La Cinquième Couche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis 5c)
Aller à : navigation, rechercher

La Cinquième Couche, dite aussi 5c, est une maison d'édition belge indépendante basée à Bruxelles qui publie essentiellement de la bande dessinée. Elle est issue d'une association formée en 1993 par un groupe d'auteurs de l'atelier de bande dessinée de l'Institut Saint-Luc pour publier le fanzine La Cinquième Couche et qui s'est structurée en maison d'édition en 1999. Elle est actuellement dirigée par William Henne et Xavier Löwenthal.

En 2016, le catalogue compte 110 publications réparties dans cinq collections (« F », « Extracteur », « Écritures », « Essaim » et « Point métal ») et associant une soixantaine d’auteurs provenant d’une dizaine de pays différents (Belgique, France, Suisse, Allemagne, Autriche, Portugal, Grèce, Finlande, États-Unis, Corée…).

Histoire[modifier | modifier le code]

La Cinquième Couche est fondée en 1993 par un groupe d'auteurs de l'atelier de bande dessinée de l'Institut Saint-Luc de Bruxelles (Damien Rocour, Sarah Masson, Michel Squarci, Sibylle Loof, Olivier Fable, Vincent Dutreuil, Nicholas Wood, Sébastien Kempenaers, Christophe Poot, Renaud De Heyn et Xavier Löwenthal) qui publient plusieurs fanzines jusqu'à la fin de la décennie.

De 2004 à 2007, La Cinquième Couche a repris à son catalogue la revue de littérature contemporaine écritures. De 2010 à 2013, elle a publié également la revue Soldes, Fins de Séries, de Marc Borgers et Jean-Louis Sbille.

La Cinquième Couche a édité en 2009 le canular autobiographique Judith Forest, pseudonyme de ses éditeurs de l’époque, William Henne, Xavier Löwenthal et Thomas Boivin. Elle a également édité en 2012 Katz, détournement controversé de Maus d'Art Spiegelman, dans lequel l'auteur anonyme (Ilan Manouach) avait remplacé toutes les têtes des différentes espèces représentées par des têtes de chats et qui lui a valu un procès avec Flammarion et Art Spiegelman[1]. En 2014, elle réitère cet exploit, en éditant une version intégralement imprimée en cyan de l'album Les Schtroumpfs noirs, de Peyo et Yvan Delporte[2].

Politique éditoriale[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2017)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

La 5e Couche n’a jamais clairement définit sa ligne éditoriale a priori, sinon qu’en redéfinissant sans cesse son média, elle inscrit la bande dessinée dans les pratiques contemporaines (Tout ce qui frôle la bande dessinée et tend à l’en éloigner intéresse la 5e Couche, extrait du catalogue). Cependant, on peut dégager une tendance lourde en survolant le catalogue de l’éditeur : l’approche conceptuelle. Les publications procèdent majoritairement d’un dispositif narratif ou graphique d’ordre ludique, spéculatif, théorique, poétique ou auto-référentiel, qui préside au propos de l’auteur. Alors certes ce sont des dispositifs que l’on pourra trouver ailleurs (que ce soit en bande dessinée, en littérature ou dans les arts visuels), mais il y a incontestablement, dans les choix du comité éditorial, une inclination jubilatoire pour les jeux sur le langage et les codes visuels : les détournements, les mises en abîme, les structures narratives renversées et/ou systématiques, le jeu sur les contraintes, la déconstruction du récit, la parodie, les postulats surréalistes (poétiques, insolites, absurdes), la déconstruction de l’image, le rapport texte/image dissocié, l’abstraction, le récit métaphorique, la structure musicale, l'imposture,... Tous ces dispositifs formels n’oblitèrent pas les propos de leurs auteurs, au contraire, ils les réactivent : en abordant un thème, déjà mille fois traité, sous une forme renouvelée ou inusitée, l’auteur met en avant son sujet, qu’il soit politique, autobiographique, philosophique ou social.

Cette inclination conceptuelle et ludique n’escamote pas non plus les préoccupations formelles purement rétiniennes des auteurs : couleur, matière, techniques, texture, forme, dessin, composition… (ce sont des aspects traditionnels et modernistes déjà très présents chez d’autres éditeurs, y compris plus classiques).

De même que La 5e Couche participe d’une tendance générale de ces dernières décennies, le décloisonnement. Les livres publiés par la 5C sont pour la plupart à la lisière de la bande dessinée. Les auteurs publiés investissent le plus souvent d’autres disciplines et cela se répercute sur leur pratique de la bande dessinée : le théâtre, la performance et l’installation, la musique, la peinture, la sculpture, le graphisme, la sérigraphie, le cinéma d’animation et la vidéo, le dessin contemporain, la photo, l’affiche, la littérature,… (cet aspect n’est pas forcément spécifique à La 5e Couche et se retrouve chez de nombreux auteurs publiés ailleurs).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Couvreur, « Katz a-t-il défiguré Maus ? », Lesoir.be,‎ (lire en ligne).
  2. Quentin Girard, « «Les Schtroumpfs noirs» restent bleus », Libération.fr,‎ (lire en ligne)

Documentation[modifier | modifier le code]

  • Jean-Charles Andrieu, « La 5ème Couche », L'Avis des bulles, no 200,‎ , p. 4-5 (ISSN 1268-3981).
  • Tanguy Habrand, « Les Indépendants de la bande dessinée : Entre édition établie et édition sauvage », dans Christophe Dony, Tanguy Habrand et Gert Meesters, La Bande dessinée en dissidence : Alternative, indépendance, auto-édition, Liège, Presses universitaires de Liège, coll. « ACME » (no 1), (lire en ligne), p. 53-55.

Lien externe[modifier | modifier le code]