78 av. J.-C.

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Cette page concerne l'année 78 av. J.-C. du calendrier julien proleptique.

Événements[modifier | modifier le code]

  • 19 septembre 79 av. J.-C. (1er janvier 676 du calendrier romain) : début à Rome du consulat de Marcus Aemilius Lepidus et Quintus Lutatius Catulus[1]. Marcus Aemilius Lepidus, ancien partisan de Caius Marius, se présente au consulat et est élu malgré les efforts de l’oligarchie gouvernementale. Sylla et ses amis ne peuvent qu’amoindrir son succès en lui donnant pour collègue Quintus Lutatius Catulus, un des principaux chefs du parti syllanien[2]. Lepidus tente d'abolir la constitution de Sylla, dont il était partisan à l'origine, et propose des réformes démocratiques. Il se heurte au Sénat, s'insurge mais est repoussé au pont Milvius.
    • Tabularium (archives d’état), construit à Rome sur ordre de Catulus[2].
  • Janvier-février : Marcus Aemilius Lepidus prend position dans un discours programme (Oratio ad Quirites) où il demande l’abolition en bloc de la constitution de Sylla. Catulus fait opposition et l’affaire en reste là[2].
Le bûcher funéraire de Sylla, selon John Leech dans The Comic History of Rome de Gilbert Abbott A Beckett, vers 1850.
  • Mars : mort de Sylla. À l’occasion de l’organisation de ses funérailles, Marcus Aemilius Lepidus entre en conflit avec Catulus[2].
    • Lepidus propose une série de lois proposant le rappel des proscrits, la restitution du droit de cité à ceux qui l’avaient perdu et le rétablissement des distributions de blé. Catulus oppose son intercession, et seule la loi frumentaire réussit à passer. À Faelusae, les habitants massacrent les vétérans de Sylla et récupèrent leur terres. Les deux consuls sont envoyés pour réprimer la révolte. Lepidus refuse de rentrer à Rome pour organiser les comices et lève une armée en Étrurie pour faire triompher ses projets de réforme constitutionnelle[3].
  • À la fin de l’année Lepidus adresse au Sénat un ultimatum demandant le droit de cité pour les Cisalpins, la restauration de la puissance tribunitienne, la réintégration des proscrits et son élection à un second consulat. Le Sénat vote alors le « senatus consultum ultimum », la loi martiale qui donne aux consuls le droit de condamner sans appel des citoyens, et l’utilise contre Lepidus[3].


Monnaie de Manès.
  • Guerre sertorienne : Metellus mène des opérations dans l'ouest et le sud-ouest de la péninsule ibérique et fait le siège de Lacobriga, en Lusitanie ; il réclame l'intervention du gouverneur de Gaule transalpine Lucius Manlius, mais ce-dernier est battu et chassé par Lucius Hirtuleius[5] et Sertorius parvient à lever le siège de Lacobriga. Metellus se retire sur le Baetis et réclame des renforts.
  • Publius Servilius Vatia est envoyé comme proconsul en Cilicie pour combattre les pirates ; il conduit une campagne contre le roi Zeniketes (de) (Zenicetus) en Pamphylie et dans l’est de la Lycie (77-76 av. J.-C.) puis attaque et bat les Isauriens et les Orondeis de Lycaonie (76 av. J.-C.). Il reçoit les honneurs du triomphe et le surnom d’Isauricus en 75 av. J.-C.[6].
  • Le proconsul Caius Cosconius est envoyé combattre les Dalmates qui se sont révoltés contre Rome. Il reprend la forteresse de Salone après un siège de deux ans[7].

Naissances[modifier | modifier le code]

  • Jing Fang, théoricien de la musique, mathématicien et astrologue chinois.

Décès[modifier | modifier le code]

  • Mars : Sylla à Cumes (né en 138 av. J.-C.). Il reçoit à Rome des funérailles exceptionnelles et reçoit le privilège de reposer au Champ de Mars, l’ancienne nécropole des rois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Clément et Viton de Saint-Allais, L'Art de vérifier les dates, vol. 5, Paris, Moreau, (présentation en ligne)
  2. a, b, c et d Hans Beck, Consuls and Res Publica : Holding High Office in the Roman Republic, Cambridge University Press, (ISBN 9781139497190, présentation en ligne)
  3. a et b Robert Étienne, Jules César, Fayard, (ISBN 9782213638737, présentation en ligne)
  4. Alain Daniélou, Histoire de l'Inde, Fayard, (ISBN 9782213639536, présentation en ligne)
  5. John Bagnell Bury, Stanley Arthur Cook, Andrew Lintott, Frank Ezra Adcock, Elizabeth Rawson, Martin Percival Charlesworth et Norman Hepburn Baynes, The Cambridge Ancient History, vol. 9, Cambridge University Press, (ISBN 9780521256032, présentation en ligne)
  6. Philip de Souza, Piracy in the Graeco-Roman World, Cambridge University Press, (ISBN 9780521012409, présentation en ligne)
  7. Louis Comte de Voinovitch, Histoire de Dalmatie, Textor Verlag, (ISBN 9783938402160, présentation en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]