8e régiment d'infanterie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir 8e régiment.

8e régiment d’infanterie
image illustrative de l’article 8e régiment d'infanterie
Insigne régimentaire du 8e Régiment d’infanterie motorisé (1940)
image illustrative de l’article 8e régiment d'infanterie
Insigne régimentaire du 8e régiment d’infanterie motorisé (1955).
image illustrative de l’article 8e régiment d'infanterie
Insigne régimentaire du 8e régiment d’infanterie.

Création 1776
Dissolution 1998
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Régiment d’infanterie
Rôle Infanterie
Garnison Noyon
Ancienne dénomination Régiment d'Austrasie
Devise Toujours en avant
Inscriptions
sur l’emblème
Valmy 1792
Hohenlinden 1800
Friedland 1807
Zaatcha 1849
Solférino 1859
Verdun 1916
La Somme 1916
Flandres 1917
La Marne 1918
AFN 1952-1962
Anniversaire Saint Maurice
Fête le 24 juin (1859, Solférino).
Guerres Première Guerre mondiale
Guerre d'Algérie
Fourragères a la couleur du ruban de la Légion d'honneur décernée le 4 octobre 1919.
Décorations Légion d'honneur
Croix de guerre 1914-1918
six citations palmes
une étoile de vermeil
Croix de guerre 1939-1945
une étoile d'argent
Médaille d'or de la Ville de Milan.

Le 8e régiment d'infanterie (8e RI) est un régiment d'infanterie de l'armée française créé sous la Révolution à partir du régiment d'Austrasie, un régiment français d'Ancien Régime, créé en 1569 sous le nom de régiment de Gohas.

insigne de béret d'infanterie

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

  • 22 mars 1558 : création de la légion de Champagne
  • 27 octobre 1567 : formation, en Champagne, du régiment de Gohas constitué à partir de 2 enseignes de Gardes et 15 de Champagne
  • mai 1573 : renommé régiment de Sainte-Colombe
  • 1579 : renommé régiment d'Épernon
  • 1581 : renommé régiment de Montcassin
  • 1585 : devient le régiment de Champagne
  • 25 mars 1776 : création à partir des 2e et 4e bataillons du régiment de Champagne sous le nom de régiment de Ponthieu à Calais.
  • 31 mai 1776 : renommé régiment d'Austrasie.
  • 1791 : renommé 8e régiment d’infanterie de ligne.
  • 1794 : amalgamé pour former la 8e demi-brigade de bataille
  • 1796 : reformé en tant que 8e demi-brigade de ligne
  • 1803 : renommé 8e régiment d’infanterie de ligne.
  • 1814 : pendant la Première Restauration, au Quesnoy, il est renommé régiment de Condé.
  • 1815 : pendant les Cent-Jours, il reprend son nom 8e régiment d'infanterie de ligne
  • 16 juillet 1815 : comme l'ensemble de l'armée napoléonienne, il est licencié à la Seconde Restauration.
  • 11 août 1815 : création de la 14e légion du Cantal et de la 82e légion de la Vendée. Incomplètes, ces 2 Légions départementales, fusionnent sous le nom de 8e légion du Cantal et de la Vendée.
  • 23 octobre 1820 : la 8e légion du Cantal et de la Vendée est amalgamée et renommée 8e régiment d’infanterie de ligne .
  • 1854 : il prend son nom définitif, 8e régiment d’infanterie.
  • 1914 : à la mobilisation, il donne naissance au 208e régiment d’infanterie
  • 22 mai 1940 : dissous.
  • 1er mai 1945 : 8e régiment d'infanterie.
  • 15 octobre 1945 : dissous.
  • 1946 : 8e bataillon d’infanterie.
  • 1955 : 8e régiment d’infanterie motorisé.
  • 1968 : 8e régiment d’infanterie
  • 1998 : dissolution

Colonels / Chefs de brigade[modifier | modifier le code]

(*) Cet officier est devenu par la suite général de brigade.
(**) Cet officier est devenu par la suite général de division.

Colonels tués et/ou blessés en commandant le 8e régiment d'infanterie :

Officiers tués et/ou blessés pendant qu'il servait aux 8e régiment d'infanterie durant la période 1804-1815 :

Campagnes[modifier | modifier le code]

Inde 1781-1785 - Belgique 1792-1797 - Allemagne 1797-1809 - Espagne 1808-1813 - France 1814 - Espagne 1823 - Morée 1828-1829 - Belgique 1831-1832 - Algérie 1847-1862 - Italie 1859 - France 1870-1871 - Tunisie 1881-1882 - Grande Guerre 1914-1918 - France 1939-1940 - Libération 1944-1945 - Afrique du Nord 1956-1962 -

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Historique des garnisons, combats et bataille du 8e RI[modifier | modifier le code]

1776
1779
1791

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

À sa création le régiment se compose de :

  1. d'un colonel, un colonel en second, un lieutenant-colonel, un major, un quartier-maître trésorier, deux porte-drapeaux, un adjudant, un chirurgien-major, un armurier, un tambour-major et un aumônier, formant l'état-major ;
  2. deux bataillons avec chacun une compagnie de 108 grenadiers, une de chasseurs et sept de fusiliers, toutes à 171 hommes.

Révolution et Empire[modifier | modifier le code]

1815 à 1848[modifier | modifier le code]

Second Empire[modifier | modifier le code]

Le 8e régiment combat à Medole

1870 à 1914[modifier | modifier le code]

Le 24 novembre 1870, durant la guerre franco-allemande, les 8e compagnies des 2e et 3e bataillons du 8e régiment d'infanterie de ligne qui composaient le 29e régiment de marche furent engagés dans les combats de Chilleurs, Ladon, Boiscommun, Neuville-aux-Bois et Maizières dans le Loiret

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À la veille de la guerre, le régiment est en garnison à Saint-Omer, Calais et Boulogne. Il appartient à la 4e brigade - 2e division d’infanterie, 1er corps d’armée.

1914[modifier | modifier le code]

1915[modifier | modifier le code]

1916[modifier | modifier le code]

1917[modifier | modifier le code]

1918[modifier | modifier le code]

  • Seconde bataille de la Marne (15 juillet-31 juillet).
  • secteur de l'Aisne : Pont Saint-Mard en août (20 août-29 août).
  • secteur d'Alsace septembre - novembre.

« Magnifique régiment. Engagé dans toutes les grandes actions de la campagnes, ne recula jamais devant les attaques de l'ennemi ; jamais l'ennemi ne put résister au choc de ses assauts. » Poincaré, 1920.

La cravate de son drapeau reçoit la Croix de la Légion d'honneur le 20 septembre 1920[2].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

1940[modifier | modifier le code]

Le 8e régiment d’infanterie est un régiment d'active, arrivé à Cherbourg en 1930 en remplacement 1er régiment d'infanterie coloniale. Commandé par le colonel Jeanzac au moment de la mobilisation, puis par le capitaine Loison à partir du 14 mai 1940. Sa devise est « Toujours en avant ».

Dans la nuit du 10 mai 1940, l'unité (environ 2 500 hommes), rattachée récemment à la 5e division d'infanterie motorisée, (IIe corps d’armée, 9e armée, groupe d'armées no 1), fait mouvement de Givet vers la Meuse belge en application du plan Dyle, la 5e DIM devant défendre le fleuve entre Dave et Anhée.

Le régiment se retranche à l'ouest et à l'Est de la Meuse, dans les villes de Annevoie et Godinne. Il inflige de lourdes pertes aux Allemands (vraisemblablement les 12 et 13 mai) qui veulent s'emparer de la passerelle enjambant la Meuse. Après deux jours de combat, le reste des éléments à l'Est, repasse la Meuse. Les 2 000 hommes tiennent la Meuse sous leur feu depuis Annevoie (14 mai 1940). Les assaillants allemands renonceront à emprunter la passerelle de Godinne (que les Français feront sauter), préférant profiter de leurs têtes de pont plus au sud (voir bataille de Dinant).

Se sachant en cours d'encerclement par le Sud, le plus gros de la troupe du 8e RI commandé alors par un lieutenant, sans communication, ni approvisionnement, se retire, non sans constater qu'à l'arrière, l'artillerie française avait été neutralisée par les commandos ennemis. Dans leur repli, ils tombent sur un convoi de camions aux couleurs belges (vers le 15 ou 16 mai 1940 environ). En fait ces camions avaient été capturés par les Allemands. Le 8e RI est exterminé l'arme à la bretelle, victime de cette méprise, par l'infanterie et l'aviation adverse. Le lieu du massacre (un champ), n'est pas connu à ce jour. Il y aura quelques survivants jamais recherchés et dont le récit aurait pu renseigner l'histoire de la fin du régiment.

Certaines unités dispersées repliées par d'autres chemins sont capturées par l'ennemi. Le régiment est dissous le 22 mai 1940. D'autres unités en retraite dispersée sont incorporées dans le 236e RI le 27 mai 1940.

1944-1945[modifier | modifier le code]

Dissous le 22 mai 1940, le 8e régiment d'infanterie est recréé le 1er mai 1945 dans la XVIIe région militaire à partir du 2e régiment d'infanterie FFI du Lot[3],[4] et placé sous les ordres du lieutenant-colonel Robert Noireau (d'avril à septembre 1945) puis du colonel Allais (de septembre à octobre 1945).

Fin mai 1945, le régiment stationne à Rochefort-en-Terre avant d'être mis à disposition, le 10 juin 1945, de la XXIe région militaire à Metz. Le 12 juin il rejoint Sarrebourg ou le 3e bataillon est dissous le 15 juillet et le 2e bataillon le 1er septembre. Le 1er bataillon y cantonne jusqu'au 27 septembre avant de rejoindre La Châtre, le 27 septembre 1945, pour être rattaché à la 19e division d'infanterie. Le 1er bataillon est dissous le 15 octobre 1945, le 8e RI n'existe plus.

Les éléments restants sont affectés, aux régiments composant la 29e division d'infanterie et aux unités chargées de la garde des prisonniers de l'Axe.

2e régiment d'infanterie FFI du Lot

Le 2e régiment d'infanterie FFI du Lot est formé à la caserne Niel de Toulouse en octobre 1944 d'engagés volontaires originaires, principalement, du département du Lot mais également de ceux de la Dordogne, de la Corrèze et de l'Aveyron[5].

Le 25 octobre 1944, le régiment est affecté aux Forces Françaises de la pointe de Grave (FFGR)[6] et, le 15 novembre, il prend ses positions en première ligne en remplacement du bataillon d'Arcachon.

Du 14 au 20 avril 1945, devenu provisoirement 154e régiment du génie, le 2e régiment est rattaché au groupement Ouest de la brigade Médoc, et participe activement à la libération de la pointe de Grave[3].

Durant les combats contre la Festung Gironde Mündung Süd, le 2e RIFFI du Lot perdra 52 tués et 120 blessés[4].

Le 1er mai 1945 le 2e régiment d'infanterie FFI du Lot devient le 8e régiment d'infanterie.

Après 1945 à 1998[modifier | modifier le code]

Algérie 1956-1962[modifier | modifier le code]

Le 8e RIM est en Algérie de 1955 à 1962. Installé à Saïda, dans le sud oranais, il fait partie intégrante de la 13e Division d'Infanterie du général Ginestet en Zone Sud Oranais. Le commando Cobra du lieutenant Gaget fait partie de ses effectifs. Il encadre également en partie le commando Georges.

Au cessez-le-feu du 19 mars 1962 en Algérie, le 8e RI créé comme 91 autres régiments, les 114 unités de la Force Locale prévues aux accords d'Évian du 18 mars 1962.

Le I / 8°RI forme une unité de la Force locale de l'ordre Algérienne, la 506e UFL-UFO composé de 10 % de militaires métropolitains et de 90 % de militaires musulmans, à la Ferme Carrafang, qui pendant la période transitoire devaient être au service de l'exécutif provisoire algérien, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.

1962-1998[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, le régiment tient garnison au quartier Berniquet de Noyon (Oise), il est aussi en garnison à Landau, en Rhénanie-Palatinat (1970), à deux pas de son frère jumeau, le 7e RI, dont il recueille le drapeau en 1977 lorsqu'il est dissous. Régiment de la 8e DI, puis régiment de la CMD de Lille, il est dissous en 1998 dans le mouvement de professionnalisation des armées. Il a été remplacé par le Régiment de marche du Tchad au quartier Berniquet de Noyon.

Insigne[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Drapeau[modifier | modifier le code]

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[7],[8]:

fourragère a la couleur du ruban de la légion d'honneur

8e régiment d'infanterie de ligne - drapeau.svg

Décorations[modifier | modifier le code]

Sa cravate porte la fourragère a la couleur du ruban de la Légion d'honneur décernée le 4 octobre 1919.

Il reçoit la Légion d'honneurMedaille-legion-chevalier.jpg, la Croix de guerre 1914-1918 Croix de guerre 1914-1918 française.jpg avec six palmes puis une étoile de vermeil, la Croix de guerre 1939-1945 Croix de guerre 1939-1945 Française.jpg avec une étoile d'argent.

La Médaille d'or de la Ville de MilanMedaille d'or de Milan.png

Personnalités ayant servi au sein du régiment[modifier | modifier le code]

  • Le sous-lieutenant Paul Dubrulle, né à Isbergues le 11 mai 1882. Ayant eu la carrière de soldat avant guerre, et devenu prêtre jésuite. En 1914 il est affecté au 8e régiment d'infanterie où il devient sergent fourrier. Il est envoyé à Verdun lors du début de l'offensive allemande le 21 février 1916. Sa compagnie résiste aux attaques allemandes du jusqu'au 9 mars 1916, puis elle est affectée sur le front de la Somme en juillet 1916 lors de l'offensive allemande. Le 16 avril 1917, début de l'offensive du chemin des Dames, il meurt au combat. Cité à l'ordre du 8e RI, il reçoit la Légion d'Honneur, et il est fait sous-lieutenant à titre posthume. Il est une référence dans le monde littéraire pour les mémoires de soldat de 1914-1918, en sa qualité d'écrivain pour avoir écrit « Mon régiment dans la Fournaise de Verdun et dans la bataille de la Somme » préfacé par Henry Bordeaux.
  • Jules Augustin Williams Léon Battesti, général
  • Alphonse Magniez, capitaine adjudant-major

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de l'infanterie en France de Victor Louis Jean François Belhomme Vol 5 page 151
  2. Collectivité décorées de la Légion d’honneur, 8e régiment d'infanterie de ligne - Ordre de la Légion d’honneur, France-Phaleristique.com
  3. a et b Dominique Lormier : Le livre d'or de la Résistance dans le Sud-Ouest page 365
  4. a et b Les volontaires du Sud-Ouest
  5. [INVENTAIRE DES ARCHIVES DE LA SÉRIE P page 44 journal de marche du 2e RI du Lot]
  6. La régularisation des formations combattantes FFI engagées lors des sièges de la Pointe de Grave, de Royan et de La Rochelle en 1944-1945
  7. Décision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, n°27, 9 novembre 2007
  8. Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mon régiment dans la Fournaise de Verdun et dans la bataille de la Somme Sous Lieutenant Dubrulle, préfacé par Henry Bordeaux, édition Plon, 1917.
  • Archives militaires du Château de Vincennes.
  • À partir du Recueil d'historiques de l'Infanterie française (général Andolenko - Eurimprim 1969).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]