 4,1 litres de cylindrée en position longitudinale à l'avant.

Mais le 30 novembre 1934, H. Boucher se tue lors d'un vol d'entrainement aux commandes d'un Caudron "Rafale"[4], elle avait 26 ans.

Hélène Boucher devant son Caudron Rafale.

La presse évoque une perte de vitesse à l'atterrissage, l'avion accroche les cimes des arbres au-dessus du bois de la croix de Magny les Hameaux et s'écrase. Ce sont les pilotes Raymond Delmotte, Fouquet et Goury témoins de l'accident qui arrivèrent les premiers sur les lieux. Hélène Boucher gravement blessée sera évacuée vers l'hôpital de Versailles, elle décèdera dans l'ambulance dans la côte de Satory à Guyancourt.

Le 3 décembre 1938, c'est le Père Noël qui descend du ciel les bras chargés de cadeaux pour les enfants de Guyancourt et de Voisins-le-Bretonneux. Cette manifestation a été organisée par Jacques Menget qui avec Pierre Raphaël effectue sur l'aérodrome des essais pour la mise au point d'un parachute militaire permettant de larguer des charges lourdes. Jacques Menget et Pierre Raphaël ont effectué le 19 mars 1937 un saut de 600 mètres sur le terrain de Guyancourt, largement médiatisé[5].

L'aérodrome pendant la guerre[modifier | modifier le code]

L'aérodrome de Guyancourt a accueilli un temps la fameuse escadrille des Messerschmitt 110, dite des « Requins ». Les Allemands procèdent sur l'aérodrome à la construction d'abris pour garer leurs avions mais aussi à des casernements pour les troupes et des soutes pour l'essence et les munitions. Les Guyancourtois sont obligés de venir travailler sur l'aérodrome pour le compte des Allemands[6].

Guyancourt sera libéré le 25 août 1944, les Allemands étant retranchés dans l'aérodrome de Guyancourt, ils en seront délogés par des éléments de la 2e division blindée de Leclerc le 24 août.

L'aérodrome après la guerre[modifier | modifier le code]

Le terrain est déminé dès 1946 et ouvert à l'aviation civile. Dans les années 1980, neuf aéroclubs, trois écoles de pilotages et un club d’aéromodélisme utilisent les pistes. Les utilisateurs de l'aérodrome seront déplacés vers l’aérodrome d'Étampes.

Les tournages de films[modifier | modifier le code]

L'aérodrome sera utilisé pour le tournage de nombreux films :

Épilogue[modifier | modifier le code]

L'aérodrome de Guyancourt est fermé le 1er octobre 1989 pour des raisons de sécurité (l'aérodorme de Toussus le noble très proche supplée en partie à cette fermeture, le reste des activités étant transférées à Etampes Mondésir) . Sur les anciennes pistes sont construits les quartiers de Villaroy et de l'Europe. Les dénominations des rues (Jacqueline Auriol, Roland Garros, Santos Dumont...) et des équipements publics (Gymnase de l'Aviation, école Saint-Exupéry...) sont les derniers vestiges de cette aventure à Guyancourt.

Clin d'œil de l'histoire, une partie des anciennes pistes de l'aérodrome « Caudron-Renault » est occupée depuis 1998 par le Technocentre Renault qui y élabore les nouveaux modèles de la marque.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Descriptif de l'AV 2 Descriptif de l'AV2. »]
  2. Source: carte postale représentant l'aile volante et décrivant l'aile
  3. « Hélène Boucher et la Vivasport », sur www.helene-boucher.com .
  4. « Le 23 mai 2008, célébration du 100e anniversaire de la naissance d'Hélène Boucher », sur www.helene-boucher.com (consulté le 3 juin 2010)
  5. « Source : Musée de la ville de Saint-Quentin », sur www.saint-quentin-en-yvelines.fr.
  6. Guyancourt : L'aventure humaine Édité par le musée de la ville de Saint Quentin en Yvelines janvier 2009 page 44
  7. Aeromovies - Films d'aviation - Films - Anne-Marie
  8. « The Spirit of Saint-Louis », sur www.aeromovies.fr.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Saint-Quentin en Yvelines Cartes Postales et Histoire locale, publié en 1984 par E. Stéphan publié chez Les Éditions de Liesse à Coignières.
  • Mon nom est Guyancourt, publié en 2006 par Jean et Liliane Gex publié par Yvelinédition (ISBN 2-84668-129-5)
  • Guyancourt : L'aventure humaine Édité par le Musée de la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines janvier 2009