Aâddi Oubihi

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Addi Oubihi[1] est un grand caïd Amazighe, serviteur agité du protectorat français, décoré de la Légion d'honneur, il représente une figure de la féodalité locale, considéré comme maitre de Tafilalet Sud-Est du Maroc. Après l’indépendance, en janvier 1957, il mena une insurrection armée contre le gouvernement marocain formé en majorité par les membres du PDI, parti de l'Istiqlal, celui-ci cherche à assainir l'administration en la débarrassant des «seigneurs féodaux et autres traîtres».

Juste après l’indépendance le Parti de l'Istiqlal voulait s'accaparer de la vie politique marocaine et se veut implicitement un parti unique, malgré la lettre et l'esprit inscrits dans la première constitution marocaine, instituant le pluralisme politique, et sera accusé de complicité et manipulation dans certaines affaires notamment dans l'assassinat de Abbas Messaâdi, événements tragiques du Rif et l'affaire de Addi Oubihi, etc.

Le limogeage en 1956 du ministre de l’intérieur Lahcen Lyoussi(un berbère de Sefrou )est considéré par les amazighes comme un complot qui vise à les marginaliser et les écarter de la scène politique marocaine, il sera accusé d’être soutenu par la France notamment Le général Divary, commandant des troupes françaises stationnées dans la région de Fès, qui participa même aux rassemblements anti-istiqlaliens organisés par Lyoussi, avec le consentement du général René Cogny commandant supérieur des troupes françaises au Maroc. D’ailleurs, lors de son procès, Addi Oubihi reconnaîtra avoir eu plusieurs entretiens avec Divary.

Biographie[modifier | modifier le code]

C'est un amazighe, natif de la région de Tafilalet à Kerrandou près de la ville de Rich (Province de Midelt.Pour sa grande notoriété, il fut nommé caïd par les autorités coloniales, médaillé de la légion d’honneur pour sa participation en tant que supplétif au côté de l'armée coloniale contre Assou Oubasslam au Saghro et Zaïd Ou Hmad au Badou. En 1948 la France avait décidé de réduire son territoire en quatre Caïdats qui était sous son autorité, afin de réduire son influence grandissante, il ne lui reste alors qu'un petit territoire au sud de Rich qui va de Kerrandou jusqu’à Tiaalaline. Lors les festivités de décoration des trois nouveaux Caïds et en guise de protestation contre les Français ; il décora son chien avec sa médaille de la légion qu'il avait mérité ; ce geste est considéré par les autorités coloniale comme une humiliation aux valeurs de La France. Ce geste du rebelle Addi Oubihi lui avait valu un internement en psychiatrie de Berrchid.
Caïd sous l'occupation, il n'était pas parmi les caïds signataires de la déposition de Mohammed V en 1953, présenté sa démission, adoptant ainsi une position politique jugé patriotique, ce qui lui valut une assignation à domicile durant l'occupation, et le poste de gouverneur du Tafilalet à l'avènement de l'indépendance.
L’insurrection de Addi Oubihi fut contournée par l'armée sans effusion de sang, arrêté, incarcéré à la prison de Kénitra. En janvier 1959, le jugement sera rendu. Condamné à mort avec quelques-uns de ses complices, Addi Oubihi sera amnistié par grâce royale le 21 août 1961 ( Hassan II ). Ironie du sort avant sa libération, il sera admis au CHU Ibn Sina de Rabat, où il finira par mourir en 1961 dans des circonstances obscures, Quant à son complice Moha Ou Hirra, il sera exécuté. À la suite de la guerre Algéro-marocaine, un dahir royal du 20 juin 1963 qui stipule l’innocence de Addi Oubihi et ses compagnons (Lahcen Lyoussi et Mahjoubi Aherdane).

Affaire Addi Oubihi[modifier | modifier le code]

Le 18 janvier 1957, quelques semaines seulement après la formation du nouveau gouvernement, au lendemain d’un voyage privé du roi Mohammed V en Italie, le Maroc a été confronté à l’une des plus graves crises qu’il a eu à affronter, à l’orée de l’Indépendance. Il s’agit de ce qui était appelé l'Affaire Addi Oubihi. L'année 1957 fut marquée par un mouvement insurrectionnel conduit par l'ex-gouverneur de Ksar Essouk (l'actuel Rachidia) dont les mobiles sont incompris et reste une énigme à déchiffrer. l'avenir politique de Addi Oubihi est compromis par suite de cette dissidence.
Selon l'avocat et l'historien Maurice Buttin ( inscrit au barreau de Rabat en 1954, a observé, en y participant parfois, un demi-siècle de l’histoire du Maroc), il révèle que la version officielle évoque les faits suivants : en janvier 1957, Addi Oubihi pour des raisons méconnues avait des litiges avec les représentant de la sécurité et de la justice de la province de Ksar Es-Souk. Pour apaiser cette polémique Rabat a dû envoyer deux émissaires Lahcen Lyoussi : ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Bekkaï (premier gouvernement du Maroc redevenu indépendant) et Mohammed Belarbi Alaoui conseillé du Roi Mohammed V, mais la tentative de réconciliation avait échoué. Le général Kettani et Mohammed Aouad (directeur général du Cabinet royal du roi Mohammed V) venus demander la réédition de Addi Oubihi et ses 40.000 combattant mais en vain. Sur ordre du prince héritier Moulay Hassan, qui assume, en vertu d’un communiqué du Palais Royal, les prérogatives du roi pendant son absence, Addi Oubihi fut destitué de sa fonction de gouverneur et sera remplacé par un gouverneur militaire (Le colonel Belarbi). L'intervention militaire mettra fin à la rébellion sans aucune résistance de la part des combattants, Oubihi fut arrêté, incarcéré à la prison de Kénitra et jugé.
Addi Oubihi est considéré par les autorités marocaines comme un hors la loi qui refuse d’obéir aux directives du pouvoir central de Rabat et collabore avec les forces étrangères pour renverser le régime monarchique. « Addi n’accepte plus de recevoir aucun ordre de personne ; au Tafilalet, il est chez lui et n’entend pas voir son pouvoir amoindri par les missives d’un ministre de Rabat qui est, péché suprême, membre de l’Istiqlal », écrit Maâti Monjib.
L'autre version de l'affaire Addi Oubihi révélé par Maurice Buttin (avocat) lors du procès des inculpés à leur tete Addi Oubihi et Mouha Ou Hirra pacha de Midelt.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

[1]La monarchie marocaine et la lutte pour le pouvoir

  • [2]Révolte berbère
  • [3]Le collège d'Azrou. La formation d'une élite berbère civile et militaire au Maroc
  • [4]Femmes - prison: parcours croisés
  • Ignace Dalle, auteur des Trois rois, la monarchie marocaine de l’indépendance à nos jours (Fayard, 2004)
  • [5]La monarchie marocaine et la lutte pour le pouvoir Hassan II face à l'opposition nationale, de l'indépendance à l'état d'exception-L’Harmattan, 1992
  • [6]Ben Barka, Hassan II, De Gaulle. Ce que je sais d'eux Par Buttin Maurice :Avocat de Mehdi Ben Berka

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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